RETOUR DE LA VOLATILITÉ : QUEL IMPACT SUR LES MARCHÉS ÉMERGENTS ?

Y 'a t'il lieu de s'inquiéter sur les marchés de dette des pays émergents?

25/03/2014 - Publié par BNY MELLON ASSET MANAGEMENT dans Marché Obligataire

RETOUR DE LA VOLATILITÉ : QUEL IMPACT SUR LES MARCHÉS ÉMERGENTS ?

Depuis quelques semaines, le retour de la volatilité affecte la dette et les devises émergentes. Quel est l’impact de la politique monétaire de la FED (tapering) ? Quels sont les facteurs de soutien pour les économies émergentes ? Doit-on s’inquiéter de la sous-performance de la Chine ? Retour sur les facteurs qui nourrissent ce regain de volatilité et analyse de l’impact, contrasté, sur les différents marchés émergents.

Ces dernières semaines, la volatilité est revenue sur les marchés de la dette et des devises émergentes, en raison de l’impact des tendances plus globales et de  certaines difficultés propres aux pays. Le retrait progressif du programme d’assouplissement quantitatif aux États-Unis rend l’environnement moins favorable aux actifs financiers des marchés émergents. En outre, le rééquilibrage en cours de l’économie chinoise a contribué à lever le voile sur les risques financiers qui pèsent sur le pays et à réduire la demande de matières premières. Les troubles politiques et  économiques qui touchent plusieurs pays, notamment l’Argentine, la Turquie et l’Ukraine, font craindre aux investisseurs une potentielle contagion.

D’une manière générale, les marchés émergents conservent une grande flexibilité politique et affichent des niveaux d’endettement moins élevés que les pays développés. Cependant, il est clair que les pays émergents dont les fondamentaux économiques sont les moins robustes, et par conséquent, ceux qui sont les plus dépendants des niveaux de liquidité à travers le monde, seront confrontés à des difficultés notables au cours des prochains mois. En effet, les investisseurs devraient exiger des primes de plus en plus élevées en contrepartie de la détention de tels actifs.

Les turbulences observées sur les marchés ont rendu la dette émergente libellée en USD et en devise locale plus attrayante. Toutefois, il est essentiel d’opérer une réelle différenciation entre les actifs obligataires, dans la mesure où les pays émergents ne sont pas tous affectés de la même manière par l’évolution actuelle. La classe d’actifs continue de subir des flux de sortie et la volatilité devrait perdurer encore un certain temps.

 

1 ) Les taux américains devraient continuer de progresser mais à un rythme moins soutenu

Les conditions monétaires aux États-Unis restent un facteur clé du sentiment de marché, malgré la déclaration accommodante de la Réserve fédérale américaine (Fed) à l’occasion du lancement du retrait de sa politique monétaire qui devrait être déployé de manière progressive. Le revirement de la politique monétaire américaine a déclenché un repositionnement chez les investisseurs qui a pénalisé les marchés émergents. En effet, la perspective d’une remontée des taux d’intérêt aux États-Unis a incité les investisseurs à exiger des primes de risque supérieures sur les actifs émergents.

 

2) L’amélioration de la croissance au sein du monde développé profite aux pays émergents

La hausse des taux aux États-Unis traduit une amélioration des perspectives de croissance. Les récentes statistiques publiées aux États-Unis confirment le raffermissement de la demande privée, une tendance de bon augure pour la croissance au premier semestre 2014. D’après les derniers chiffres, les dépenses de consommation ressortent à 2,5%, tandis que les nouvelles commandes de biens d’équipement (hors secteur de la défense) laissent présager d’une reprise de 6% à 8% des dépenses d’investissement des entreprises. Cette tendance devrait se poursuivre durant le premier semestre 2014, dans la mesure où l’amélioration du marché du travail et la croissance des salaires devraient profiter aux ménages américains. Les statistiques économiques en provenance des autres pays développés montrent également des signes d’amélioration. La reprise de la croissance à travers le monde émergent laisse présager d’une hausse des exportations des marchés émergents et devrait soutenir la croissance et la qualité de crédit des pays de la région. À court terme, la hausse des flux commerciaux devrait se traduire par une amélioration des balances courantes de nombreux pays exportateurs, la demande externe progressant plus rapidement que la demande interne. À plus long terme, le raffermissement de la croissance aux États-Unis et ailleurs dans le monde développé devrait stimuler l’investissement direct étranger (IDE) à destination des pays développés.

 

3) La Chine reste sur le chemin de la croissance et dispose des munitions nécessaires pour lutter en interne contre les risques financiers

L’économie chinoise continue de croître à un rythme robuste de 7% par an, un niveau qui semble plus pérenne que ceux observés ces dernières années. Dans ce contexte, les acteurs de marché se sont inquiétés du risque de défaut au sein du secteur des trusts (titrisation de crédit), dont les instruments sont privilégiés par les investisseurs locaux en quête de rendements supérieurs à ceux offerts par le secteur bancaire. Un défaut très médiatisé à récemment pu être évité de justesse, tandis que la Banque Populaire de Chine a injecté des liquidités à court terme afin de contenir une remontée des taux courts. Nous continuons de penser que le gouvernement devrait  chercher à freiner la croissance de la dette en Chine et à réduire les risques financiers, toute en générant une croissance pérenne. Bien que le risque de défaut persiste sur les trusts, le poids global de la dette chinoise reste gérable et le pays dispose encore de la marge de manœuvre nécessaire pour prendre des mesures visant à freiner l’envolée de l’endettement. Les risques de défaut à court terme et le resserrement de la liquidité anticipé ont été intégrés dans nos prévisions de croissance de 7,2% pour la Chine. Bien que la baisse de la demande de matières premières de la part de la Chine pénalise les exportateurs de ressources naturelles au sein du monde émergent, la diminution des prix des matières premières devrait contribuer à réduire les coûts et contenir les pressions inflationnistes au sein des pays émergents exportateurs de biens manufacturés.

 

L’analyse de Standish, filiale de gestion de BNY MELLON INVESTMENT MANAGERS : le gérant Alexander Kozhemiakin reste légèrement sous-pondéré en termes de duration au sein de l’ensemble de ses portefeuilles. Au sein du segment de la dette libellée en USD, il identifie de la valeur sur les émissions quasi-souveraines et d’entreprises dans des pays affichant des fondamentaux robustes. Au sein de l’univers de la dette libellée en devise locale, il privilégie les taux en Amérique latine, au détriment d’une moindre exposition à la duration en Asie et au sein des pays d’Europe centrale et de l’est, du Moyen Orient et de l’Afrique.

 

 

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