Quelle stratégie pour ce deuxième trimestre 2016 ?

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°183

12/04/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Quelle stratégie pour ce deuxième trimestre 2016 ?

Vouloir décrypter et rendre cohérente l’évolution des marchés financiers reste une gageure. La semaine dernière a été particulièrement éprouvante avec des fortes dispersions des performances des marchés et classes d’actifs. Si nous appréhendons correctement les facteurs qui constituent les déterminants de cette volatilité, ayons l’humilité de reconnaitre que son anticipation reste difficile. Pourtant, c’est à cet exercice que nous allons nous livrer pour exposer notre feuille de route pour ce deuxième semestre. Pour revenir aux éléments clefs de la semaine dernière, il y a d’abord eu des effets négatifs d’ordre micro avec l’abandon de la fusion entre Bouygues Telecom et Orange qui a pénalisé l’ensemble du secteur européen. Du côté des Etats-Unis, c’est l’abandon de la fusion entre Allergan et Pfizer qui a constitué la mauvaise nouvelle, le Département du Trésor ayant imposé de nouvelles règles plus restrictives sur les transactions visant à domicilier le siège social dans des juridictions fiscalement plus favorables (Inversion deal). Les autorités américaines ont également annoncé leur opposition au projet de fusion entre Baker Hughes et Halliburton. Le mouvement sur le pétrole a aussi été déterminant avec la réunion des pays producteurs du 17 avril. Cela créé de la volatilité au gré des différentes rumeurs. Enfin, le secteur bancaire a été secoué par les commentaires de la BCE concernant son intention d’accélérer les cessions des créances douteuses. Ceci a d’ailleurs affecté les banques italiennes qui se sont reprises sur l’annonce d’un plan national de sauvetage dévoilé ce lundi.

La semaine dernière, les indices boursiers ont donc baissé : -1,40% pour l’Eurostoxx50, -0,44% pour le CAC40 et -1,76% pour le DAX. Les marchés américains ont suivi un mouvement identique, le DJ affichant une performance de -1,21% % et le Nasdaq -1,30%. Le NIKKEI a lui baissé à –2,12%. L’euro est resté quasiment stable contre le dollar cette semaine.

 

Quel scénario macro-économique pour le deuxième trimestre et quel rôle des banques centrales ?

D’après les « minutes » de la Fed publiés la semaine dernière, plusieurs membres estiment qu’il serait trop tôt pour relever les taux lors de la réunion du mois d’avril. Ces avis ne sont pas unanimes, Eric Rosengren, Président de la FED de Boston ayant indiqué que l’économie américaine a continué de se renforcer au dernier trimestre. D’après lui, l’environnement actuel requiert plus de hausses des taux court terme que ce que le marché des futures anticipe (17.6% en juin et 28.9% en juillet). Les derniers chiffres publiés aux US (indices ISM et PMI des services en mars) ont confirmé l’amélioration de l’activité par rapport au mois de février respectivement à 54.5 (vs 53.4) et 51.3 (vs 49.6). En 2016, la croissance du PIB US pourrait ressortir à +1,9% contre +2,4% en 2015. Cela correspond à un ralentissement mais reconnaissons que ces chifffres sont loin d’une entrée en récession et devraient calmer les oiseaux de mauvaise augure qui reprennent leur vol avec l’arrivée du printemps.

Concernant les données macroéconomiques en zone euro, les indices PMI des services ont reculé à 53.1 (vs 53.6 en février). Par ailleurs, le marché a mal réagi (DAX à -1,76%) à la baisse du PMI de l’Allemagne à 55.1 (vs 55.5 en février) même si la contraction de la production industrielle dans ce pays au mois de mars a été moins forte qu’attendue (-0.5% vs consensus à -1.8%). Par contre, les indices PMI français et espagnol se sont améliorés, atteignant respectivement 49.9 (vs 49.4) et 55.3 (vs 54.2). En zone Euro, les prévisions de croissance du PIB en 2016 seraient stables à +1,5%, croissance certes modérée mais qui reste donc positive. L'octroi de crédit aux entreprises a progressé de +0,9% en février contre +0,6% le mois précédent. En conclusion, il existe quelques signes d’amélioration. La hausse du crédit tend à démontrer que la stratégie de la BCE commence à porter ses fruits, même si les objectifs en matière d’inflation sont loin d’être atteints. Reconnaissons que la croissance en zone euro reste encore très modérée, ce qui n’est pas de bon augure pour l’emploi. Au niveau mondial, les économies développées devraient progresser de 1,6% en 2016 vs 1,9% en 2015 et 1,5% en 2017, les économies émergentes devraient se stabiliser à +4%. En conséquence, les actions des banques centrales sont désormais prévisibles : la FED devrait aumenter ses taux en deux fois en 2016 (juin et décembre) alors que la BCE pourrait baisser ses taux un peu plus en territoire négatif et augmenter la taille du QE si nécessaire. La BCE fera tout ce qui est nécessaire pour poursuivre son objectif de stabilité des prix et de stimulation de la croissance. Ces éléments sont de nature à renforcer le dollar, mais ce sera néfaste pour la rentabilité des banques européennes déjà sous pression.

 

Comment va se comporter le pétrole ?

Le pétrole a de nouveau été au centre de l’attention cette semaine : le prix du baril a rebondi et a terminé la semaine à plus de 39$ suite à la publication de stocks hebdomadaires US de brut en recul pour la première fois depuis sept semaines (ils étaient attendus en hausse : -4.9m vs cons. +3.2m) et après que le Koweit ait indiqué qu’un accord sur la production entre les grands producteurs de pétrole était en vue lors de la prochaine réunion qui se tiendra le 17 avril. Nous devrions continuer à assister à une grande volatilité sur ce marché avant ces décisions, sachant que notre opinion est qu’un accord reste peu probable eu égard aux antagonismes géopolitiques des parties prenantes. Le retour de la baisse des prix est donc fort possible.

 

Faut-il avoir peur du Brexit ?

Cette question va de plus en plus être prise en compte par les marchés. Les spreads des taux souverains périphériques pourraient de nouveau s’écarter, révélant une nouvelle fois la désunion européenne. Sur le fond, l’impact pour l’économie UK sera faible. Il pourrait toutefois y avoir une réaction négative des marchés à court terme car le UK dépend beaucoup des exportations de services financiers  (5 points de PIB) et en cas de Brexit, il devront renégocier tous leurs accords avec l’Europe ! Il faut donc craindre au UK une baisse des investissements directs, un durcissement des conditions de financements, défavorables à la consommation et au logement, une baisse des flux de capitaux et une dépréciation de la livre sterling.

 

Des risques baissiers demeurent !

L’ensemble des éléments à attendre sur le deuxième trimestre nous paraissent peu favorables. Nous craignons en particulier une faiblesse dans la publication des résultats des entreprises européennes et américaines qui vont débuter en début de semaine. Nous anticipons un dernier mouvement de baisse, une correction entre 6 et 10%. Ensuite, avec les effets positifs des banques centrales, en particulier sur le crédit, nous devrions assister à une assez forte reprise des différents indices. Il convient donc de rester patient. Evidemment ce scénario négatif à court terme peut être remis en cause en cas d’annonces positives des entreprises, mais il ne faut pas confondre les fêtes de Pâques avec celles de Noël !

 

 

 

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Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
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