Quelle stratégie après le NON au référendum grec ?

L’analyse de Wiseam

07/07/2015 - Publié par WISEAM dans Marché Actions

Quelle stratégie après le NON au référendum grec ?

Plus de 60% des grecs ont voté contre les propositions des créanciers offrant ainsi un plébiscite à Alexis Tsipras. Fort de cette victoire inespérée, le gouvernement grec devrait exiger que soit accordée une nouvelle restructuration de la dette. Les créanciers savent pertinemment que cette dernière est inéluctable. Dans une note publiée jeudi, le FMI estime que la dette de la Grèce ne sera pas viable si elle n'est pas considérablement allégée, éventuellement via une annulation de prêts accordés par ses partenaires de la zone euro. Les créanciers concèdent donc le caractère insoutenable  mais souhaitent au préalable un accord sur les réformes structurelles pour ne pas voir ressurgir dans le futur de nouveaux déficits publics.
 
On imagine donc deux scenarii :
- soit les protagonistes trouvent un accord rapidement dont les contours peuvent varier et qui établira une feuille de route sur les réformes nécessaires et sur la restructuration de la dette. Rappelons qu’en l’absence d’accords la BCE ne pourra pas continuer à soutenir les banques grecques. Elle devrait  conserver le plafond de l’ELA (liquidités pour les banques grecques) inchangé au moins jusqu’à mardi. Mais il est peu vraisemblable qu’elle réponde positivement à la demande de la Banque Nationale Grecque d’augmenter ce plafond, les banques grecques pourraient donc rester fermées et le contrôle de capitaux se poursuivre.
- soit aucun accord ne se matérialise et la perspective d’un Grexit s’imposera (un défaut auprès de la BCE le 20 juillet paralyserait l’économie et le fonctionnement de l’Etat). 

Sous l’angle de la théorie des jeux, les conditions semblent réunies pour qu’un équilibre coopératif (l’accord) se mette en place. A défaut d’accord, la Grèce se retrouve dans une situation encore plus inextricable (sortie de l’Euro déséquilibrant fortement les comptes extérieurs, crise bancaire entrainant une profonde récession). Mais la situation des créanciers ne serait pas mieux : le niveau de perte sur les actifs grecs serait considérable et nul ne sait où les risques de contagion peuvent nous emmener. Seul point positif, ce dossier serait définitivement clos. Mais à quel prix ? La BCE va rester au centre du jeu pour éviter la contagion avec plus ou moins de sollicitations en fonction des avancées politiques réalisées. La volatilité va donc perdurer. A ce jour l’Euro ne semble pas menacé (il reste accroché à 1.11 contre USD). De même la correction sur les actions au lendemain du référendum grec reste limitée (autour de -2.5%). Enfin, les taux sur les obligations périphériques se sont certes écartés des taux allemands mais dans une proportion acceptable (moins de 20bp sur l’Italie et l’Espagne). Pour l’investisseur, ces phases de crises sont souvent source d’opportunité pour les gérants de portefeuille.

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