Rien ne change au Jour de l'an

Par Jenny Rodgers - M&G Investment Management Ltd

13/01/2016 - Publié par M&G INVESTMENT MANAGEMENT LTD. dans Marché Allocations d'actifs

Rien ne change au Jour de l'an

Le début d’une nouvelle année civile semble induire d’assez curieux comportements chez certains – et il ne s’agit pas uniquement des résolutions classiques du Nouvel An, comme aller à la salle de sport ou réduire sa consommation d’alcool !

Ce qui est étrange, c’est ce désir récurrent d’établir des prévisions sur l’économie et les marchés financiers. On les retrouve partout – dans la presse, sur les sites Internet, dans les e-mails… Sans oublier les conférences, les « webinaires » et les déjeuners d’affaires.

 

Pourquoi les écoutons-nous ?

Ce n’est pas la première fois que nous écrivons sur le blog au sujet des problèmes relatifs aux prévisions. Comment faire pour ne pas avoir l’air de radoter : les êtres humains ne sont pas très doués pour prédire l’avenir, quel que soit le sujet – les marchés financiers, les événements politiques ou le temps qu’il va faire. Nous en sommes tous conscients, mais réglés comme une horloge, nous continuons de jouer le jeu chaque année en janvier.

2016 donne lieu à l’établissement d’une série de prévisions, notamment concernant les surprises que l’année pourrait réserver. Ces prévisions couvrent toutes les classes d’actifs, les économies et les événements mondiaux. Dans The Economist, Buttonwood suggère par exemple que les surprises pour 2016 pourraient notamment être le recul du dollar, la hausse des rendements obligataires, le Brexit, l’affaiblissement de la livre sterling et la surperformance des marchés émergents.

 

A quel point les prévisions de l’an dernier se sont-elles révélées exactes ?

Il y a un an, les investisseurs anticipaient (entre autres choses) une hausse des marchés d’actions et des rendements obligataires, une probabilité de 50 % de voir la Grèce contrainte d’abandonner l’euro (sujet abordé par Stuart sur le blog en mai 2015) et un parlement sans majorité à l’issue des élections générales britanniques. Verdict ? La Grèce est restée dans la zone euro et le parti conservateur a remporté les élections au Royaume-Uni. Le graphique ci-dessous présente les performances des marchés d’actions.

Nombre de marchés d’actions ont commencé l’année de façon satisfaisante, pour évoluer ensuite de façon hésitante jusqu’à l’été, avant de rebaisser à partir d’août. Les actions allemandes et italiennes illustrent parfaitement ce parcours. Ainsi, les baissiers et les haussiers ont matière à prétendre qu’ils ont vu juste pour une période de l’année ! Nous avons souvent tendance à réinventer l’histoire pour nous réconforter. Cela s’appelle un biais rétrospectif – qui explique en partie pourquoi les êtres humains arrivent rarement à tirer des leçons de leurs erreurs.

S’agissant de l’univers obligataire, le résultat a été tout aussi contrasté. Le relèvement des taux par la Réserve fédérale américaine (Fed) devait être l’événement majeur de 2015, mais si certains taux ont été nettement relevés (comme au Brésil), d’autres n’ont pratiquement pas bougé. Bon nombre de ces travaux de prévision apparaissent alors comme autant de temps gaspillé.

 

Sommes-nous condamnés à réitérer nos erreurs ? Peut-être pas…

Glenn Stevens, gouverneur de la Banque de réserve australienne, s’est exprimé au sujet des prévisions lors d’une récente allocution qu’il a conclue en déclarant : « La nature humaine ne changera pas. Ainsi, en tant qu’êtres humains, nous serons irrésistiblement attirés vers ceux qui prétendent être capables de prévoir l’avenir et de battre le marché, et qui nous donnent une illusion de certitude et de contrôle. »

Il n’est toutefois peut-être pas nécessaire d’être aussi pessimiste. Nous travaillions à des approches novatrices pour rendre nos prévisions plus judicieuses.

 

Lueur d’espoir

Philip Tetlock, connu pour avoir déclaré que « l’expert moyen était globalement aussi précis qu’un chimpanzé lanceur de fléchettes », considère désormais qu’il est possible d’établir des prévisions efficaces.

Dans son nouvel ouvrage, il explique que certains sont dotés d’un talent de prévisionniste supérieur à la moyenne – ceux qu’il qualifie de « super-prévisionnistes ». Sa conclusion est encore plus encourageante, indiquant que des « super-équipes » sont plus efficaces que des individus. Les super-équipes se soutiennent et rivalisent mutuellement, ce qui permet d’éviter le risque de pensée unique.

L’important est notre capacité à apprendre de nos erreurs et à éviter la tentation affective de réécrire l’histoire. Les super-prévisionnistes sont capables de le faire naturellement et pour les autres, les super-équipes peuvent fournir des commentaires objectifs sur le degré réel d’exactitude de nos prévisions. Tim Harford résume extrêmement bien les enseignements que nous pouvons tirer (vidéo uniquement disponible en anglais) :

Visualisez la vidéo en anglais

Ainsi, nous pouvons tous prendre des mesures pour améliorer nos processus décisionnels. Selon Tim Harford, il s’agit d’un exercice difficile et sans aucun doute moins amusant que celui d’établir les prévisions elles-mêmes. Mais, c’est une résolution du Nouvel An qu’il vaut certainement la peine de prendre.

 

Jenny Rodgers a rejoint PPM (aujourd'hui M&G) en 1994 en tant qu'analyste en charge des marchés actions européens et gérante de portefeuille pour des clients extérieurs. Elle occupe son poste actuel de membre de l’équipe Gestion Diversifiée depuis 1999. En janvier 2011, elle a été promue co-gérante du fonds M&G Episode Growth Fund. Jenny Rodgers est titulaire d'une licence (BA) avec mention en économie de l'Université d'Exeter et de la qualification CFA.

 

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Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
M&G DYNAMIC ALLOCATION FUND M&G INVESTMENT MANAGEMENT LTD. Juan NEVADO / Tony FINDING Mixtes Mondial Flexible 3 079.95 M€ 6.78 % 4.90 %
M&G PRUDENT ALLOCATION FUND M&G INVESTMENT MANAGEMENT LTD. Juan NEVADO / Craig MORAN Mixtes Mondial Défensif 136.17 M€ 7.29 % 5.88 %

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