Sphère financière et économie réelle : vers un rapprochement ?

18/11/2013 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Sphère financière et économie réelle : vers un rapprochement ?

 

L’élément passé un peu inaperçu cette semaine est la hausse du Nikkei qui progresse de +7,66% (accessoirement ceci nous intéresse puisque ce sont les premières lignes actions de nos deux fonds flexibles Hixance Flexible International et Hixance Exclusive Partners). Ceci s’explique en partie par les effets positifs de la baisse du Yen sur les entreprises et sur les attentes des mesures économiques prises par le nouveau Premier Ministre, Monsieur Abe. Les mouvements ont été plus modérés sur les places européennes et américaines avec une hausse de l’EuroStoxx de 0,65% et du Dow Jones de +1,27%. Ces progressions favorables sont aussi à mettre à l’actif de la réaffirmation des banques centrales de leur rôle de soutien à savoir que les liquidités seront toujours là tant que les économies ne seront pas suffisamment robustes et tant que le chômage restera à un niveau élevé. La confiance est de retour alors que les fondamentaux économiques restent assez faibles, la chute pourrait donc être encore plus forte lorsque les politiques des banques centrales seront moins expansionnistes.

 

Risque et rendement : un couple en voie de séparation ?

 

Ce nouveau consensus favorable s’explique par une normalisation du risque propice à un retour des investisseurs vers des actifs risqués, d’ailleurs cette année aura profité à la plupart de des classes actions, obligations et même immobilier, malgré un contexte de croissance économique assez modérée. Les perspectives économiques se sont néanmoins amélioré dans les pays développés depuis quelques mois et les publications du PIB du troisième trimestre confirment cette tendance avec quelques différences par zones (plus favorable aux Etats-Unis qu’en Europe). En Europe, on risque de s’installer dans un état permanent de stress social et politique. Ainsi la question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les marchés financiers peuvent continuer à croître simplement sur cette réappréciation du risque. C’est précisément la limite de l’exercice actuel car nous pensons qu’aujourd’hui le risque est à son prix, donc fondamentalement, les investissements en actions ne sont plus véritablement attractifs d’autant que la valorisation liée à la croissance future n’est plus très intéressante. Enfin dans cette analyse, la vague ascendante des pays émergents est probablement terminée, ce fut un effet de mode jusque dans les années 2010.

 

Les raisons d’une baisse probable

 

Eu égard aux performances plutôt intéressantes réalisées par bon nombre d’investisseurs à l’approche de la fin de l’année, une envie de sauvegarder les profits engrangés peut constituer une stratégie assez normale « mieux vaut tenir que courir ». On pourrait alors retrouver un nouveau point d’entrée intéressant en février car 2014 pourrait, sous certaines conditions, êre encore une bonne année. La sortie de récession de la zone euro s’explique en effet par les éléments suivants : une désinflation qui redonne du pouvoir d’achat aux ménages et un peu moins de contraintes sur les politiques budgétaires. Mais l’absence de redémarrage de l’investissement rend la reprise de la zone euro très fragile. On citera aussi dans les points négatifs : la visibilité du secteur bancaire reste faible en termes d’activités et les contraintes réglementaires pèsent sur les conditions de crédit dans les pays périphériques. Dans ce contexte, le désendettement des Etats reste très lent et la perspective de remontée des taux courts bloque aussi les initiatives en matière d’investissement. Si on pensait que le retour de l’inflation pouvait effacer quelques dettes, on voit que c’est plutôt l’effet inverse qui se produit. Enfin, comme évoqué déjà, le niveau du taux de chômage envenime la situation sociale, compliquant la tâche des gouvernements, le cas français en étant une parfaite illustration. Ainsi on a un peu le sentiment que la confiance est revenue un peu trop rapidement sur certains marchés financiers sans être en phase avec l’économie réelle. C’est ce nécessaire ajustement que l’on va payer au cours des prochains jours.

 

Quelle stratégie adopter ?

 

Le contexte décrit précédemment nous conduit à poursuivre la logique stratégique très défensive mise en place puisque les acquis de performance doivent être aujourd’hui défendus. Les portefeuilles internationaux continuent à investir sur des valeurs américaines pour jouer la reprise du dollar. Du coté obligataire, nous recherchons toujours des papiers assez courts en maturité pour éviter les effets négatifs de l’anticipation de la hausse des taux.

 

Lettre hebdomadaire Hixance n° 75, lundi 18 novembre 2013

Rédigé par Jean-Noel Vieille

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