Threadneedle Pan European Focus Fund : Marchés actions,la volatilité source d'opportunités.

Entretien avec Frédéric Jeanmaire, Gérant Columbia Threadneedle Investments

28/01/2016 - Publié par OPCVM360 dans Marché Actions

Threadneedle Pan European Focus Fund : Marchés actions,la volatilité source d'opportunités.

Columbia Threadneedle Investments est la division internationale de gestion d'actifs d'Ameriprise Financial (NYSE : AMP), une grande entreprise américaine de services financiers.

Présence dans 18 pays en Europe, au Moyen-Orient, en Asie-Pacifique et en Amérique du Nord

Forts de plus de 450 professionnels de l'investissement basés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, Columbia Threadneedle Investments  propose une large gamme de stratégies et de solutions d'investissement à gestion active couvrant les différents marchés et classes d'actifs à l'échelle mondiale et régionale.

 

Quelle est votre approche  et votre processus de gestion ?

Il s’agit d’un fonds actions européennes dont l’approche d’investissement est centrée sur les 5 Forces de Michael Porter, professeur à Harvard :

1.   le pouvoir de négociation des clients,

2.   le pouvoir de négociation des fournisseurs,

3.   la menace des produits ou services de substitution,

4.   la menace d'entrants potentiels sur le marché,

5.   l'intensité de la rivalité entre les concurrents.

Cette approche nous conduit à privilégier qualité et croissance. Nous nous attachons particulièrement à analyser l’environnement concurrentiel et le pouvoir de fixation des prix (pricing power). Notre approche d’investissement est long terme (horizon à 3 ans minimum). L’approche d’investissement du fonds signifie qu’il détient les 30 meilleures idées de nos 27 professionnels dans les équipes actions Europe et Royaume-Uni. Le fonds se concentre sur nos idées à plus forte conviction et nous pouvons prendre des positions importantes sur des titres (typiquement 5%) et des secteurs (aucune contrainte). Les investissements dans le fonds ne sont pas limités en fonction de facteurs tels que l'indice, la taille de la société, l'action, le secteur ou le type d'investissement. La recherche est menée par notre équipe européenne pluridisciplinaire et expérimentée pour faire face à des conditions de marché diverses et variées.

 

Comment gérer vous les risques ?

L’analyse et l’identification des risques est au cœur de notre processus de sélection et de gestion. Nous examinons la qualité de la stratégie et de l’exécution du management des entreprises, la durabilité de leur business model sur le long-terme et sur différentes périodes du cycle économique, ainsi que la gouvernance de l’entreprise.

Nous considérons la volatilité, la liquidité des titres, la contribution d’une nouvelle position sur le risque global du fonds, les valorisations des titres et la corrélation entre nos positions individuelles.  Nous examinons également la pertinence d’une idée d’investissement dans le portefeuille. Nous avons des systèmes informatiques sophistiqués qui permettent à notre équipe dédiée aux risques de contrôler tous les paramètres du fonds et les mouvements et modifications dans le fonds.

 

Pouvez-vous nous parler de vos critères de choix auprès des sociétés ?

En général, nous sommes à la recherche de sociétés avec:

   - une équipe de direction et de gestion solide, à qui nous faisons confiance,
   - un business model solide pour générer des profits et une franchise durable, y compris un avantage concurrentiel durable et un fort pouvoir de fixation des prix,
   - un bilan solide, avec une croissance et des revenus visibles, des liquidités positives, et où les intérêts de la direction sont alignés avec ceux des actionnaires,
  - une valorisation qui offre un bon potentiel de croissance,
  - un potentiel d'amélioration dans chacun de ces facteurs.

Cependant, nous analysons également l’impact de l’environnement macro-économique sur les entreprises y compris leur exposition géographique et juridique mais surtout l'impact précis que ces développements et ces tendances auront sur les industries et les secteurs particuliers.

 

Combien d’entreprises suivez-vous par an  et quels sont les secteurs d’activités que vous affectionnés tout particulièrement et pourquoi ?

L'accès aux dirigeants des entreprises constitue une part importante de notre processus de recherche et chaque année, nous avons plus de 1 000 contacts avec les dirigeants. Le fonds associe un processus de sélection des titres bottom-up à une perception macroéconomique top-down.

Notre investissons à long terme et nous essayons dons d’identifier les sociétés capables de générer des revenus et des profits de façon durable. Nous trouvons des entreprises qui vendent des produits ou des services différenciés, comme dans le secteur pharmaceutique ou dans la consommation. Nous pouvons également voir des opportunités de restructuration dans certaines industries, comme la télécommunication par exemple, un secteur de nature à se consolider dans lequel de nouveaux fournisseurs indépendants peuvent attirer de nouveaux consommateurs et générer des revenus pratiquement sans coût supplémentaire.

 

Quels sont les thèmes opportunistes sur lesquels vous êtes investis ?

Nous sommes des investisseurs à long terme et par conséquent, ce qui nous intéresse, ce sont des opportunités d'investir dans des entreprises qui peuvent offrir une croissance de leurs bénéfices à long terme, et ce malgré un environnement macroéconomique peu encourageant.

Depuis le début de 2016, il est évident qu’il y a d’importants risques macroéconomiques liés au ralentissement de la croissance en Chine et les turbulences associées aux marchés des matières premières. Les actions à grande capitalisation du secteur minier ont été mises en déroute cette année, tout comme celles du secteur de l'énergie et du pétrole. Les effets sont actuellement répercutés sur certaines entreprises industrielles qui dépendent des compagnies minières pour assurer leur profitabilité. En revanche, les entreprises de haute qualité avec des barrières à l'entrée dans des domaines tels que la technologie et les soins de santé se sont bien comportées, et sont susceptibles de continuer à continuer de croitre compte tenu du processus de numérisation et du vieillissement de la population dans la plupart des pays développés.

Si le QE a créé les conditions nécessaires pour que les entreprises empruntent et investissent dans leurs activités, il a également contribué à maintenir en vie des « entreprises zombie » qui auraient dû faire faillite depuis longtemps. En d'autres termes, le processus de « destruction créatrice » n'a pas pu suivre librement son cours habituel après la grande crise financière et, par conséquent, le monde se trouve à présent confronté à un problème de surcapacités. Leurs effets indésirables sont amplifiés par le ralentissement macroéconomique qui est en cours en Chine. Si les entreprises bénéficiant d'une offre de produits différenciée et de barrières à l'entrée élevées peuvent encore prospérer, toutes les autres pâtissent de cette situation. Les entreprises qui peuvent croitre leurs revenus et leurs bénéfices dans un tel environnement, se paieront avec une prime et devraient constituer de bons investissements.

 

Pourriez-vous me donner « votre » définition d’un terme financier que vous aimez ?

Beta : sensibilité d’un business model au cycle économique. Nous apprécions particulièrement les modèles économiques qui sont susceptibles de générer de la croissance quelle que soit la conjoncture. Par exemple au sein des valeurs financières, nous préférons Deutsche Boerse (la bourse allemande) par rapport à une banque de détail. Un opérateur de marché pourra continuer à générer de la croissance et des cash-flow de façon régulière alors qu’une banque sera beaucoup plus liée au cycle et aux risques de charges liées à la détérioration de leur encours de crédit.

 

Quelles sont vos principales convictions et  prévisions de l'économie européenne pour l'année 2016 ?

L'assouplissement quantitatif, la baisse des prix de l'énergie, la faiblesse de l'euro et l'assouplissement des conditions de crédit participent conjointement à l'amélioration de l'environnement commercial des entreprises européennes. Une embellie se dessine dans nombre d'économies européennes et les bénéfices domestiques européens vont selon nous continuer de contribuer solidement à la rentabilité globale des entreprises.

Sur le plan international, nous surveillons les perspectives économiques de la Chine et évaluons leur impact potentiel sur les exportateurs européens et la croissance mondiale ; il est clair que les turbulences sur les marchés financiers en ce début d’année ont un impact sur le sentiment global et la croissance ; à cela s’ajoutent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les questions politiques en Espagne, au Royaume-Uni notamment le référendum sur l’UE et la possibilité que la Banque d’Angleterre relève ses taux d’intérêts.

Cependant, de nombreuses sociétés européennes, à l'exception du secteur financier, affichent des bilans et des flux de trésorerie vigoureux, qui plaident en faveur d'une croissance supplémentaire des dividendes, de rendements en espèces et d'opérations de fusions-acquisitions. Nous continuons de privilégier les entreprises disposant de solides perspectives de bénéfices et d'un pouvoir de fixation des prix. Le regain de volatilité des marchés actions est synonyme d'opportunités d’investissement attrayantes.

 

Les bourses du monde ont subi une forte correction depuis plusieurs semaines, s’agit-il d’une inversion de la tendance haussière des dernières années?

En effet, la marée montante de mesures d’assouplissement quantitatif qui avait précédemment soulevé les bateaux du monde entier amorce son reflux. Il est dès lors logique, dans un tel environnement, d'opérer des distinctions entre les différentes classes d’actifs et au sein de celles-ci. Pour les investisseurs actifs et avisés, cette correction représente une opportunité d’achat. Il est clair qu’il y a des risques plus élevés, surtout pour les entreprises exposées par exemple aux secteurs plus faibles de l’économie chinoise ou de l’Amérique latine. Cependant, la faiblesse du prix du pétrole est un point positif pour beaucoup d’entreprises en Europe. Nous nous concentrons sur les entreprises solides, avec un historique de rendement et de croissance durables qui ont actuellement des valorisations plus attractives. Certes, le ralentissement de la croissance mondiale aura un impact sur ces entreprises mais cet impact devrait être limité.

www.columbiathreadneedle.com

Propos recueillis par Chris Rhand- OPCVM360

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