Pression baissière temporaire !

28/07/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Pression baissière temporaire !

Cette dernière lettre avant un arrêt estival va tenter de clarifier les critères qui vont gouverner les marchés au cours des prochains mois. Nous venons de vivre une semaine au final stable mais avec une forte volatilité : hausse en début de semaine sur un apaisement géopolitique, baisse prononcée vendredi liée à des résultats moins bons (LVMH, Amazon, ….) et à la hausse des risques politiques en Ukraine (sanctions aggravées pour la Russie). Ce mois de juillet traduit le retour d’une forme nouvelle d’aversion aux risques, une psychologie des intervenants devenue clairement négative dans un contexte économique (macro et micro) pourtant plus favorable. Nous sommes en effet loin d’un retour de la récession mais plutôt dans une phase de recovery relativement « molle ». Finalement, la question est de savoir si nous n’allons pas entrer dans une phase baissière très temporaire plus liée aux hausses passées non cohérentes qu’à une réelle dégradation de l’environnement qui n’est pour l’instant pas avérée.

Vers un scénario court terme négatif ?

Les classes d’actifs actions et obligations pourraient ainsi continuer à se déprécier au cours des prochaines semaines suite au retour de l’inflation qui fait mécaniquement augmenter les taux. Le consensus des intervenants des marchés financiers s’attend désormais à une progression significative des taux souverains. Cette évolution ne devrait néanmoins pas être de forte amplitude ce qui pourrait conduire certes à une forte volatilité des marchés financiers, mais sans grande tendance. Dans une récente note stratégique Goldman Sachs prévoit que le 10 ans US pourrait croître jusqu’à 3% fin 2014 (vs 2,48% aujourd’hui) et à 4% fin 2017. La raison de cette hausse tiendrait à l’accélération de l’inflation aux Etats-Unis et au retour d’une croissance forte. Les intervenants risquent alors d’anticiper rapidement une remontée des taux US à la fois dans un laps de temps plus court et aussi de façon plus forte de la part de la FED, ce qui ne manquera pas de pénaliser les marchés financiers. Le prochain discours de la FED ce mercredi sera alors très instructif. A ce stade, on peut s’interroger sur l’éventuelle déconnexion des marchés entre l’Europe, les Etats-Unis et les pays émergents, ces trois zones n’étant pas dans les mêmes cycles économiques. L’Europe en particulier est loin de connaître le retour d’une croissance économique forte au cours des prochaines années (croissance du PIB proche de 1%). Le PIB US est au contraire attendu en forte hausse au T2, +3,3% après -2,9% au T1 (effet partiel d’une mauvaise météo !). Ceci pourrait ainsi amener la croissance US 2014 à +1,7%, puis à +3% en 2015 et 2016, retrouvant alors une croissance « normative » permettant aux US de recréer de l’emploi, d’où hausse des taux puisque c’est la condition posée par la FED. Enfin, les prix à la consommation US progressent de 0,3% en juin, ce qui montre aussi une légère pression sur les prix liée à la hausse de la croissance. Dans ce contexte le crédit corporate devrait également se déprécier en raison de la hausse des taux souverains non compensée par un resserrement des spreads de crédit.

Le scénario à moyen terme reste positif

Ce scénario plus difficile à court terme ne doit pas cacher ce que le consensus attend à horizon un an, à savoir une bonne tenue des marchés des actions, portée surtout par la hausse des résultats des entreprises. D’après une étude réalisée par Bloomberg auprès des professionnels, 47% considèrent que la valorisation des actions se situe à une niveau trop élevé, peu soutenable, et 14% voient déjà une bulle. Le SP 500 est valorisé à 16,5 fois les résultats 2014 et 14,9 fois 2015. L’Eurostoxx 50 est lui valorisé de façon moins élevée respectivement à 14,5 fois et 12,6. Ces valorisations restent assez cohérentes avec l’environnement ce qui doit permettre de rassurer les investisseurs.

Stratégie sur les fonds flexibles

Cette situation de marché reste assez difficile pour les stratégies flexibles car il faut faire preuve de beaucoup d’anticipation dans ces mouvements de stop and go. La semaine qui vient s’annonce importante car en plus de nombreuses publications des entreprises, nous aurons mercredi la livraison du PIB US au T2 et les chiffres de l’emploi ce vendredi, avec aussi l’ISM et la réunion de la FED. Cet agenda chargé pourrait donner le ton pour la trève estivale. Pour l’instant, le marché est resté appuyé sur des supports techniques importants, 4280 pour le CAC et 3130 pour l’eurostoxx 50. Tant que ces points tiennent, il n’y a pas de raison d’assister à un prochain décalage, mais tout ceci est bien fragile avec un contexte international toujours délicat.

 

Par Jean-Noel Vieille

Lettre hebdomadaire 360Hixance n° 105, lundi 28 juillet 2014

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