STAMINA AM : La performance à l'épreuve du temps…

Entretien avec Alexis Bienvenu, Analyste - Gérant chez Stamina AM

05/01/2016 - Publié par OPCVM360 dans Marché Actions

STAMINA AM : La performance à l'épreuve du temps…

Au sein de la multi boutiques Primonial Investment Management (PIM) regroupant également Roche-Brune AM et AltaRocca AM.

Primonial Asset Management (PAM), société de gestion de portefeuille dédiée à la gestion flexible,devient Stamina AM et gère plus de 800 millions d’euros. Ses fonds sont distribués directement auprès de la clientèle patrimoniale du groupe ou via des CGPI.

Le premier fonds patrimonial a été lancé par Carmignac en 1989. Aujourd’hui, près de 300 fonds patrimoniaux sont présents sur le marché. Il est vrai que le terme « patrimonial » se veut avant tout rassurant.

 

 

Quel est votre définition du mot « Patrimoine » ?

Le patrimoine est un ensemble de biens que l’on souhaite au minimum préserver, et si possible embellir ou faire fructifier à long terme. L’ambition d’un fonds patrimonial est donc, à long terme (cinq ans, pour fixer les idées) de préserver et si possible de faire progresser les avoirs confiés par les clients.

Pour cela, une gestion des risques continue, stricte, attentive est nécessaire. Nous souhaitons prendre seulement le minimum de risque nécessaire pour faire progresser le capital de façon significative sur le long terme.
Sur le court terme, cette prise de risque implique des hauts et des bas, des pertes momentanées, des épisodes de stress relatif. S’il n’y avait pas cette volatilité, il n’y aurait pas non plus de performance. Le risque est le prix à payer pour obtenir de la performance. Mais l’ambition est que ces pertes restent « supportables » pour une grande partie des investisseurs sur le long terme. En d’autres termes : -10%  en cas de crise ça passe, -30% non !

 

Comment vous différenciez-vous de l’offre présente ?

Nous sommes très flexibles sur le degré d’exposition aux grandes classes d’actifs. Par exemple de 0% à 60% d’exposition nette en actions, et donc de 100% à 40%  sur le reste (taux, monétaire…). Nous avons montré par le passé que nous n’hésitions pas à utiliser cette flexibilité.

Nous sommes très peu benchmarkés, donc nous utilisons à plein notre liberté dans le choix des classes d’actifs. Aucune classe d’actifs ne nous semble a priori nécessaire à détenir. Par exemple, nous avons une exposition quasiment nulle sur les taux souverains, ce qui est très rare pour un fonds diversifié.

 Nous utilisons la multigestion pour réaliser nos idées d’investissements. Une des conséquences de cela est que nous pouvons sélectionner les meilleures expertises mondiales sur chaque classe d’actifs, ce que peu de gérants parviennent à réaliser avec des ressources internes.

Nous pouvons détenir pour une large partie du portefeuille, des fonds non directionnels, ou peu directionnels, à visée de performance absolue. Cela permet d’obtenir un rendement décorrélé des grandes classes d’actifs, et ainsi de générer sur une partie du portefeuille une performance assez régulière  sans prendre de risque de taux ni de risque de crédit. Autrement dit, nous pouvons remplacer une partie du rendement généré traditionnellement par les coupons des obligations par d’autres types de gestion non exposés au risque de rendement bas, ni au risque de remontée des taux.

Enfin, nous utilisons de façon opportuniste des  stratégies de couverture au moyen de produits dérivés simples, soit par la vente de futures, soit par des protections optionnelles. Nous pouvons ainsi atténuer en partie les soubresauts des marchés financiers.


Quels sont les principaux critères que l’investisseur doit prendre en compte dans un fonds patrimonial?

Un investisseur patrimonial doit être attentif aux aspects suivants :

  - Volatilité et pertes maximales enregistrées par le fonds dans les précédentes crises de marché. Idéalement, la volatilité devrait être nettement inférieure à 10% pour que les pertes maximales soient tolérables par la plus grande partie des épargnants (avec une volatilité de 10%, on peut perdre typiquement 20% en cas de grave crise de marché, voire 30% en cas de crise historique)

    -  Solidité de l’équipe, de la société de gestion et du process

   - Flexibilité possible du fonds, afin qu’il puisse se positionner sur les marchés porteurs à l’avenir, et pas uniquement sur les marchés porteurs dans le passé, comme les obligations souveraines par exemple

     - Concentration du gérant sur le risque, pas seulement sur la performance

 

Pourquoi investir dans  le fonds Stamina Patrimoine ?

D’une part, parce qu’il répond aux critères indiqués précédemment : flexibilité au sein des classes d’actifs, liberté d’action, attention continue pour le risque.

Et d’autre part, en raison de la preuve apportée par le passé que nous tenons les objectifs: une rentabilité annualisée proche de 5% sur 5 ans, pour un risque (volatilité) comprise entre 6% et 9% historiquement.

 

Quel est le positionnement actuel de Stamina Patrimoine, son exposition, sa composition ?

Nous avons une exposition actuellement d’environ 30% aux actions, dont une large majorité sur les actions européennes, les autres (américaines, émergentes…) nous paraissant nettement moins attractives.

Nous pondérons aussi significativement les obligations à haut rendement et les convertibles européennes.

Nous ne détenons quasiment pas d’obligations souveraines ; et très peu d’actifs émergents.

Nous avons une exposition au dollar US modérée, généralement comprise entre 10% et 15 %.

Enfin, nous pondérons fortement un ensemble de fonds à visée de performance absolue prudente, qui nous permet d’obtenir un rendement assez régulier et décorrélé des marchés.

Cela dit, si les perspectives évoluaient nettement dans les prochaines semaines, nous pourrions être amenés à revoir profondément cette allocation, en ajoutant ou en retirant du risque.

 

Quels sont les avantages du fonds flexible Stamina Patrimoine, issu d’une fusion en mars 2015 de deux fonds: l’un flexible équilibré, l’autre flexible modéré. Pourquoi cette fusion ? Comment avez-vous maintenu le niveau de risque ?

Cette fusion est intervenue pour proposer aux clients une solution « fond de portefeuille » adaptée en termes de niveau de risque pour obtenir un rendement significatif à long terme, autour de 5% annualisé idéalement.

En effet, le niveau de risque optimal nous semblait se situer entre les deux fonds et nous avons donc opéré cette fusion.

Le niveau de risque a été maintenu par le fait que le fonds « Patrimoine » actuel présente un degré d’exposition actions maximum de 60%, ce qui est légèrement inférieur à la version antérieure du fonds. Le risque a donc plutôt été diminué en réalité.

 

Les terribles attentats qui ont frappés Paris en 2015 ont-ils impactés certaines valeurs européennes qui composent 40% de votre portefeuille et si oui lesquelles ?

Les attentats n’ont pas eu, me semble-t-il, de répercussion immédiate et sensible sur les actifs du fonds. Cependant, si la confiance économique se trouvait affectée à long terme par le terrorisme, la croissance potentielle de la zone européenne serait revue à la baisse, ce qui serait mauvais pour la rentabilité et le risque futurs sur les marchés.

Dans ce cas, l’allocation du fonds serait bien entendu revue, c’est la force d’un fonds flexible.

 

Que pensez-vous de la finance comportementale ?

Les études de finance comportementale permettent deux choses d’un point de vue pratique :

-   Mieux comprendre les mouvements de marché (le suivisme et le prix des couvertures notamment)

-  Mieux se comprendre soi-même (et son équipe) dans ses réactions face au marché, donc (idéalement) d’agir de façon plus lucide et contrôlée. Donc moins stressée, plus efficace et plus durable.

 

Quelles sont vos attentes et vos craintes sur le marché pour le premier trimestre 2016 ?

Une grande prudence est de mise. La Chine n’a probablement pas fini d’inquiéter par son ralentissement. En conséquence, les émergents souffrent dans leur ensemble. Les Etats-Unis se trouvent dans une phase avancée du cycle, où les perspectives d’atterrissage de l’économie commencent à être plus élevées que les perspectives de nouvelle amélioration.

Seule l’Europe nous semble pour l’instant dans une posture encore relativement prometteuse. Mais si la situation mondiale se dégradait franchement, elle ne pourrait pas rester indemne.

Dans le même temps, les prix du pétrole très bas, l’inflation basse mais positive, le soutien des banques centrales continuent à porter les économies, notamment européennes. Il y a donc aussi des facteurs de soutien importants.

Donc les portefeuilles restent exposés au risque, mais avec une prudence croissante, en attendant d’en savoir davantage sur l’ampleur des ralentissements chinois et américains.

www.stamina-am.com

Propos recueillis par Chris Rhand – OPCVM360

 

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