Toute hausse à partir des niveaux actuels risque de favoriser l’éclosion d’une bulle

L'analyse de Catherine Garrigues, responsable de la gestion Actions chez AllianzGI

01/04/2015 - Publié par ALLIANZ GLOBAL INVESTORS FRANCE dans Marché Allocations d'actifs

Toute hausse à partir des niveaux actuels risque de favoriser l’éclosion d’une bulle

Selon Allianz Global Investors, le contexte actuel des marchés financiers est totalement inédit : avec des politiques monétaires atypiques et dissociées des réalités économiques, les banques centrales ont induit des distorsions de prix qui rendent très délicate la valorisation des différentes classes d’actifs. Dans cet environnement, et dans l’hypothèse de la poursuite du Quantitative Easing de la BCE jusqu’à son terme en 2016, les actions européennes devraient continuer à afficher de bonnes performances cette année.

Des facteurs de soutien forts, mais des risques persistants

La politique d’assouplissement monétaire initiée en janvier dernier par la BCE, en entretenant la baisse des taux de la zone euro et le maintien de rendements obligataires très faibles, est aujourd’hui un soutien majeur pour les marchés d’actions. « En quête de rendement, les investisseurs se tournent vers les actions et ont de plus en plus tendance à les considérer comme des obligations perpétuelles, où le coupon est remplacé par le versement d’un dividende régulier. » explique Catherine Garrigues, responsable de la gestion Actions chez AllianzGI. Par ailleurs, la faiblesse du prix du pétrole et la chute de l’euro favorisent les entreprises européennes, notamment allemandes. La mise en place du plan d’investissement dans les infrastructures devrait également soutenir l’économie européenne.

Néanmoins, malgré ces facteurs de soutien évidents, des risques persistent, liés en partie à la faiblesse de la croissance et à l’augmentation des incertitudes politiques. Un autre risque majeur provient de la corrélation entre les marchés européen et américain, à un moment où les actions américaines pourraient souffrir de l’inflexion de la politique de la Fed, des effets de change négatifs dus à l’appréciation du dollar et d’un transfert massif de flux vers les actions européennes. « Il est aujourd’hui difficile de mesurer l’impact que pourrait avoir une correction des marchés américains sur les actions européennes » note Catherine Garrigues.

Encore du potentiel de revalorisation sur certains secteurs

« Aujourd’hui, la plus grande difficulté des gérants est d’avoir une vision claire sur la manière de valoriser les actions européennes, ajoute Catherine Garrigues. En effet, sur la base du P/E ratio ou de l’EV/Ebitda ratio, les marchés d’actions paraissent bien valorisés. Mais, si on prend en compte d’autres paramètres, comme l’actualisation des cash flows futurs, l’environnement actuel de taux très bas peut justifier encore un potentiel d’appréciation pour une partie de la cote européenne.»

Malgré la hausse des marchés, la thématique du rendement reste attrayante, mais nécessite une grande sélectivité. Ainsi, les utilities et les pétrolières, qui sont des secteurs traditionnellement pourvoyeurs de dividendes, subissent encore une décote historique, liée au contexte déflationniste et au doute sur la pérennité de leurs versements de dividendes, qui ne sont plus couverts par les flux de trésorerie (free cash flows).

Par ailleurs, les équipes d’AllianzGI pensent que les télécoms pourraient bénéficier d’une conjoncture beaucoup plus favorable : la pression des régulateurs s’atténue, les opérateurs se remettent à investir et la demande des clients s’améliore.

Enfin, « le secteur bancaire retrouve quelques couleurs, avec une meilleure gestion des coûts et la baisse des provisions à l’horizon 2015-2016, mais il faut rester prudent en raison de la faible croissance dans la zone euro et des taux d’intérêt durablement bas, conjugués à un environnement réglementaire qui se durcit », précise Catherine Garrigues. « A l’horizon 2016, le secteur devrait à nouveau susciter l’intérêt des investisseurs en raison de la hausse des profits et du taux de distribution du dividende »

En conclusion, poursuit Catherine Garrigues : « Le potentiel de hausse des actions européennes est encore réel et substantiel, porté par les flux, si l’on considère que la BCE ira jusqu’au bout de son programme de quantitative easing, mais toute hausse significative à partir des niveaux actuels risque de favoriser l’éclosion d’une bulle ».

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