Tout se perd, la banque se transforme …vers la digitalisation des services bancaires.

L’e -conoclaste Actis hebdo - le 2 mai 2016

02/05/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Tout se perd, la banque se transforme …vers la digitalisation des services bancaires.

LA CITATION DE LA SEMAINE

« La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent »Albert Einstein (1879-1955), Physicien allemand puis apatride puis suisse puis américain.

 

 

  

L'ACTU EN CHIFFRES

18 millions : est le capital en dollars qu’aurait amassé un hypothétique investisseur actions avec une mise de 100 dollars en 1871, une autre façon de montrer que la classe d’actifs actions est la plus rémunératrice sur…plus d’un siècle. Vivement que l’espérance de vie s’allonge !

15,1 millions : est le nombre de retraités en France soit 23% de la population.

6 000 : est le nombre d’affaires judiciaires dans le monde dans lesquelles est engluée la Deutsche Bank, celle-ci semble bien décidée à solder d’importants litiges d’ici la fin d’année.

4 : est le nombre d’heures par jour pendant lesquelles sera coupée l’électricité au Venezuela dans les dix Etats les plus peuplés et ce, pendant 40 jours afin de palier à la profonde crise économique et à la sécheresse aiguë qui sévissent dans le pays consécutivement à la chute des cours du pétrole (1/3 du PIB et 43% des recettes du gouvernement). 

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

 

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Tout se perd, la banque se transforme …vers la digitalisation des services bancaires.

On peut désormais détenir un compte chez Goldman Sachs (GS) sans être Partner, et ce, sans un minimum d’apport et avec une rémunération de 1,05% sur les dépôts s’il vous plait, oui Môssieu..., la vraie frime quoi pour l’épargnant! Une réelle révolution et un revirement de stratégie que ce symbole de la banque désincarnée et élitiste accorde désormais à tout un chacun par nécessité et pragmatisme.

Goldman en vient donc au fondement de la profession qui est de Prêter et épargner, non sans renoncer aux activités spéculatives mais celles-ci seront plus réduites en proportion du PNB global de la banque car étroitement encadrées sur fond de réglementation. Il faut dire que les derniers résultats trimestriels poussent à la modestie avec -40% de baisse d’activité à 6,34 milliards de dollars et des résultats très volatiles à -60% (1,14 milliards de dollars), la pire performance des loups de Wall Street. Et c’est sans compter sur l’amende de 5,1 milliards de dollars à venir, repoussée sur les comptes du prochain trimestre, une babiole qui date de l’ancien temps, un vrai soulagement pour Goldman qui soldera d’un trait les poursuites pénales engagées tout à la fois par le ministère de la Justice, le bureau du procureur général de New York et de l’Illinois, et différentes agences de crédit pour son implication dans la crise immobilière. Après JP Morgan, Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley, Goldman Sachs est la dernière grande banque de Wall Street à solder ses comptes avec la justice.

Elle est aussi celle qui a payé la plus petite amende, à l’exception de Morgan Stanley (2,6 milliards). En effet, les autres banquiers dont la base de clientèle est plus élargie et plus particulière par essence et qui ont mis du temps pour décoller les doigts de la confiture ont payé bien plus à l’instar de JP (13 milliards),  Bank of America (>50 milliards)… toutes banques réunies le total de 110 milliards d’amendes serait atteint. Juste pour information un petit travelling arrière s’impose, en 2008, GS avait tout de même dégagé plus de 2 milliards de profits…

Rassurons-nous tout de même le but de Goldman n’est pas de chasser sur les terres des banques traditionnelles de détail mais bien d’accéder à des liquidités rendue exigibles pour des questions de fonds propres et de diversification des risques via l’acquisition de la plateforme digitale GE Capital Bank, et non par le déploiement d’un réseau d’agences dont l’avenir et la densité font actuellement débat. Be or not to be for Bank!

  

Le ver est dans le fruit.

Apple a présenté mardi ses plus mauvais résultats trimestriels depuis 2003, en dessous du consensus. Pour la première fois depuis 13 ans, son chiffre d’affaires a baissé par rapport à la même période l’année dernière : il est passé de 58 milliards de dollars au deuxième trimestre de l’année fiscale à 50,6 milliards en 2016, une diminution de 13%. Son bénéfice a reculé de 23%, à 10,5 milliards de dollars, et sa marge brute est passée de 40,8% à 39,4%. Cette dégringolade est liée à une autre première : alors qu’elles augmentaient constamment depuis le lancement de l’iPhone en 2007, les ventes l’IPhone se sont effondrées lors du dernier trimestre. 51,1 millions d’iPhone ont été écoulés entre janvier et mars 2016, soit 16 % de moins qu’au même moment en 2015.

Or le produit représente les deux tiers du chiffre d’affaires de la société et les ventes d’iPad et de Mac, également en régression, n’ont pas réussi à compenser cette baisse. Quant aux ventes de l’Apple Watch, sa dernière nouveauté sortie il y a un an, la société de Cupertino n’a pas communiqué de chiffres précis mais simplement indiqué qu’elles étaient supérieures à celles de l’iPhone dans sa première année de lancement, soit 6,1 millions d’exemplaires.

Plus que l’inévitable baisse des ventes d’un produit mature (recul des ventes de smartphones au T1 dans le monde, une première en 20 ans) sur un marché extrêmement concurrentiel (les 3 chinois réunis derrière Apple ont une part de marché supérieure à celle de la pomme à 15%), ce qui inquiète la sphère financière est la capacité de Tim Cook, le PDG, a redonné un second souffle à la firme de Cupertino (faire le Job(s), oserais-je dire) avec de nouveaux produits ou services dans des domaines plus protégés et plus consommateurs en matière grise. A quand la bascule du hardware vers le soft, et l’utilisation de la trésorerie proche des 200 milliards de dollars…Même Carl Icahn, le milliardaire activiste fidèle historique, ne veut plus en croquer, c’est tout dire.

 

Golden submarines.

Méga-contrat, le contrat du siècle bref une pluie de superlatifs (pas purple celle-là, hommage) avec 12 sous-marins pour l’Australie, l’Avenue des Champs-Elysées n’aura pas été réservée pour rien. Au nez et à la barbe des japonais et des allemands, le français DCNS, filiale à 35% de Thalès et détenu à 62% par l’Etat français, a soufflé pour 34 milliards d’euros la plus importante commande militaire passée par l'Australie pour remplacer les anciennes vigies et contenir son remuant voisin chinois, notamment. Même si, au demeurant, la grande barrière de corail doit être déjà très jolie à regarder derrière un hublot dans un état de totale contemplation, le but premier de la défense australienne est ailleurs.

L'entrée en service des premiers nouveaux sous-marins est prévue pour 2027 pour s’étendre sur plusieurs décennies de maintenance et devrait couvrir 3 à 4000 emplois pour Nantes, Cherbourg et Saint Nazaire (déjà bien fourni en paquebots de croisière avec MSC notamment). Juste un bémol : le contrat n’est pas définitivement signé et entre en phase de négociations exclusives comme chaque fois dans les contrats d’armement ; la majeure partie du contrat sera réalisé en transferts de technologies et d’investissements à Adélaïde, la part revenant aux industriels français s’élèverait à un quart, soit 8 milliards.

 

Pas d’entente tout de suite entre américains et européens au sujet du TTIP - Transatlantic (Trade and Investment Partnership ou TAFTA - Trans Atlantic Free Trade agreement), des petits noms bien sympathiques à ne pas confondre avec notre tipp (taxe intérieure sur les produits pétroliers), celle qui nous fait payer cher à la pompe même quand le prix du baril baisse.

Petit rappel pour les retardataires, le TTIP donc est un accord de libre-échange portant sur l’idée d’un marché unique regroupant plus de 50% du PIB mondial et près de 700 millions de personnes dont l'objectif est de "se rapprocher le plus possible de la suppression des droits de douane", de protéger les investisseurs, et d'ouvrir les marchés publics. Bon quand on a dit ça on a tout dit et rien dit à la fois car dans les faits, les tarifs douaniers sont déjà très faibles : 5,2% en moyenne pour l'UE et 3,5% pour les USA, le TTIP a donc pour objectif de s'attaquer aux barrières non-tarifaires. Il s'agit donc d'uniformiser les normes et les règlements (le champ est un tantinet plus vaste, vous en conviendrez)pour que les mêmes produits puissent être commercialisés des deux côtés de l'Atlantique sans avoir besoin d'être modifiés (poulets au chlore pour tout le monde et plus de livarot). Bruxelles affiche un objectif ambitieux puisque selon la Commission, ce traité entraînerait un bénéfice de 119 milliards par an et des emplois à la clé pour tous les pays signataires. Que du bonheur donc !

Les détracteurs du TIPP craignent par ailleurs de voir les normes européennes plus favorables aux consommateurs s'aligner sur celles en vigueur aux Etats-Unis. Les pays signataires pourraient ainsi être obligés d'autoriser les OGM et le gaz de schiste par exemple. Autre point de tension et sans doute, le plus problématique, la question des tribunaux d'arbitrage privés, un domaine dans lequel les américains sont passés maitres (pas le seul d’ailleurs). Dans les faits, il s'agit d'une justice qui existe depuis les années 50 et qui régit les relations commerciales entre les Etats et les entreprises. Ces dernières années, ceux-ci ont pris de plus en plus d'importance et maintenant, certaines multinationales n'hésitent plus à les utiliser pour faire pression sur les Etats. Ainsi, lorsque l'Australie a pris des mesures pour lutter contre le tabagisme, le cigarettier Philippe Morris a attaqué ce pays parce qu'il considérait que l'accès à ce marché lui était devenu trop difficile. Le TTIP pourrait donner trop de pouvoir à ces tribunaux. Bien que la Commission européenne a entendu les craintes des détracteurs et imposé des garanties aux Etats-Unis, l'opposition de style reste fondamentalement vive entre les deux camps.

 

Bigre, big, very big (mantra à répéter 12 fois avant de se coucher).

L’Arabie Saoudite se réorganise et souhaite introduire d’ici la fin d’année 5% de Saudi Aramco, tout simplement le plus important producteur pétrolier au monde valorisé entre 2 000 et 3000 milliards (force est de reconnaitre que la fourchette est « un peu large » mais quand il s’agit de « pricer » 10% de l’offre pétrolière quotidienne, allons, on peut se permettre quelques fantaisies…) soit au bas mot 4 Apple, cette dernière restant malgré la baisse des derniers jours la plus grosse capitalisation boursière avec 540 milliards de dollars. C’est dit ! Le produit de l’opération d’introduction de 100 à 150 milliards de dollars (4 fois l’IPO du chinois Alibaba) serait affecté au fonds souverain du pays, le plus important fonds souverain (encore une fois, n’ayons pas peur des mots) devant celui de la Norvège (770 milliards), avec 2 000 milliards d’actifs sous gestion. La cotation jouera la carte de la transparence pour un Royaume jusque-là très opaque, les comptes devront faire état des niveaux de trésorerie, des réserves et autres informations stratégiques à même d’intéresser la concurrence, entreprises et Etats dans leur globalité. Les réserves du pays estimées à 260 milliards depuis plusieurs années (1 mois de production du pays) resteront néanmoins à l’abri dans une entité séparée.

L’Arabie Saoudite souhaite ne plus dépendre du pétrole d’ici 2020 (donc demain) à travers de nouveaux investissements partout dans le monde à l’image du Qatar présent dans les médias, le luxe, le sport et le tourisme pour le moment mais aussi dans bien d’autres domaines à l’avenir. Et pourquoi pas les droits de l’homme, enfin ceux de la femme plutôt ?

La modernité est au prix de cette réallocation d’autant que le déficit de 15% du Pib à 98 milliards de dollars en 2015 à cause de la chute du baril a marqué les esprits dans un pays jusque-là épargné par les aléas économiques.

 

Foire du trône toujours et enfin.

La volatilité indicielle constatée autour de 14/15 ne reflète absolument pas celle relative aux valeurs qui réagissent fortement sur chaque publication. Il est de plus en plus habituel de voir varier les valeurs à +10/ +15% (Seb, Ipsos, Biomérieux, Facebook…) en cas de bonnes publications (supérieures au consensus) et d’assister à leurs massacres en cas déceptions et/ ou de prévisions naïvement généreuses à -10% (Apple, Google, Air Liquide...). Cette volatilité micro implicite reste à court terme très déstabilisante aussi bien pour les gestionnaires que nous sommes que pour les entrepreneurs.  Une tendance lourde pas rassurante en lien certainement avec ce manque de visibilité sur les marchés en général uniquement guidée par les attentes messianiques des banques centrales.

 

LE POINT TECHNIQUE

Après le récent discours de Mario Draghi qui annonce l’élargissement de l’univers éligible des rachats de dettes, les dettes corporates emboitent le pas des obligations souveraines (voir second graphe) en s’inscrivant de plus en plus en rendements négatifs pour la partie Investment grade. Le mouvement accélère nettement depuis un mois (déjà 10% du gisement) dans l’optique du mois de juin, date à laquelle la BCE commencera effectivement ses opérations sur ce compartiment obligataire précisément également. Il est suffisamment rare dans le marché et dans l’histoire pour le signaler de pouvoir avoir un « free lunch » aussi évident où les annonces précèdent largement les faits avec une assurance totale sur ce sur quoi porteront les achats et quelles en seront les conséquences. 

 

 

 

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

 

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