Sirtaki ou cirque tout court ?

L’e -conoclaste Actis hebdo - le 11 avril 2016

11/04/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Sirtaki ou cirque tout court ?

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Quand on ne sait pas vers quel port on navigue, aucun vent n’est le bon » - Proverbe danois.

 

 

 

 

L'ACTU EN CHIFFRES

1 000 Milliards : est le montant estimé en euros du manque à gagner par an dans l’UE suite à l’évasion fiscale. En France, les pertes de recettes fiscales dues à ce phénomène représenteraient 6,7% du PIB soit le double de notre déficit budgétaire. Dit autrement, sans la fraude, on serait à l’équilibre et on paierait moins d’impôts…

22 Milliards : est le montant en dollars des bénéfices dégagés en 2015 par les 4 majors du secteur aérien (AA, United, Delta, Southwest) qui profitent à plein de la chute du prix du pétrole et de la consolidation du secteur. 58 milliards de dollars était la perte cumulée de 2000 à 2009 des compagnies américaines.

150 000 : est le nombre de français clandestins vivant aux Etats-Unis, American Dream oblige soit plus que le nombre officiel d’expatriés français (136 000).

1 012 : est le nombre de brevets déposés en 2015 par PSA qui est en pole position du palmarès Inpi depuis plusieurs années loin devant Safran (769).

 

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

 

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

 

Sirtaki ou cirque tout court ?

Quand on reparle de la Grèce, et pas pour y passer des vacances, c’est au sujet de l’échéance de remboursement de 3,5 Milliards d’euros en juillet qui arrive à grands pas, et qui provoque déjà quelques crispations dans les rangs.

La facture, pas énorme en absolu, peut être le prochain grain de sable de la belle mécanique européenne.

Nul doute, que d’ici là et notamment lors du prochain FMI mi-avril, un remake des meilleurs moments des tergiversations passées ait lieu entre les européens, Christine Lagarde et Alexis Tsipras.

En clair et sans décodeur, pour ne pas faire défaut et pouvoir prétendre aux 5 milliards d’aide, il faudra qu’Athènes apporte des garanties sur des réformes  à venir du régime de retraites, de la fiscalité des particuliers et une solution concernant le futur des créances douteuses  estimées à 40% des encours des banques locales à travers une structure de defeasance par exemple à l’image de ce qui a été opéré dans de nombreux autres pays latins.

Le FMI semble peu disposé en la matière à coopérer, selon les propres propos de notre Christine nationale, compte tenu de la distance restant à parcourir pour les grecs, pas inventeurs du marathon pour rien.

Entre européens, Tsipras ne manquera pas de faire vibrer la corde sensible des réfugiés syriens sur son sol pour obtenir du temps et d’autres concessions financières et ce, bien qu’une partie de la gestion des flux migratoires ait été transféré « provisoirement » aux turcs.

 

Pot-au-noir quand tu nous tiens…

Vous savez cette zone tant redoutée des marins où convergent des masses d’air chaudes et humides et provoquant de brusques bourrasques ou orages suivis de périodes de calme et où il faut constamment adapter l’allure, le cap et la voilure pour ne pas sombrer.

Toujours et encore, le baril influence les cours de bourse dans l’attente d’autres catalyseurs tels les trimestriels dans 10 jours (T1 2016), la réunion de l’OPEP à Doha, et celle du FMI.  

Les cours du brut ont baissé de près de 10% en une semaine entrainant dans son sillage les marchés européens en tête  (de la baisse) à -5%.

En amont de Doha, un accord parait mal engagé compte tenu des dernières déclarations saoudiennes qui, comme un fait exprès, conditionnent ledit accord à un engagement de l’Iran à geler sa production. Or naturellement, depuis la levée de l’embargo, l’Iran en quête des devises n’a aucunement envie de voir disparaitre si rapidement cette opportunité historique.

On notera également que la Russie, partie à l’accord, a atteint un pic de production de 30 ans à plus de 10 millions de barils/jour, pour anticiper un gel ensuite diront les mauvaises langues mais aussi car la situation budgétaire du pays laisse peu d’alternatives.

Un maintien bas des cours de l’or noir, qui est notre scénario privilégié, contribue à l’amélioration des économies consommatrices mais contrecarre l’espoir de remontée de l’inflation, nécessaire préalable à la fin des politiques accommodantes dans tous les pays développés.

 

Coté devises, on notera les mises en garde de la Banque du Japon et de la Banque de Suisse qui commencent sérieusement à s’inquiéter de la progression de leur devises au plus haut depuis plus d’un an respectivement contre dollar et euro et qui sont l’arme aux pieds prêtes à agir pour défendre la compétitivité de leurs exportateurs. Alors prévenus ou pas ?

 

Une analyse intéressante du FMI attribue au pouvoir de contagion des marchés émergents sur nos marchés développés un tiers des mouvements de prix observés sur les marchés actions et les marchés de taux de change des pays développés. Ne me demandez pas comment ils ont réussi ce tel tour de force, mais manifestement le logiciel employé est plus robuste que celui utilisé autrefois pour prévoir la crise des subprimes et celle de la Grèce en Europe. Même au FMI, la transpiration attaque…

 

Enième psychodrame dans le secteur des telcos repoussant à la Saint-Glinglin la concentration en France :

Après l’échec de Patrick Drahi (SFR-Numéricâble) sur Bouygues l’an passé, Bouygues récidive avec Orange en vain. On ne s’étendra pas sur les raisons de cet échec tant elles ont été reprises dans les grandes largeurs ces derniers jours, mais en résumé il s’agit comme toujours d’une histoire d’argent et de gouvernance mêlant égos, interventions contre-productives de la part de politiques et des concurrents.

Bouygues, contrairement aux 3 autres opérateurs qui ont redressé les comptes, ne parvient pas à se sortir de l’impasse financière avec une perte de 59 millions d’euros l’an dernier et aura à redéfinir une stratégie cohérente compte tenu de ces tentatives avortées.

 

Halliburton-Baker Hughes game over, Pfizer-Allergan game over!!! La maison blanche bloque pour des raisons concurrentielles le premier montage à 35 milliards de dollars et le second à 160 milliards pour des raisons fiscales, Pfizer étant tenté à son tour par la « tax inversion » en Irlande. C’est Clairement la douche froide outre-Atlantique pour les méga-fusions, la maison blanche souhaitant mettre un frein au vaste mouvement de concentration qui sévit pour un tiers des activités aux Etats-Unis provoquant souvent des hausses de tarifs au détriment donc des consommateurs et naturellement empêcher les exils fiscaux pour d’autres (20 depuis 2014, soit quasiment une chaque mois). Pour Obama, plutôt zen au demeurant, ça commence par suffire à bien faire.

 

Idem, on ne s’étendra pas trop non plus sur le sujet des Panama papers compte tenu des relais nombreux dans la presse, le selfie de la semaine le résumant suffisamment. On soulignera simplement que l’assurance avec laquelle notre ancien président avait promis la fin des paradis fiscaux et sorti de la liste noire le Panama était bien hardie (voir nombreuses vidéos de 2009 « il n’y a plus de paradis fiscaux... »), tout comme celle de notre président actuel qui en 2012 avait déclaré qu’ « aucune banque française ne pourra plus avoir d’activité dans les paradis fiscaux » #FH2012. Fin programmée ou espérée à laquelle il est difficile de croire tant ces édens de l’opacité participent à la bonne conclusion des accords commerciaux dans de nombreuses régions du monde ou plus honnête permettent de sceller de complexes partenariats internationaux.

La frontière est parfois ténue entre optimisation fiscale et fraude. Toujours est-il que les politiques, notamment, n’ont toujours pas appris à se méfier de l’infaillible mémoire internet avec laquelle il est devenu impossible de ne pas être ridicule à certains moments.

 

 

LE POINT TECHNIQUE

Sans épiloguer sur la progression du chômage en France en global et ses raisons structurelles, on constatera la chose suivante :

Depuis 2008 (début de la crise), le chômage a bien plus progressé (+4 points) chez les hommes que chez les femmes (+2,3 points), si bien que depuis 2012, pour la première fois, le taux de chômage des hommes a dépassé celui des femmes et que l'écart ne cesse de se creuser depuis.

L’explication principale réside dans la crise de l’industrie et du bâtiment, secteur en majorité masculin et la montée en puissance de la précarisation du travail plus féminisé par nature. Un concept de la parité, exception culturelle oblige !

 

 

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