Russie : les souvenirs traumatiques de 1998 refont surface

L'analyse de Dorval Finance

10/02/2015 - Publié par DORVAL ASSET MANAGEMENT dans Marché Autre

Russie : les souvenirs traumatiques de 1998 refont surface

Généralement, les crises dans les pays émergents arrivent lorsqu’un choc extérieur vient frapper une économie avec des fondamentaux fragiles. La Russie subit un double choc extérieur : un arrêt des financements extérieurs liés aux sanctions américaines et européennes et une division par deux des prix du pétrole. Tout cela arrive à un moment où l’économie russe est en surchauffe avec une inflation en accélération et une économie plus dépendante que jamais du secteur énergétique.

Les souvenirs traumatiques de la crise de 1998 refont naturellement surface. Pourtant, la situation est bien différente sur plusieurs fronts.

  • Tout d’abord, après plus de dix ans de super-cycle des matières premières, les réserves de change sont pléthores (400 Md$ fin 2014). La dette souveraine en dollar est réduite (40Md$) et les banques sont créditrices nettes en devise. Le seul point de tension concerne les entreprises non financières mais la dette en dollar est largement concentrée chez les exportateurs de matière première qui vendent leur production en dollar sur les marchés internationaux. Des incidents de paiements ici où là sont probables mais un problème systémique est quant à lui moins probable.

  • Deuxièmement, le taux de change du rouble n’est plus fixe. La dépréciation de 45% du rouble contre un panier euro et dollar participe à l’ajustement de l’économie en accompagnant la réduction des importations, en protégeant les recettes pétrolières de l’Etat en rouble et en préservant la liquidité domestique. Pour autant, la Banque Centrale Russe a été contrainte de monter violemment ses taux directeurs afin de stabiliser un tant soit peu les anticipations de dépréciation du rouble.

    L’économie Russe est sans doute déjà en récession avec des prévisions de baisse cumulée du PIB entre -4% et -6% sur les prochains trimestres. A sanctions et niveau du pétrole inchangés, la Russie peut éviter le défaut de paiement (la volonté est une autre question) pendant plusieurs années.

    Par ailleurs, le taux d’approbation de Vladimir Poutine est au plus haut. La population russe, qui en a connu d’autre, semble prête à endurer les années de vaches maigres qui s’annoncent.

        

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