Qu'attendre de 2016 après une année 2015 volatile ?

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la Gestion - Lettre hebdomadaire 360 Hixance am n°171

05/01/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Qu'attendre de 2016 après une année 2015 volatile ?

L’année 2015 aura été moins faste pour les marchés financiers que certaines prévisions de début d’année ne l’escomptaient. Trois facteurs sont venus perturber une année promise à une reprise.

1/ En mai, après une période faste pour toutes les classes d’actifs, la chute du baril de pétrole a jeté un doute sur les perspectives de croissance mondiale et a remis au-devant de l’actualité la géopolitique mondiale.

2/ En août, c’est la bourse chinoise qui connait un effondrement et entraîne les autres bourses mondiales à la baisse. Les autorités chinoises pratiquent en plusieurs fois des dévaluations pour soutenir leur économie. Les investisseurs et les économistes commencent à douter de la solidité de la croissance chinoise et surtout craignent que cette contraction ait des répercussions sur la croissance mondiale.

3/ Enfin cette année aura été celle des banques centrales. La FED vient d’augmenter ses taux directeurs de 0,25% pour les porter à 0,50%. L’économie américaine reste solide avec un taux de chômage qui correspond aux objectifs attendus. Nous assistons alors à une divergence entre les Etats-Unis et l’Europe sur la politique monétaire, la première devenant plus restrictive et la deuxième poursuivant encore pour pas mal de temps une politique toujours accommodante. L’inconnue de 2016 sera la réaction des marchés à cette divergence.

Enfin, l’année 2015 aura aussi été marquée par le retour en force de la qualité du stock picking dans la réalisation des performances, les marchés étant nettement moins directionnels et plus techniques. 
La fin de l’année a été plutôt calme, sur la semaine dernière, les indices européens ont baissé : -0,52% pour l’Eurostoxx50, -0,56% pour le CAC40 et le DAX progressant de +0,14%. Les marchés américains ont été en baisse plus forte, le S&P affichant -0,83 % et le Nasdaq -0,81%.

 

Quelques idées sur 2016

L’analyse des marchés financiers au cours des dernières semaines montre que le prix du pétrole est le principal catalyseur des marchés. Elément toujours très difficile à décrypter puisqu’il correspond à un état de l’offre et de la demande, mais des facteurs géopolitiques rentrent aussi en compte dans la détermination de ce prix. Les exécutions récentes en cette fin d’année en Arabie Saoudite créent une tension forte avec l’Iran, il n’est donc pas exclu d’assister à une future progression du baril sur fond de remise en cause interne et externe de ce régime « à bout de course ». Le ministre saoudien Ali al Naimi reste toujours sur les mêmes positions à savoir que son pays ne limiterait pas sa production. Il a ajouté que la politique pétrolière saoudienne était « fiable » et ne changerait pas. Reste que le budget de l’Arabie Saoudite pour 2016 est annoncé en fort déficit, 87 Md$ en raison de la baisse du pétrole. Ceci risque de poser de sérieux problèmes politiques et sociaux au régime.  Par ailleurs, les stocks hebdomadaires de brut ont enregistré une hausse surprise. Ces deux éléments ont donc pesé sur la tendance, le brut a perdu près de 5% dans la dernière semaine de 2015, revenant ainsi sur des niveaux proches de 36$. Difficile d’avoir un sentiment fort à court terme mais à moyen terme, si les perspectives de croissance dans les pays développés et chez les émergents n’évoluent pas à la baisse, alors on devra s’attendre à une progression des cours des matières premières et en particulier du pétrole. A très court terme, la volatilité risque néanmoins de se poursuivre en entraînant aussi celle des marchés financiers.


Du côté macro-économique, les indicateurs américains confirment des difficultés du secteur manufacturier, baisse de l’indice de la FED de Dallas pour décembre à -20.1 (vs cons. -7) et les promesses de ventes de logements ont baissé de 0.9% (vs cons. +0.7%). L’indice ISM manufacturier sorti aujourd’hui est aussi en dessous des attentes à 48,2 vs 49 attendu. A l’inverse, l’indice de confiance des consommateurs en décembre est ressorti en hausse à 96.5 (vs cons 93.5). Un sentiment se confirme : la croissance US reste tirée par la consommation et non par la production industrielle. Finalement, la situation est assez similaire en Europe avec une bonne nouvelle : la BCE a indiqué que le crédit au secteur privé a progressé en novembre (+0.9% pour les prêts aux sociétés non-financières et +1.4% pour les prêts aux ménages).


L’année 2016 devrait aussi connaître la poursuite des opérations de fusions acquisitions, poussée par deux facteurs : un coût de l’argent faible mais susceptible de remonter prochainement, et des perspectives de croissance organique toujours assez modérées. 2015 affiche une année record des transactions mondiales avec un montant qui a dépassé 5000 Md$, soit plus haut que le record de 2007, et +37% par rapport à 2014. Dans les dernières opérations, on citera Pep-Boys, qui a été la cible d’une surenchère entre Carl Icahn et Bridgestone. Fairchild Semiconductor a reçu une offre non sollicitée de la part de Party G. Liberty Global de son côté serait à nouveau en discussions avec Vodafone concernant une potentielle fusion et, en France, une fusion Orange avec Bouygues Telecom semble se dessiner en ce début d’année.


Enfin, côté Asie, la Chine continue à décevoir : les bénéfices dégagés par les entreprises industrielles ont baissé pour le sixième mois d'affilée  (-1,4% sur un an en novembre). Le yuan est tombé à son plus bas niveau face au dollar depuis 5 ans ; la PBoC a toutefois indiqué qu'elle ferait en sorte que le yuan reste stable tout en poursuivant la réforme de son régime de change. Elle a ajouté qu'elle ferait preuve de “flexibilité dans le recours à ses différents outils de politique monétaire pour assurer une liquidité appropriée et une croissance raisonnable du crédit ». Il nous semble toujours trop tôt pour réinvestir dans cette zone tant qu’une période de plus grande stabilité ne sera pas constatée.

 

Stratégie d’investissement complexe en ce début 2016 ?

En conclusion, les zones d’investissement à privilégier en ce début d’année restent l’Europe et les Etats-Unis si on souhaite profiter de la hausse du dollar, mais il existe un risque de déception sur certains résultats d’entreprises et le retour sur les émergents est décalé au mieux à mi 2016.

En termes de secteurs et de valeurs, nous avons également quelques fortes convictions dont certaines sont dans la continuité de 2015. Jouer les valeurs moyennes françaises et européennes (valeurs protégées des disparités des croissances internationales), position de leadership pour certaines dans des marchés niches (Faurecia, Plastic Omnium, Parrot…). En termes de style, nous préférons rester dans les valeurs de croissance (à prix raisonnable) car il est encore trop tôt pour rentrer sur des approches dites « value ». Nos secteurs privilégiés font une assez large place aux valeurs de consommation discrétionnaire (Accor, Daimler, Michelin, Valeo, FNAC, …) et aussi en grande consommation (Unilever, Metro, Jeronimo Martins et Pernod Ricard). Nous sommes également positifs sur les valeurs technologiques Europe et Etats-Unis (Cap Gemini, Ingenico, Nokia, Apple, Google, Universal Display, .. ). Nous privilégions aussi les valeurs de santé (Essilor, Roche, Glaxo), secteur toujours relativement défensif avec des potentiels de hausse toujours élevés dans certaines valeurs biotech (Ipsen, Innate, …). Nous restons aussi investis dans quelques valeurs industrielles (Gamesa, Saint-Gobain, Air Liquide, Thyssen, Siemens, …). Enfin nous restons prudents sur le pétrole et les matières premières surtout en ce début d’année. Comme en 2015, nous sommes persuadés que la performance se fera sur la qualité du stock picking, la tendance des marchés devrait rester très volatile surtout en ce début d’année.

 

Nous profitons de cette première lettre pour vous souhaiter une excellente année 2016.

 

 

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
HIXANCE PATRIMOINE 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Philippe DOUILLET / Jean-Noël VIEILLE Mixtes Europe Defensif 21.44 M€ -0.06 % -1.66 %

Articles similaires

L'HIRONDELLE NE FAIT PAS TOUJOURS LE PRINT...

Nous avons connu un assez fort rebond la semaine dernière des actions sur toute les places mondiales. Ainsi, la hausse du Stoxx 600 porte la...

08/03/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Allocations d'actifs / Commentaires de marché

CROISSANCE RALENTIE ET BREXIT : RIEN N'ÉP...

Croissance ralentie et Brexit : rien n’épargne les investisseurs Nouvelle forte volatilité des marchés cette semaine, cette fois avec une...

22/02/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Allocations d'actifs / Commentaires de marché