Tâche extrêmement difficile pour le prochain gouvernement italien

11/02/2013 - Publié par PETERCAM (LUXEMBOURG) SA dans Marché Autre

Tâche extrêmement difficile pour le prochain gouvernement italien

Les Italiens s'apprêtent à se rendre aux urnes (les 24 et 25 février) pour ce qui s'annonce comme des élections générales qui seront suivies de très près. Comme d'habitude en Italie, ces élections comportent leur part de divertissement, à commencer par le retour de Silvio Berlusconi dans la campagne. Mais à côté de cela, l'Italie se trouve aussi dans une situation plutôt étrange à l'aube de ces élections. D'un côté, l'inquiétude des marchés financiers vis-à-vis du pays a diminué de manière spectaculaire ces six derniers mois suite aux propos explicites du Président (italien) de la BCE Mario Draghi selon lesquels il ferait tout pour préserver l'euro.

 

 

Les taux d’intérêt sur les obligations gouvernementales italiennes ont ainsi reculé de plus de 200 points de base, alors que le marché des actions a gagné près de 34% depuis le milieu de l'été dernier. D'un autre côté, la situation économique reste plutôt déplorable. L'économie italienne se contracte en effet depuis la mi-2011 et accuse un retard de 6,8% par rapport à son niveau d'avant-crise. Près de 700.000 emplois ont par ailleurs été perdus (soit 2,7%, ce qui est à vrai dire raisonnable au vu de l'étendue de la contraction économique), et le taux de chômage a pratiquement doublé par rapport à son plancher de 2007 pour atteindre 11,2%.

 

De plus, les perspectives économiques sont plutôt sombres. Les indicateurs avancés ont certes progressé modestement ces derniers mois, mais cette amélioration s’annonce de courte durée. Le seul facteur positif au niveau de l'économie italienne ces deux dernières années aura été les exportations nettes. Et fait important, la hausse de ces dernières est venue uniquement des exportations à destination de pays en dehors de la zone euro. Les exportations dans le reste de la zone euro, par contre, sont en baisse depuis le début de l'année 2011. Aujourd'hui, le renforcement de l'euro ces six derniers mois (e.a. 12% par rapport au dollar et 34% par rapport au yen) menace ces exportations. Selon les modèles historiques, le récent renforcement devrait toucher assez durement les exportations italiennes à très court terme. En tant que telle, la récession italienne en cours devrait à nouveau s'intensifier au cours des prochains trimestres. Le nouveau gouvernement italien, qui devrait prendre les traits d'une coalition de centre-gauche (les sondages donnent actuellement peu de chances à Berlusconi) devra donc entamer son travail dans un contexte d'extrême faiblesse économique.

 

Le reste de l'Europe suivra attentivement les élections en Italie en attendant avec anxiété de voir les implications pour sa politique budgétaire. L'état des finances publiques italiennes est largement considéré comme un problème majeur, tant pour le pays en lui-même que pour le reste de la zone euro. A 127% du PIB, la dette du gouvernement italien est la plus importante de la région, la Grèce mise à part. Et avec près de 2.000 milliards de dette, le gouvernement italien est le principal émetteur de la zone euro derrière l'Allemagne. Cela étant dit, les finances publiques ne devraient pas constituer le problème le plus urgent pour le nouveau gouvernement. Le déficit est raisonnablement sous contrôle. De plus, les dépenses publiques liées au vieillissement devraient, selon les projections, rester inchangées au cours des 50 prochaines années, ce qui place l'Italie parmi les meilleurs de la classe de la zone euro dans ce domaine (les prévisions pour la zone euro font état d'une hausse moyenne de 4,1% du PIB).

 

 

Le problème le plus important, et de loin, pour le nouveau gouvernement italien est à vrai dire l'absence de croissance économique. L'activité économique globale aujourd'hui se trouve au même niveau qu'il y a 10 ans et la productivité du travail n'a pas augmenté depuis 1994. Pour changer cela, le nouveau gouvernement devra mettre en œuvre des réformes sensiblement plus structurelles que ce que Mario Monti a été capable de faire jusqu'à ce jour. Les responsables politiques en auront-ils toutefois réellement la volonté ? Il est permis d’en douter…

Articles similaires

A DÉFAUT DE RELANCER L'ÉCONOMIE, LE CSPP...

  Nouvelle semaine durant laquelle tous les yeux étaient braqués vers la BCE et son CSPP. Après avoir annoncé début mars qu’il étendrait son...

25/04/2016 - Publié par OCTO ASSET MANAGEMENT

Autre / Analystes et économistes

LE RETOUR DES INCERTITUDES

Point sur les marchés financiers : Le retour des incertitudes La dernière séance du mois d’avril, marquée par une forte baisse, a donné la...

11/05/2016 - Publié par ENTHECA FINANCE

Autre / Analystes et économistes