Sommes nous dans la période qui précède la tempête ?

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

10/02/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Sommes nous dans la période qui précède la tempête ?

Quatre questions qui vont influencer l’évolution des marchés

En dépit de fortes dissensions entre la Grèce et l’Europe, d’une situation en Ukraine qui s’apparente aux tensions de l’été dernier, les marchés ont retrouvé la semaine dernière le chemin de la hausse. Ainsi, l’Eurostoxx 50 a crû de 1,39%, le CAC de +1,88% alors que les marchés américains ont réagi encore plus positivement, le Dow Jones étant en hausse de +3,84% et le Nasdaq de +2,35%. En dépassant ainsi en Europe des plus hauts depuis quelques années on est en droit de revenir sur la question de l’irrationalité des marchés. Nous allons ci-après questionner quelques points pour démontrer que les marchés financiers ne sont pas dans une évolution normative classique et c’est selon nous ce qui explique sa forte volatilité et une part aussi de sa dangerosité à moyen terme. Comme le rappelle le chercheur André Orlean, nous sommes d’un point de vue théorique dans « une incertitude radicale », avec une impossibilité de déterminer une « bonne estimation » de la valeur intrinsèque d’un actif. Nous ne savons pas, comme le disait Keynes. L’investissement est donc de l’ordre du pari, d’où la difficulté à intervenir sur les marchés financiers tellement les incertitudes et les déterminants sont nombreux et difficiles à prévoir. 

Pourquoi continuer à acheter des dettes publiques des « pays cœur » ?

Cette question est inquiétante, nombre d’investisseurs continuent à acheter de la dette allemande et française avec des rendements quasi nuls, voire négatifs sur des échéances les plus courtes. Cela signifie qu’un investisseur préfère perdre de l’argent de façon certaine en prêtant à l’Allemagne et à la France en taux négatif plutôt que d’investir sur des actifs plus risqués (actions, dettes d’entreprises, …). Une partie de la réponse tient aux contraintes réglementaires des institutionnels avec les nouvelles règles de solvabilité mises en place. 

Le QE européen va-t-il relancer l’inflation ?

C’est une des critiques principales faites au QE européen. L’idée est qu’il peut y avoir un effet de richesse lié à la hausse des prix des actifs qui stimule la demande de biens et services (c’est ce qui s’est produit aux Etats-Unis). Il pourrait y avoir un effet lié à l’inflation importée dans la mesure où les investisseurs qui vont vendre des obligations souveraines à la BCE peuvent aller acheter des actifs étrangers, d’où sortie de capitaux et baisse de l’euro, mais est-ce vraiment une aussi bonne nouvelle ? Tant que les salaires n’augmenteront pas, nous aurons toujours un problème de déflation surtout dans un contexte de poursuite de la baisse des matières premières.

Pourquoi le prix du pétrole et des métaux non précieux baissent ?

Depuis 2010, les prix du pétrole et des métaux non précieux baissent pour au moins trois causes assez structurelles, la baisse de la croissance mondiale (ou le ralentissement surtout chinois), la réduction pour des raisons de meilleure efficacité et aussi d’écologie de la consommation de ces matières premières pour une même demande et enfin l’économie mondiale change de structure avec un poids plus faible de l’industrie. Ce mouvement baissier a des répercussions fortes sur le marché des actions. Aux Etats-Unis, les investisseurs s’inquiètent de l’effet de la baisse du prix du pétrole sur le secteur de l’énergie et sur l’investissement des entreprises dans ces secteurs. Il y a alors une sur-réaction de cet effet car d’un autre côté ce continent importe du pétrole donc le consommateur profite de cette baisse. En Europe, les investisseurs anticipent une inflation négative et un risque de déflation alors que la baisse du prix du pétrole stimule la demande et n’entraîne pas forcément de déflation (baisse des prix due à une chute de la demande). Donc une fois corrigées ces analyses négatives, nous pourrions assister à une reprise de la hausse des actions.

Pourquoi croire à la hausse des actions européennes en 2015 ?

2014 a été l’année des actions américaines : croissance forte, perspective d’appréciation du dollar qui a attiré les investisseurs, niveau élevé des profits des entreprises. 2015 devrait être l’année des actions européennes sachant qu’une bonne partie du chemin vient d’être fait. On devrait assister à une progression des résultats des entreprises (effet de la baisse du pétrole, dépréciation de l’euro, taux d’intérêt très bas, possible allègement des programmes d’austérité et effet positif du QE européen).

Retour à la prudence

Sommes nous dans la période qui précède la tempête ? Il est difficile d’affirmer clairement ceci mais la rapidité de la hausse nous laisse un peu perplexe même si la plupart de nos fonds ont bénéficié de cette progression. Les risques demeurent nombreux à court terme (escalade en Ukraine, défaut possible de la Grèce, effet positif du QE à moyen terme, …). Nous avons ainsi continué à abaissé nos expositions afin de protéger nos performances.

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