RAYMOND JAMES ASSET MANAGEMENT INTERNATIONAL : Comment utiliser le « SMART BETA » dans la gestion discrétionnaire ?

Entretien avec Damien Grulier, Responsable de l’analyse des risques OPC et de l’analyse quantitative.

08/12/2015 - Publié par OPCVM360 dans Marché Actions

RAYMOND JAMES ASSET MANAGEMENT INTERNATIONAL : Comment utiliser le « SMART BETA » dans la gestion discrétionnaire ?

Pouvez-vous me donner votre définition du  « Smart Beta » s’agit-il d’un positionnement à mi-chemin entre gestion active et passive ?

La gestion « smart beta » se positionne entre la gestion passive par son caractère systématique et ses faibles frais et la gestion active par son objectif de surperformance du marché. Pour autant, le « smart beta » ne crée pas de l’alpha mais ce qu’on appelle du « beta alternatif », c’est-à-dire qu’il va permettre à l’investisseur de s’exposer à des facteurs de risque différents du marché (le « beta » classique). Par exemple, dans la classe d’actifs Actions, de nombreux ETFs sont lancés régulièrement sur le marché pour investir les actions à faible volatilité, les actions de qualité, de croissance…tous ces concepts peuvent être rassemblés sous le même terme de « beta alternatif ».

Pouvez-vous définir votre concept ?

En étant le plus général possible, le « smart beta » représente l’ensemble des gestions systématiques qui vont investir un univers sans utiliser la capi-pondération. Par exemple, un ETF qui se contenterait de répliquer le CAC 40 en équipondérant tous ses composants pourrait être qualifié de « smart beta » (sans être particulièrement « smart » !).

Quels en sont les avantages et les inconvénients ?

Les avantages pour l’investisseur des gestions « smart beta » sont nombreux. Le smart beta réplique généralement une méthodologie systématique publique et transparente : l’investisseur sait exactement ce qu’il achète. Surtout, la gestion « smart beta » a vocation à surperformer les gestions passives avec une relative décorrélation avec le marché et ceci à moindre frais. Pour autant, une gestion smart beta n’est pas à l’abri d’une sous-performance du « beta alternatif » qu’elle réplique. Ainsi, si le facteur de risque « Value » a surperformé sur le long terme, il sous-performe clairement le marché depuis 2008 en Europe. Si un ETF smart beta multifactoriel avait existé en 2008, il aurait, pour sûr, fortement pondéré le biais Value et sa performance aurait été décevante par la suite.

Enfin, la gestion « smart beta » ne perçoit que certains facteurs de risque et est incapable de gérer de l’alpha avec des situations spéciales ou une lecture appropriée de la macro. Cette année, les gestions discrétionnaires qui ont surperformé doivent leurs résultats en partie à une bonne implémentation des facteurs de risque (avec un biais qualité/croissance dans le choix des valeurs) mais aussi à une bonne lecture de la macro et des décisions des banques centrales (valeurs exposées à la chute de l’Euro notamment). Les situations spéciales (notamment les M&A) ne sont pas non plus implémentables par des stratégies systématiques « smart beta ».

Pouvez-vous me décrire l’intérêt d’utiliser le Smart Beta dans une gestion discrétionnaire ?

La gestion smart beta a pour objectif de générer de la surperformance par rapport aux indices capi-pondérés, c’est également notre objectif avec la gestion discrétionnaire. Utiliser les principes de cette gestion dans la gestion discrétionnaire va nous permettre de trouver de nouvelles idées, de connaître les biais de notre portefeuille et d’anticiper le directionnel de chaque facteur de risque.

Comment l’utilisez-vous dans votre gestion ?

Dans un premier temps, nous avons créé pour chaque facteur de risque (qualité, croissance, low vol, momentum…), un score quantitatif applicable aux actions de notre univers. Plus le score global d’une action est important, plus la probabilité que l’action a de surperformer est importante. L’indice composé des actions aux meilleurs scores surperforment ainsi largement le marché. Ce screening « smart beta » de l’univers du gérant va lui permettre de détecter les meilleurs opportunités d’investissements selon des axes bien particuliers : croissance, qualité, momentum...

Le suivi de la dynamique des différents facteurs de risque va lui permettre également de savoir quel style performe à quel moment, notamment en fonction du cycle macroéconomique.

Enfin, pour le risk manager, le suivi en facteur de risque du portefeuille va lui permettre d’alerter les gérants si des biais non souhaités prennent trop d’importance dans le portefeuille ou sont mal maîtrisés.

Comment se comporte le « smart beta »  devant une situation spécifique ou market timing ?

L’implémentation du smart beta est par définition systématique.  Donc les situations spécifiques et le market timing dans un portefeuille doivent être gérés autrement. C’est pour cela que l’approche « smart beta » n’a pas vocation à prendre pour nous la place de la gestion discrétionnaire mais plutôt à lui fournir des outils d’analyse et de sélection. En cela, nous n’opposons pas les deux types de gestion qui peuvent cohabiter pour générer de la surperformance.

www.rjami.com

Propos recueillis par Chris Rhand – OPCVM360

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