Ruée vers l'or...

L’e -conoclaste Actis hebdo - le 4 avril 2016

05/04/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Ruée vers l'or...

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Aucun cadeau n’a plus de valeur qu’un sage conseil » - Erasme (1467?-1536), Philosophe, humaniste et théologien néerlandais

 

 

 

L'ACTU EN CHIFFRES

2 milliards : est le nombre de voyageurs qui empruntent une gare SNCF en France.

3 millions : est le coût annuel en dollars d’un détenu à Guantanamo.

15 000 : est en tonnes la quantité de chocolat englouties à pâques en France soit 340 semi-remorques de 20 m ou 6,8 kms de camions nez à c…ou plutôt cabine à remorque. La digestion devient tout à coup plus difficile...

98 : est le nombre de minutes nécessaires à la création d’un nouveau mot anglais soit 5863 mots chaque année.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Ruée vers l’or…

 

On notera la bonne tenue de la relique barbare en ce début d’année, actif bien décorrélant des marchés, avec une performance de 16% pour les 31 grammes, une hausse à rapprocher des premiers trimestres des années 2008, 2012 et 2014 sans autre considération que la passion de la numérologie.

Plus sérieusement, cela arrive parfois aussi, les raisons de la performance à 2 chiffres de l’or en ce début d’année sont ailleurs ou plutôt ici :

-        la faiblesse relative du dollar ;

-        la production de métal jaune doit baisser en moyenne de 10% d’ici 2020 compte tenu du sous-investissement chronique des aurifères dans le secteur ces dernières années en raison d’autres priorités (similaire à ce qu’il se passera pour le pétrole sauf si d’ici là tout le monde roule en Zoé ou en Tesla pour les plus fortunés ou les plus rapides). Cela ne signifie pas pour autant que le cours de l’or va monter jusqu’en 2020. Les projections sur le marché vont rarement au-delà de quelques jours pour les plus éclairés, comme vous avez pu le constater;

-        la conjoncture de taux nuls un peu partout dans le monde qui coûte en portage pur (à l’exclusion naturellement de l’effet prix qui peut sous l’effet QE européen perdurer) et qui, même si l’or ne rapporte rien, a la préférence sur d’autres actifs dits « sûrs » telles les obligations justement (notion toute relative compte tenu du faible matelas évident si le moindre aléas économique ou financier survenait, hautement improbable bien sûr). Bref, rien c’est toujours mieux que moins que rien...Raymond Devos disait si bien que trois fois rien c‘est déjà quelque chose, de quoi se replonger dans les archives de l’INA pour les plus jeunes d’entre nous.

 

Côté banques centrales, Janet Yellen, la patronne de la Fed,  continue à entretenir le doute sur ses intentions concernant le timing de remontée des taux pour 2016. Un discours savamment entretenu en vissant sur la tête cette fois ci la casquette du gentil flic, dans le but d’une part de s’affranchir de la tyrannie des marchés et d’autre part, de patienter en espérant constater une réelle remontée de l’inflation (par les salaires et la fin de l’effet dépressif des prix des matières premières notamment), seul remède politiquement acceptable et réellement efficace en vue d’obtenir un poids de la dette un peu plus supportable pour nous et les générations futures.

Poids de la dette publique/ PIB  qui, rappelons-le, oscille entre 70% et plus de 100% dans nos économies développées, sans jamais de véritables améliorations avec un curseur déplacé plus souvent à la hausse. C’est, souvenez nous, la conséquence d’un sauvetage en règle depuis 2008 sans qui nous serions tous revenus à l’Age de Pierre vêtus de peaux de bêtes.

 

Pour finir sur le potentiel de baisse de l’endettement public, peu de choses à attendre du côté de la croissance mondiale avec un rythme attendu autour des 3%, proche de ceux de 2015, sans accélération majeure en provenance des émergents, et avec une zone euro au plus fort de sa forme avec un arraché à 1% et les Etats-Unis à un correct 2%.

 

Dans la série des zombies qui réapprennent à marcher en titubant, après l’or on citera les pays émergents, phénomène trop rare pour ne pas l’évoquer.

En effet, les flux d’investissement de capitaux ont repris le chemin des marchés émergents en ce début d’année avec une sévère accélération en mars, qui enregistre un 36,8 milliards de dollars (surtout à destination de l’Asie), soit le plus haut niveau depuis près de deux ans. Ces flux sont sensiblement supérieurs à la moyenne de la période 2010-2014 établis à 22 milliards de dollars. Ce mouvement reste conditionné par la politique monétaire américaine et son relèvement des taux d’intérêt.

 

Fighting spirit irlandais sur le primaire !  Cette semaine avec l’émission à 100 ans à un taux de 2,35%, on voit la consécration de l’Irlande qui est le premier souverain européen à émettre

 

aussi long avec une échéance 2116, deux ans seulement après être sorti du programme d’aide européen et avoir effectué son retour sur le marché de la dette souveraine. Ce pays rejoint ainsi l’autre seul Etat à l’avoir fait,  le Mexique mais aussi certains émetteurs privés (ou semi) tels EDF, Engie et Rabobank.

Pour mémoire, le phénix celte avait émis à 10 ans au plus fort de la crise en 2011 à 14,2%. Ce succès est à mettre au compte de la confiance que les investisseurs ont dans la capacité du petit dragon européen à maintenir un rythme de croissance élevé qui s’est affiché à 7,8% en 2015 et devrait atteindre encore les 4,7% en 2016.

 

L’autre merveilleuse nouvelle en provenance toujours du Royaume-Uni (et je ne parle pas là du Brexit ou du grand chelem aux 6 nations) est la décision rêvée par Olivier Besancenot…euh non, réellement appliquée par les anglais qui ont augmenté le SMIC de 7,5% très proche désormais du taux horaire français (mais moins chargé, restons pragmatique tout de même) et qui n’est qu’un début a annoncé David Cameron pour les prochaines années (+60% envisagés d’ici 2020) après une hausse qui depuis 5 ans tutoie les 40%...Pour rappel, le taux de chômage est de 5% du côté de la Tamise, force est de constater que les pays qui réussissent sur le plan économique à l’instar de l’Angleterre, comme l’Allemagne (chômage à 4,3%) semblent procéder tous de la même manière. Peu ou pas de SMIC au départ, puis grâce à la flexibilité du marché du travail, ces pays ont réussi à faire fondre le taux de chômage et seulement ensuite réfléchissent à redonner du pouvoir d’achat via l’instauration et l’augmentation du salaire minimum pour donner un second souffle à l’économie et pas l’inverse…Un retour en force donc du salaire minimum contre toute attente un peu partout dans le monde, même la Californie vise +50% d’ici 2022 un bon moyen de régulation de gestion des inégalités au bas mot, voire un ersatz de la solution évoquée par Draghi en réponse à un journaliste pourquoi ne pas distribuer de l’argent par hélicoptère…histoire de regonfler l’inflation et provoquer un élan débridé de la consommation. Là encore de nouvelles pistes, après l’épisode des taux négatifs, dont les conséquences sont difficiles à estimer sur le long terme. 

 

LE POINT TECHNIQUE

Depuis plus d’un an, nous assistons à un découplage aux Etats-Unis entre le nombre de chômeurs qui se réduit et les capacités industrielles qui augmentent :

Plusieurs possibilités :

-        un surinvestissement de la part des entreprises dans les capacités de production en prévision, d’une reprise plus forte ;

-        des chômeurs qui se substituent aux machines sur des emplois plus orientés services, ou moins automatisées (peu plausible);

-        des chiffres du (faible) chômage artificiellement « gonflés » par de nombreux chômeurs qui sont las de s’inscrire et ne sont plus représentés dans les statistiques ;

-        certains analystes tablent plutôt sur le ralentissement dans le secteur énergétique qui dès le 1er trimestre 2015 a pénalisé l’ensemble du secteur manufacturier et créer une offre excédentaire dans sa globalité.

 

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