Toujours plus haut !

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°185

25/04/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Toujours plus haut !

Il est étrange de retrouver les points hauts des marchés en ce début de deuxième trimestre alors que les signaux macro-économiques restent fragiles et que la publication des résultats des entreprises ne montre pas encore un réel regain d’optimisme pour 2016 en Europe. Le pétrole est toujours le principal facteur explicatif de la progression des marchés. La hausse du prix du baril de pétrole (+9.22% sur la semaine écoulée) reste assez surprenante après la déception de la réunion qui s’est tenue à Doha dimanche dernier. Contre toutes attentes, les membres de l’OPEP n’ont pas réussi à s’entendre sur un gel de la production. La progression du pétrole a été soutenue par la grève des salariés au Koweit en début de semaine ainsi que la hausse des stocks de barils aux US moins forte qu’attendue (+2.08m de barils vs cons. 2.295m). La prochaine réunion des principaux pays producteurs se tiendra en juin. Les marchés se rassurent aussi sur cette question en constatant que l’Inde et la Chine vont continuer à tirer la demande et que le premier producteur mondial de pétrole, les Etats-Unis, va continuer à ralentir sa production. Au final, les marchés lèvent les doutes concernant la vigueur de la croissance mondiale. Cette sérénité nouvelle se mesure au travers de l’évolution du VIX, indice de volatilité ou « indice de la peur », qui évolue désormais au-dessus de 13 points contre 28 en février et 40 points fin août 2015 lorsque la croissance chinoise montrait des signes de faiblesse.

La semaine dernière, les indices boursiers ont donc progressé, mais plus modérément que la précédente : +2,84% pour l’Eurostoxx50, +1,66% pour le CAC40 et +3,20% pour le DAX. Les marchés américains ont suivi un mouvement identique mais dans une moindre ampleur, le DJ affichant une performance de +0,59% % et le Nasdaq -0,65%, en raison de mauvaises publications de résultat. Le NIKKEI a lui aussi fortement progressé à +4,30%.

 

Mario Draghi réaffirme son pouvoir…

Comme attendu, la BCE n’a pas modifié ses taux directeurs lors de sa réunion d’avril. Mario Draghi a précisé que le programme de rachat d’obligations d’entreprises débuterait en juin. Il a aussi répondu au gouvernement allemand, dont certains membres ont récemment critiqué la politique monétaire de la BCE, la jugeant néfaste  pour l’économie allemande et ses épargnants. Mario Draghi a rappelé l’indépendance de la Banque Centrale et la raison d’être de la politique monétaire menée. Sa réponse tient en plusieurs points : 1/ la politique de la BCE vise la stabilité des prix dans l’ensemble de la zone euro et ne doit pas être influencée par la situation d’un seul pays; 2/ la BCE est indépendante de tout organe politique; 3/ la politique de taux très bas a été la réponse de toutes les grandes zones à la crise économique; 4/ elle est d’autant plus longue et agressive dans la zone euro que les gouvernements ne prennent pas leur part de responsabilité en menant des politiques budgétaires et structurelles pour soutenir l’activité, laissant la politique monétaire de la BCE seule, depuis 4 ans, à la manœuvre; 5/ alors qu’un débat serein aide la BCE à expliquer sa politique, toute tentative d’affaiblir sa crédibilité nuit à l’efficacité de son action et a pour conséquence de l’obliger à prolonger et amplifier sa politique d’assouplissement.

On ne peut pas être plus clair dans la justification de la politique monétaire de la BCE. Tout l’enjeu consiste désormais à faire remonter l’inflation en zone euro et c’est bien l’un des objectifs principaux de la BCE. Pour l’instant, cet objectif est loin d’être atteint puisque nous risquons encore de connaître une inflation négative au cours des prochains mois avant qu’elle ne repasse positive au second semestre 2016. Revenons sur cette question qui aura un impact important sur les marchés financiers. La remontée de l’inflation pourrait se faire d’une façon négative, par la remontée des prix du pétrole. En effet, cette inflation là n’est pas créatrice de valeur puisqu’elle affaiblit le pouvoir d’achat des ménages, et représente un prélèvement sur le revenu. L’enjeu au contraire, à partir du deuxième semestre 2016, serait une amélioration de la situation économique européenne avec une baisse importante du chômage qui entraînerait une remontée significative des salaires et donc d’une inflation domestique « positive » et non plus une inflation importée « négative ».

Au niveau macro, l’indice PMI Markit Composite prévisionnel de l’Eurozone en avril est ressorti à 53 en ligne avec le consensus et inchangé par rapport au mois de mars. Dans le détail, celui de la France est en progression (50.8 vs 49.9) alors qu’il est en léger recul pour l’Allemagne (53.8 vs 54). En mars, le taux de chômage est resté stable à 12.6%, les signes d’amélioration ne sont pas encore là.

 

Chiffres économiques et résultats d’entreprises favorables aux Etats-Unis, mitigés en Europe

Concernant les résultats, sur les 119 sociétés du S&P 500 ayant publié leurs chiffres à ce jour, 82% ont annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes à l’image de Morgan Stanley, IBM, Johnson & Johnson, Intel, Linear Technology, American Express, General Motors, Genereral Electric. Certaines sociétés ont tout de même publié des résultats en dessous des attentes comme Caterpillar, Microsoft, Alphabet, Verizon, Starbucks et Travelers. Ces annonces, couplées à des chiffres macro-économiques très moyens (recul des indices d’activité de la région de Philadelphie en avril et de Chicago en mars, baisse du PMI manufacturier de mars) devraient conduire la FED qui se réunit cette semaine, à confirmer que la hausse des taux sera graduelle et réalisée avec prudence.

En Europe, la publication des résultats est plutôt décevante. Sur le Stoxx 600, 77 entreprises ont publié et seulement 49% ont annoncé un chiffre d’affaires au dessus des attentes. Parmi les sociétés ayant déçu, on retrouve Atos, Dassault Systemes, Ericsson, Pernod Ricard, Kering et Daimler. Au contraire, Actelion, Reckitt, Renault, L’Oréal, Publicis, Akzo Nobel, Roche, Heineken, SAP, ABB, Schneider et Michelin ont publié des résultats au-dessus des attentes. D’autre part, le secteur automobile a particulièrement souffert à l’annonce du rappel de 680 000 voitures Porsche, Volkswagen, Opel, Audi et Mercedes pour modifier les logiciels de mesure de contrôle des émissions. Dans la foulée, Volkswagen a publié ses résultats annuels avec un recul de son bénéfice net de 1.6Mds € en 2015.

 

Une pause est désormais probable !

Les marchés sont surprenants, leur réaction étant difficile à anticiper. L’échec de la réunion de DOHA en est un bon exemple. En analysant froidement les différentes hypothèses qui s’offrent à nous, nous pouvons avoir quelques certitudes. Le scénario du pire, cher à certains, doit être désormais écarté, cela pouvant alors justifier des marchés à fin 2016 plus hauts qu’aujourd’hui. La normalisation des politiques monétaires va dans ce sens là. Désormais il faut un nouveau levier en termes de dynamique économique pour soutenir consommation et investissement, éléments générateurs des croissances futures. Nous n’attendons pas ces éléments avant le deuxième semestre d’où, après cette hausse un peu surprenante, un biais toujours défensif nécessaire au moins à court terme, dans un contexte de valorisation toujours élevée.

 

Jean-Noël Vieille - le 25 avril 2016

 

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