Restée collée aux évolutions du cours de baril...

L’e -conoclaste Actis hebdo

08/02/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Restée collée aux évolutions du cours de baril...

LA CITATION DE LA SEMAINE

« L’esprit est tout le contraire de l’argent : moins on en a, plus on est satisfait » par Voltaire (1694-1778), Ecrivain et Philosophe.

 

L'ACTU EN CHIFFRES

5 500 Milliards de dollars : est la somme des obligations souveraines en territoire négatif au 31 janvier soit 20% du gisement mondial. Ce montant était de 3 000 MM USD un mois plus tôt.

2 Milliards de dollars : est l’économie de facture de carburants que pourrait réaliser Air France en 2016.

4957 $ : est le prix du ticket pour le match de Super Bowl 50 entre Denver Broncos et les Carolina Panthers, ce qui en fait l’évènement sportif le moins accessible de l’histoire.

983 : est le nombre de pièces de Lego achetées chaque seconde à travers le monde.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

La semaine des marchés est restée collée aux évolutions du cours de baril, toujours bipolaire. Celui-ci a évolué au gré des rumeurs sur de possibles accords entre l’OPEP, plutôt entre le maître du jeu l’Arabie Saoudite, et la Russie sur des réductions de quotas de production. Certes, pour les consommateurs occidentaux et industriels, cette baisse est bénéfique. Mais sur un plan plus général, les effets négatifs de cette faiblesse de l’or noir, et des matières premières plus largement, inquiètent relativement au pouvoir déstabilisant sur les grands équilibres mondiaux via :

1) la première courroie de transmission que sont les pays émergents notamment dont les finances publiques sont très dépendantes tels la Russie, Malaisie, Indonésie, Venezuela, Nigéria… ce dernier (première économie du continent africain devant l’Afrique du Sud) négocie actuellement auprès de la Banque mondiale un prêt de 3,5 MM$ pour financer un déficit record de 11MM$ sur ses prévisions budgétaires ;

2) Outre-Atlantique, la seconde courroie étant les répercussions sur l’économie et la finance de la grandissante difficulté financière rencontrée par les pétroliers de schiste. Depuis début janvier, on estime que, sur la base d’un baril à 30 $, ceux-ci perdent au total 2 MM$ par semaine.

L’exposition via les financements qui leur ont été accordés par les 6 principales banques US (JPM, BofA, Citigroup, Wells Fargo, Stanley et Goldman) s’élève à 85 MM$ fin 2015, et le nombre de crédits en péril totalise 34,2 MM$ selon la Fed et les régulateurs bancaires FDIC et OCC.

Cette incertitude sur les bilans bancaires explique en partie la chute de 15% de l’indice sectoriel à Wall Street, une des plus fortes baisses depuis février 2009, paroxysme de la crise financière (l’autre sujet de préoccupation pour les résultats à court terme restant la forte dégradation des activités BFI dans le secteur du trading commodities, taux et dérivés). Certes, ces crédits aux pétroliers de schistes représentent un poids « faible » (à vérifier toutefois, la source étant bancaire) dans l’encours des crédits totaux (les subprimes couvraient la moitié des crédits totaux en 2008 par comparaison), mais sont souvent adossés à des actifs de type plateformes pétrolières et puits, difficiles à vendre dans un tel contexte. Enfin, la crise du secteur commence à engendrer des licenciements de personnes ayant potentiellement contractées des crédits immobiliers, auto et crédits à la consommation d’où un effet déflationniste non négligeable sur l’ensemble.

Or, le spectre de LA déflation sur les économies occidentales pèse désormais sur les politiques monétaires avec les conséquences que l’on connaît.

A tel point que M. Fischer, n°2 de la Fed a déclaré, je cite, qu’ « il ne pouvait pas répondre aux questions sur les intentions de sa Banque Centrale pour la prochaine réunion de mars, ne sachant tout simplement pas ce qu’ils vont décider compte tenu de l’incertitude du monde et tout ce dont les banquiers centraux sont vraiment sûrs, c’est que ce qui arrive est souvent différent de ce à quoi l’on s’attend ». Clouage de bec en bonne et due forme et leçon d’humilité dont devraient s’inspirer certains analystes patentés.

Aussi, le marché extrapole déjà un revirement, machine arrière toute, de la Fed après le tout petit relèvement de taux (le premier depuis 10 ans). Rassurant, on sait vraiment où on va et le pilotage à vue a ceci de supérieur aux instruments: on voit mieux le mur !

Seul notre Draghi de ce côté de l’Atlantique, bombe le torse et assène régulièrement que « la BCE est disposée à faire sa part pour que la reprise reste fermement sur les rails ». Notre « helicopter man » à nous qui se vante de ne jamais avoir de limites !

On doit bien admettre que les résultats restent plus que mitigés, malgré les efforts déployés par les banques centrales ces derniers mois, en Europe et au Japon, pour souffler sur les braises de la croissance et conjurer les risques rampants de la déflation. Et enveloppent tous les investisseurs dans une béatitude et anesthésie générales.

 

En bref et sans transition :

Historique, le montant des liquidités mondiales s’élèvent à 20 000 MM$- trois fois plus qu’en 2008 et dix fois plus qu’en 2000- pour alimenter principalement l’immobilier (pas si mal, pour permettre l’accès à la propriété) mais aussi les dettes souveraines.

Notez qu’au 31 janvier, le stock d’obligations souveraines en territoire négatif cumule désormais à 5 500 MM$ contre 3 000 MM$ au 31 décembre (1700 MM$ en zone euro).

Rome et l’UE sont parvenus à un accord pour aider les banques italiennes à faire face à leurs créances douteuses, à hauteur de 200 MM€, plus haut niveau depuis 20 ans, en créant plusieurs entités séparées et gérées individuellement et non une unique « bad bank ». Cette épine dans le pied des banques est considérée comme un frein à la reprise économique en Italie, empêchant les banques de prêter aux entreprises et aux ménages.

En décembre, 108 MM$ puis 99,5 MM$ en janvier sont sortis de Chine, autrefois eldorado pour recycler ces disponibilités quasi-gratuites sur des actifs plus spéculatifs à fort rendement, presque huit fois plus que les entrées sur la période 2002-2012.

Important mouvement de correction sur la parité €/$ , suite à la publication de l’ISM des services inférieur aux attentes impliquant un changement de perception du rythme de remontée des taux de la Fed, et suite au rebond des prix du baril, le dollar passe de 1.08 à 1.115 amplifiés par des forts débouclage de positions spéculatives orientées, on le sait, très bullish dollar par le consensus.

Après Pirelli en mars dernier, ChemChina, entreprise publique, rachète Syngenta, le numéro un mondial suisse des semences et pesticides, pour 43 MM$, un record d’investissement à l’étranger. En dehors de toute paranoïa type José Bové « pesticide-Chine » (Monsanto mieux ? pas certain), on conçoit à travers cette acquisition, l’enjeu majeur pour l’Empire du Milieu de sécuriser l’agriculture et atteindre l’indépendance alimentaire.

Plus réjouissant est d’assister (Yoda sort de ce corps) au coude à coude de Google/Alphabet et Apple pour occuper la plus haute marche du podium de la capitalisation mondiale au-delà de 500 MM$ au gré des humeurs de marché, résultats et avancées technologiques de part et d’autre.

 

LE POINT TECHNIQUE

Quid de la rentabilité des entreprises ?

Comme nous vous l’avions indiqué la semaine dernière, l’ISM américain des services était une donnée attendue par le marché. En baisse, à 53,5 contre 55,1 de consensus et 55,3 en précédente lecture, l’indicateur traduit un ralentissement de l’expansion de l’activité, logique par principe de convergence avec l’ISM manufacturier.

Autre sujet d’importance, à l’aune des trimestriels en Europe et aux Etats-Unis, toutes les sociétés ou presque affichent pour 2015 des marges en baisse- en phase avec la tendance boursière- et sont très réservées sur la dynamique de ces dernières pour cette année.

Evolution à suivre car s’il s’agit d’un véritable retournement de cycle bénéficiaire, les résultats baissent en moyenne de 30% (comme les cours) sur une période de 2 ans selon les données historiques 1870-2015.

 

Source : Actis - Bloomberg

 

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