Début ou Fin du retour de l’Europe?

POINT TRIMESTRIEL / Octobre 2013

18/10/2013 - Publié par COGÉFI GESTION dans Marché Actions

Début ou Fin du retour de l’Europe?

Les marchés actions européens ont affiché une santé éclatante au cours du troisième trimestre, progressant entre 8% et 11% selon les indices. Une fois n’est pas coutume, l’Europe a surperformé massivement les Etats-Unis, le S&P 500 stagnant sur la période. L’Europe est de retour : ne boudons pas notre plaisir !

 

Ce mouvement a été alimenté par différents facteurs. L’amélioration des fondamentaux macro-économiques avec, comme nous l’anticipions, une série d’indicateurs pointant vers une sortie de récession de la Zone Euro, a été un contributeur important au retour de la confiance et des investisseurs au sein de l’univers européen. Le rebond marqué des indices de confiance dans les pays les plus durement touchés par la crise, comme l’Espagne et l’Italie, a accentué le trait. L’absence d’événement politique véritablement déstabilisant et l’avancée, à pas de fourmis mais bien tangible, de la réalité de l’union européenne a également joué en faveur d’une réduction massive de l’aversion au risque. Il faut se rappeler qu’en 2012 les scénarios les plus noirs ont circulé, mettant en doute la survie de l’ensemble de l’Union.

 

L’attitude toujours très accommodante des Banques Centrales (Europe, Etats-Unis, Japon) et leur communication laissant entendre qu’elles le resteraient durant une période prolongée (Forward Guidance) représente un pilier essentiel sur lequel le retour de l’optimisme a pu s’appuyer.

 

Les tensions monétaires et les sorties de capitaux massives subies par certains pays émergents, conséquences des anticipations d’une diminution de la liquidité injectée par la Réserve Fédérale américaine (Tapering) engendrent des doutes sur les niveaux de croissance à venir de ces pays et incitent les investisseurs à rééquilibrer géographiquement leurs portefeuilles.

 

Modestement, les flux internationaux commencent ainsi leur retour vers l’Europe.

 

La progression des marchés d’actifs risqués est désormais conséquente depuis le début de l’année. Dans ce contexte, faut- il continuer à privilégier les actions et le High Yield européens ? Bien que la situation reste complexe, « oui » !

 

Nous nous projetons déjà sur 2014 et estimons qu’à moyen terme, les actions devraient surperformer les autres classes d’actifs. La reprise de risque vers les entreprises cotées nous semble aujourd’hui paradoxalement le mouvement le plus pertinent en termes de couple rendement / risque. Certes, de nombreux sujets structurels ne sont pas réglés : endettement, probabilité élevée de restructuration de dette au Portugal ou à nouveau en Grèce, déficit budgétaire, assainissement insuffisant du système bancaire européen, défragmentation persistante des marchés de taux souverains, absence de reprise du crédit, risque de ralentissement de la croissance des émergents, volatilité des devises, divergences politiques américaines et problématique du plafond de la dette... La liste des dangers est longue et la matérialisation de certains d’entre eux entrainera de la volatilité, mais nous estimons que tout repli se transformera en bonne opportunité d’achat !

 

Nous ne rêvons pas sur la croissance européenne, elle restera très modeste (0.7% à 1% de croissance attendue pour 2014). Elle devrait néanmoins être suffisante pour voir le cycle des profits des entreprises s’inverser et revenir en territoire positif au plus tard au cours du premier trimestre 2014.

 

Si la valorisation des marchés européens n’est plus « bradée », elle reste tout à fait raisonnable et le marché devrait accompagner à la hausse la tendance des profits. Dans un environnement complexe mais plus serein, plus normalisé, la micro- économie devrait reprendre le dessus avec pour leitmotiv les profits des sociétés. Il va falloir être sélectif et avoir de vraies convictions afin de trier le bon grain de l’ivraie.

 

Notre politique d’investissement

 

Dans nos OPCVM, nous avons poursuivi la stratégie adoptée lors du trimestre précédent, à savoir maintenir une option investie à hauteur de 95% dans nos fonds purs actions et renforcer l’exposition actions voire High Yield de nos fonds diversifiés. Concernant les thèmes d’investissement, nous avons à nouveau réduit notre exposition aux titres liés à la consommation, notamment dans les pays émergents, et aux secteurs dits défensifs tels la pharmacie et l’alimentation. A contrario, le poids des bancaires a été significativement renforcé et des positions à nouveau constituées dans les télécoms (forte probabilité d’évolution favorable de la règlementation, opérations de rapprochement entre opérateurs) et les services publics (valorisation extrêmement faible).

 

Concernant les marchés de taux, nous avons accentué nos positions sur les dettes d’entreprises privées en privilégiant, sur des maturités courtes, les sociétés non notées ou appartenant à la partie supérieure du segment High Yield. L’amélioration des fondamentaux économiques, même modeste, recèle un potentiel important d’amélioration des métriques de crédit. Des solutions intéressantes existent bel et bien sur les marchés malgré un contexte de remontée de taux.

 

L’environnement demeure favorable pour les placements actions en l’absence notamment d’alternative crédible et attrayante. Les flux devraient par conséquent jouer un rôle majeur dans la bonne tenue des places boursières européennes dans les mois à venir.

 

Lucile COMBE

Directeur Général

de COGEFI GESTION

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