QUEL EST L'AVENIR DE LA ZONE EURO ?

07/07/2014 - Publié par PETERCAM MANAGEMENT SERVICES dans Marché Allocations d'actifs

QUEL EST L'AVENIR DE LA ZONE EURO ?

Cela fait maintenant près de deux ans que Mario Draghi a prononcé le célèbre : « la BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l'euro ». En outre, deux ans se sont écoulés depuis la communication au public de l'intention de mise en place une union bancaire européenne. C'est peut être le moment opportun pour faire le bilan de ce qui a été réalisé depuis, et de discuter de l'avenir de la zone euro. En résumé, nous soutenons que la BCE a joué un rôle essentiel dans le rétablissement de la stabilité financière qui, combinée à une atténuation de la rigueur budgétaire, a ouvert la voie à une amélioration graduelle de la confiance au sein des ménages et des entreprises.

Toutefois, les lacunes institutionnelles qui, parallèlement à cela, ont tant aggravé la crise de la zone euro, n'ont pas été entièrement comblées et il semble que la situation ne s'améliorera nulle part à court terme. En outre, l'amélioration considérable des déséquilibres des comptes courants a eu lieu au prix d'immenses sacrifices socio-politiques en périphérie. Par conséquent, malgré les signes de progrès des indicateurs de confiance, nous soulignons le fait que la reprise actuelle reste extrêmement fragile et nous restons particulièrement sceptiques à l'idée que la zone euro possède désormais tous les instruments pour combattre la prochaine crise.

Il y a deux ans, presque jour pour jour, les décideurs européens ont publié un bref document attestant de leur volonté d'établir une union bancaire européenne. Bien que loin d'être impressionnante, cette déclaration avait son importance, étant donné qu'elle constituait probablement une condition nécessaire à l'annonce par la BCE de son programme OMT d'achats d'obligations souveraines (conditionnels) couronné de succès quelques semaines plus tard. En effet, tant le programme d'achat d'obligations PMT de la BCE en mai 2010 que la mise en œuvre par la BCE des opérations de refinancement en trois ans (LTRO) pour le secteur bancaire commercial en décembre 2011 ont également été lancés après des progrès politiques importants (respectivement l'introduction de l'EFSF et le pacte budgétaire). L'engagement de Draghi à « faire tout ce qui est nécessaire » a largement contribué à restaurer la stabilité financière.

Par ailleurs, combinée à l'adoption l'an dernier d'objectifs de déficit public plus flexibles, cette déclaration a considérablement amélioré la confiance économique. Cependant, le fonctionnement actuel de la zone euro est toujours lacunaire et la gestion des crises futures nécessite davantage d'intégration. Premièrement, des mesures importantes ont été prises pour superviser le secteur bancaire européen et mettre fin aux boucles de réaction négative entre les banques et les gouvernements. Cependant, on ne peut ignorer que les projets pour un fonds de recapitalisation de 55 milliards d'euros à peine (0,6 % du PIB de la zone euro) témoignent d'un réel manque d'ambition d'aller beaucoup plus loin. Deuxièmement, on n'observe pratiquement aucun progrès au niveau de l'introduction de mécanismes de transfert fiscal entre les États membres de la zone euro. Cela est problématique au vu de l'insuffisance de la mobilité des travailleurs et de la flexibilité des salaires.

En outre, les discussions autour de l'émission en commun de titres de dette au niveau de la zone euro (euro-obligations) semblent être au point mort. Troisièmement, l'absence d'une union politique efficace et le manque de légitimité démocratique restent une véritable préoccupation. Les résultats de la dernière élection européenne ont illustré très clairement qu'aucun progrès n'a été fait à cet égard. Pour conclure, les déséquilibres économiques au sein de la zone euro ont été largement corrigés ces dernières années. Cependant, le fardeau de l'ajustement pèse presque entièrement sur les pays en déficit à la périphérie de la zone euro. Les pays en excédent, notamment l'Allemagne, auraient dû jouer un rôle beaucoup plus important dans le processus d'ajustement en investissant davantage et en épargnant moins. Au lieu de cela, l'ajustement a eu lieu au prix d'un chômage et d'une déflation excessivement élevés dans la périphérie.

Avec un chômage qui devrait rester élevé dans un avenir proche, l'intégration politique risque d'être davantage affaiblie. Par conséquent, bien que l'action de la BCE d'il y a deux ans ait porté ses fruits, les tentatives d'intégration sous la forme d'une union bancaire, d'une union fiscale et d'une union politique restent bien trop modestes et insuffisantes pour affronter l'avenir avec succès.

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