Un besoin de se rassurer en attendant l'intervention de la FED !

29/08/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Un besoin de se rassurer en attendant l'intervention de la FED !

A la différence de l’année dernière, ce mois d’août n’aura pas été marqué par une baisse tant redoutée des marchés financiers. A deux jours de la clôture du mois, les indices sont pratiquement stables, les marchés ayant évolué au sein de bornes très étroites. Après les résultats des entreprises du premier semestre 2016 qui ont été majoritairement favorables, il y a eu peu de nouvelles d’ordres macro-économiques ou politiques. Pour l’instant, la polémique hautement stratégique qui fait rage sur le port du burkini n’a pas encore eu d’impact sur les marchés financiers (nous avons les débats que nous méritons !) même si effectivement la canicule peut donner du sens à cette problématique. Plus sérieusement, les investisseurs attendaient surtout en fin de semaine le discours de Yanett Yelen à Jackson Hole pour évaluer le sens des prochaines décisions de la FED. Ainsi, le Brexit a finalement été vite oublié et les marchés européens tentent de se rassurer avec des chiffres économiques certes en amélioration mais qui restent encore fragiles.

Sur la semaine, les indices boursiers ont plutôt réalisé du surplace dans de très faibles volumes : +1,42% pour l’Eurostoxx50, +0,94% pour le CAC40 et +0,41% pour le DAX. Le DJ affiche une baisse de 0,8% et le Nasdaq de 0,53%. Le NIKKEI a lui reculé de 1,12%.

Les intentions de la FED de plus en plus claires

En fin de semaine, l’attention des investisseurs était intégralement tournée vers Jackson Hole où la présidente de la Fed intervenait devant l’ensemble des banquiers centraux. En synthétisant, elle a confirmé les différentes déclarations du mois d’août d’autres membres influant de la FED qui s’étaient quasiment tous exprimés sur l’éventualité d’un prochain relèvement des taux US. Elle a ainsi confirmé que les arguments en faveur d’un relèvement des taux se sont renforcés au cours des derniers mois. Elle n'a pas donné plus de précisions sur le timing de la remontée des taux directeurs, ce qui, dans un premier temps, a fait progresser les indices et baisser le dollar. Plus tard, et après la clôture en Europe, les précisions apportées par le Vice-Président de la Fed, Fischer, ont clarifié le fait que J. Yellen est alignée avec ses collègues, c’est-à-dire que la hausse des taux pourra intervenir dès que les chiffres de l’emploi confirmeront leur amélioration. Ceci a alors fait baisser les marchés américains et surtout apprécier le dollar qui se retrouve à 1,1198 contre Euro en fin de semaine. Ainsi, suite à l’intervention de J. Yellen, la probabilité d’un resserrement monétaire à court-terme a augmenté : les futures sur les Fed Funds intègrent désormais une probabilité de 58% d’une remontée des taux avant la fin de l’année (vs. 56% précédemment) et de 30% pour septembre (vs. 29% précédemment). Le risque d'une hausse des taux dès le mois de septembre reste donc réel surtout si le rapport de l'emploi aux Etats-Unis pour août, attendu vendredi prochain, surprenait positivement. L’élément qui pourrait conduire la FED à retarder cette échéance est la proximité des élections américaines (début novembre). Concernant l’emploi, les demandes hebdomadaires d’allocation chômage (261k vs. cons. 265k) ont souligné encore cette semaine la solidité du marché de l’emploi américain.

Hormis l’intervention de la Fed, deux autres éléments ont eu une influence sur les marchés cette semaine. D’abord le pétrole est reparti à la baisse (-1.96% à 47.57$ le baril) après la publication des stocks hebdomadaires aux Etats-Unis en forte hausse (+2501k barils brut vs. cons. -495k barils) et après que le le ministre Saoudien de l’énergie ait indiqué qu’il n’est pas nécessaire de prendre des mesures significatives pour réduire la production pétrolière. D’autre part, les sociétés pharmaceutiques ont été pénalisées suite aux propos d’Hilary Clinton trouvant ‘outrageante’ la hausse du prix du médicament EpiPen vendu par le groupe Mylan, alimentant alors les craintes de pressions gouvernementales sur les prix des traitements médicaux.

Des données mitigées en Europe : vers une intervention de la BCE !

On constate une publication satisfaisante des indices PMI préliminaires en zone euro pour le mois d’août : l’indice composite (combinant industrie et services) est ressorti au-dessus des attentes à 53.3 (vs. cons. 53.1). Dans le détail, les services ont très bien performé (53.1 vs. 52.8) alors que le secteur industriel reste un peu en dessous des atentes (51.8 vs. cons. 52). On notera surtout que c’est le troisième mois consécutif de recul pour ce secteur. Un autre sujet d’inquiétude est intervenu ce jeudi avec la publication d’un l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne en-dessous des attentes : l’indice est ressorti à 106.2pts en août contre 108.3 juillet, soit sa plus forte baisse mensuelle depuis 2012. Ce recul inattendu nuance donc les dernières publications rassurantes des indices PMI. La question de l'impact du Brexit sur les marchés largement minimisé par les bonnes statistiques économiques du mois d'août en Europe, revient donc sur le devant de la scène. A la différence d’une FED qui a désormais la capacité d’augmenter ses taux, la BCE devrait au contraire rester toujours très prudente, avec d’ailleurs peut-être une obligation d’agir au cours de sa prochaine réunion de politique monétaire le 8 septembre. Elle doit en effet tenter de contrecarrer les risques qui pèsent sur la croissance, la poursuite des anticipations de baisse d’inflation et surtout les risques plus politiques liés à une volonté de différents pays de ralentir les réductions des déficits structurels en raison des échéances électorales prochaines.

D’ailleurs du côté politique, Matteo Renzi a annoncé qu’il n’envisagerait plus d’organiser de nouvelles élections en cas de résultat défavorable lors du prochain référendum d’automne mais ceci est de nature à fragiliser le gouvernement italien, chose assez fréquente dans ce pays.

Les perspectives pour la fin d’année : une embellie européenne ?

L'ouverture des marchés financiers en Europe lundi matin va tenir compte de l'inversion de tendance observée aux Etats-Unis à partir de 17h30 vendredi dernier. La réaction devrait cependant être de faible ampleur. Notre scénario est désormais assez clair pour cette fin d’année. Les développements ci-dessus confirment une intervention de la FED entre septembre et décembre ce qui est un temps assez court dans le sens d’une remontée des taux alors que la BCE est obligée de poursuivre une politique toujours accommodante. Les conséquences pour les marchés pourraient donc être les suivantes. L’effet le plus direct devrait être une remontée assez forte du dollar au moins autour de 1,05, soit une progression de 7% pour des actifs en dollar. Ensuite cette remontée des taux US et la hausse du dollar devraient faire baisser les bourses américaines d’autant que les niveaux de valorisation sont assez élevés. Il n’est donc pas exclu d’assister sur cette fin d’année à une reprise des marchés européens soutenus par la BCE et, éventuellement, par des achats d’actifs européens par les investisseurs américains.

Lettre hebdomadaire 360Hixance am n°199, lundi 29 août 2016

Jean-Noël VIEILLE - Directeur de la gestion

 

Articles similaires

360 HIXANCE AM : REBOND DES PLACES EUROPÉ...

Les bourses européennes viennent de retrouver la semaine dernière leur niveau d’avant Brexit, preuve s’il en est que les mouvements de marché...

06/09/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Allocations d'actifs / Commentaires de marché

DE SÉRIEUX DOUTES S'INSTALLENT….

Depuis quelques temps, nous avions maintenu un biais haussier sur les marchés suite à la forte baisse des 3 premières semaines du mois de janvier....

09/02/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Allocations d'actifs / Commentaires de marché