Toujours la hausse…. mais plus modérée !

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

10/03/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Toujours la hausse…. mais plus modérée !

La semaine a été beaucoup plus calme quant à l’évolution du marché des actions. Mais ne nous trompons pas, pour l’instant la consolidation n’est toujours pas d’actualité. On a au contraire l’impression que chaque phase de baisse permet aux investisseurs de se replacer pour participer à la hausse. Même aux Etats-Unis où les marchés progressent moins vite qu’en Europe, le Nasdaq a retrouvé brièvement son niveau de mars 2000 à plus de 5000 points. Cette performance est d’abord attribuée au montant des liquidités qui vont arriver ce lundi de la part de la BCE, 2 Mds d’euros par jour qui vont être investis sur les marchés obligataires. Ensuite, ce sont des perspectives économiques de croissance en zone euro beaucoup moins sombres qui soutiennent les marchés européens de même que la baisse de l’euro puisque la parité €/ est passée ce vendredi en dessous de 1,09 €, rendant assez probable l’objectif d’un retour à la parité. Sans aller aussi trop vite, les chiffres d’inflation semblent s’améliorer passant en février à -0,3% contre -0,6% en janvier pour la zone euro. Ainsi, l’Eurostoxx 50 a crû de 0,52%, le CAC de 0,26%, le DAX de 1,31% sur la semaine, alors que les marchés américains ont réagi négativement surtout vendredi, le Dow Jones étant en baisse hebdomadaire de 1,52% et le Nasdaq de -0,73%, accréditant l’idée de l’amélioration très sensible de l’économie européenne. 

La reprise européenne se confirme !

Sans surprise, il n’y a pas eu de nouvelles annonces faites par Mario Draghi à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE ce jeudi consacrée à la politique monétaire. Le point manifestement le plus important a été le nouveau scénario économique donné par la BCE. Les prévisions de croissance économique ont été relevées plus sensiblement qu’attendu pour 2015 et 2016. Le PIB progresserait de 1,5% cette année et de 1,9% en 2016, contre des prévisions de 1,0% et 1,5% réalisées en décembre dernier. La hausse de l’activité se poursuivrait ensuite, avec une croissance attendue à 2,1% en 2017. Ces révisions pour 2015 et 2016 sont cohérentes avec les indicateurs récents. La baisse des cours du pétrole, la dépréciation de l’euro et l’assouplissement des conditions de financement de l’économie (via les marchés comme via les banques) commencent donc à porter leurs fruits. Ceci entraîne un redressement des indicateurs de confiance des agents économiques:  consommation des ménages, hausse des gains de productivité, moral des chefs d’entreprises, …  Les entreprises vont pouvoir aussi continuer à se financer à des taux très bas, ce qui va participer à l’amélioration des résultats. Ceci devrait stimuler de nouvelles opérations de fusions/acquisitions, éléments favorables pour la bonne tenue des marchés financiers sur le court terme. On constate ainsi de la part des holdings beaucoup d’arbitrages de portefeuilles, Groupama sortant par exemple de Veolia, Wendel de Bureau Veritas, … Enfin, la BCE prévoit une inflation de 1,8% en zone euro en 2017, ce qui signifie qu’elle intègre désormais dans ses prévisions les effets positifs du QE sachant que l’on ne sait pas s’il s’agit d’un vœu pieux ou d’une estimation sincère ! Ces élements devraient permettre à l’Europe dès la fin de cette année de réduire son taux de chômage qui reste un des éléments de fragilité.

 

Une situation américaine de plus en plus complexe à analyser

Les marchés américains ont connu des variations négatives cette semaine. La publication d’indicateurs macroéconomiques mitigés a influencé les cours à la baisse. Les créations d’emploi en février sont ressorties en forte hausse (295K vs cons. 235K et 257K en janvier), mais la progression des salaires reste décevante ( 0,1%). Difficile dans ce contexte d’imaginer que la Fed va rentrer dans un cycle durable de remontée des taux. Elle devrait ponctuellement resserrer sa politique monétaire pour montrer sa capacité à intervenir dès juin, mais de façon modérée. Dans ce contexte, l’Euro s’est déprécié face au dollar sur la semaine et tombe sous les 1,09. A l’inverse des chiffres sur l’emploi, les autres publications de la semaine ont été en demi-teinte. C’est notamment le cas des dépenses des ménages qui sont en baisse pour la deuxième fois consécutive depuis janvier (-0.2% vs cons -0.1%). Ce sont donc des chiffres en demi-teinte qui pourraient entraîner assez rapidement une consolidation de ces marchés.

Des valorisations difficiles à justifier !

Les actions européennes connaissent des niveaux de valorisation inégalés, tandis que les publications d’entreprises sont assez positives. Selon les données de Thomson Reuters, après la publication de 70% des sociétés du Stoxx600, plus de 50% ont annoncé des bénéfices et un chiffre d’affaires supérieurs ou en ligne avec les attentes. Néanmoins il est désormais assez difficile de trouver des titres qui présentent de fortes perpsectives de croissance, d’où le maintien d’un discours de prudence pour cette deuxième partie du mois de mars.

Articles similaires

SURPONDÉRATION DES ACTIONS EUROPÉENNES, ...

Portée par une croissance bénéficiaire (BPA) à deux chiffres, la faiblesse des prix du pétrole, une politique monétaire accommodante et des...

14/04/2015 - Publié par RUSSELL INVESTMENTS FRANCE

Actions / Analystes et économistes

LES INCERTITUDES GRECQUES PÈSENT SUR LES ...

Incertitudes grecques  Semaine très volatile en raison de l’incompréhension des marchés quant à la situation grecque et aux données économiques...

02/06/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Actions / Analystes et économistes