Un niveau maximal d’indécision !

21/07/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Un niveau maximal d’indécision !

Il n’a fallu que quelques semaines pour que les marchés boursiers européens retracent une partie de la hausse de l’année. Avant les questions géopolitiques liées à l’Ukraine et au proche orient, ce sont les craintes sur les publications des résultats des entreprises du premier semestre et aussi la question de l’évolution des politiques des banques centrales qui ont entraîné les marchés à la baisse de façon assez violente avec un retour de la volatilité des marchés, sorte « d’indice de la peur ». Certes ces questions peuvent peser sur la valorisation des marchés, mais à bien y réfléchir et en dehors des questions de politique internationale toujours assez difficiles à anticiper, aucune de ces problématiques n’a réellement connu de nouveaux développements. II y a donc désormais deux alternatives, soit le marché retrouve la progression du premier semestre, soit nous assistons à un revirement de la psychologie des intervenants et alors la deuxième partie de l’année sera encore plus difficile ! Pour une fois, ce dernier scénario n’a pas notre faveur.

Qu’est ce qui peut modifier le comportement des investisseurs ?

Nous avons souvent rappelé le rôle fondamental joué par les banques centrales américaines et européennes dans le soutien actif aux marchés financiers. Même si une nouvelle orientation est annoncée aux Etats-Unis, avec une remontée des taux attendue par le consensus au cours du deuxième trimestre 2015, la banque rappelle constamment qu’elle maintiendra en cas de besoin sa politique très accommodante. Du côté européen, les investisseurs ont la même confiance vis-à-vis de la BCE. Les rendements français et allemands sont revenus à leurs plus bas historiques malgré le risque de déflation, l’endettement toujours record et les perspectives de croissance atones. Et en dépit des difficultés liées à la banque portugaise Espirito Santo, nous n’avons pas assisté à des écartements importants des taux périphériques, preuve que les investisseurs ne croient plus au risque d’explosion de la zone euro. Les marchés obligataires sont ainsi revenus pratiquement à la situation d’avant 2007. Ceci pourrait signifier autre chose : une nouvelle aversion aux risques pour certaines classes d’actifs et le retour à un « flight to quality » vers l’obligataire et aussi, on l’a vu la semaine dernière, vers l’or. Ce qui pourrait aussi être assez paradoxal serait que plus les chiffres économiques s’amélioreront (on pense ici à ceux de l’emploi aux Etats-Unis) et plus les marchés actions baisseront dans la perspective d’une remontée des taux plus rapide que prévue. Ce serait ainsi l’exact effet miroir de ce qui s’est passé en sens inverse en 2012 et 2013. Sans être machiavélique, nous croyons assez peu à l’importance des risques géopolitques. Hier, le cas de la Syrie, plus préoccupant que l’éternel conflit israélo-palestinien n’a pas perturbé outre mesure les marchés et ce qui s’est passée en Ukraine risque au contraire d’être un facteur de stabilité car le crash du Boeing affaiblit durablement le jeu de Poutine, sa stratégie de réactiver la guerre froide étant peu crédible. On ne voit pas du tout d’escalades sur ce terrain. Par contre, la situation de l’Argentine est beaucoup plus inquiétante, le 30 juillet elle devra payer ses créanciers sans quoi le pays sera en défaut de paiement, ceci pourrait raviver les difficultés de toute la zone des pays émergents.

Des facteurs positifs sont toujours présents

La correction va-t-elle se poursuivre ? Si l’on retrouve une rationnalité, les marchés pourraient retrouver les chemins de la hausse, soutenus par les publications. C’est en effet sur le front microéconomique que le salut pourrait intervenir. Les résultats des entreprises sont assez encourageants pour l’instant. D’après Thomson Reuters, 78% des sociétés de l’indice Stoxx 600 qui ont déjà publié leurs derniers chiffres ont présenté des résultats semestriels supérieurs aux attentes, contre une moyenne historique de 48%. Les tensions géopolitiques n’auraient alors servi que de prétexte à la prise de bénéfices que l’on vient de connaître. Mais si remontée il y a, elle sera légère car la psycholgie des marchés reste clairement négative en ce moment. Il faudra surveiller aussi les marchés américains qui ont assez bien résisté à cette baisse estivale. Enfin, l’autre facteur qui soutient toujours les marchés sont les opérations de fusion acquisitions qui sont le meilleur rempart à une forte baisse des marchés.

Stratégie sur les fonds flexibles

Nous sommes revenus un peu trop tôt sur les marchés et n’avons pu éviter la dernière partie de la baisse. Nous restons investis à environ 75% sur les deux fonds, ceci pouvant être revu si se produit une nouvelle déconnexion des marchés. Nous conservons notre scénario : un CAC évoluant entre 4300 et 4500, et situation identique pour les marchés européens. La bonne tenue des marchés US surprend même si elle est cohérente avec les fondamentaux économiques (situation macro et prévisions des résultats). Wait and see.

Par Jean-Noel Vieille

Lettre hebdomadaire 360Hixance n° 104, lundi 21 juillet 2014

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