Poutine, le seul « driver » des marchés ?

Le retour de la volatilité sur fond de tensions géopolitiques - 360Hixance

26/08/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Poutine, le seul « driver » des marchés ?

Poutine, le seul « driver » des marchés ?
Ce mois d’août s’achève sur un assez fort retour de la volatilité essentiellement influencée par les facteurs politiques entre l’Ukraine et la Russie. En effet, si cet été a été très difficile pour les marchés européens, il en a été très différemment pour les marchés américains qui culminent à leurs plus hauts niveaux. La plupart des émergents ont aussi renoué avec la croissance de leurs marchés financiers. Ce qui s’est passé au cours de ces deux dernières semaines est très significatif et pourrait nous donner la feuille de route à suivre pour la fin de l’année 2014, qui sera une année de transition. La publication de très mauvais chiffres économiques européens, qui a d’ailleurs conduit la plupart des gouvernements à réduire leurs perspectives de croissance sur l’année 2014 n’a eu aucune influence pour les marchés. La remontée s’est poursuivie ce qui pourrait ainsi confirmer que les points bas atteints début août constituaient bien des opportunités d’achat (cf notre note flash du 7 août). Mais il a fallu vendredi dernier l’entrée du convoi russe en Ukraine sans autorisation pour faire chuter les marchés une nouvelle fois en Europe alors que les marchés américains sont restés très loin de cette problématique !

Un Jackson Hole sans nouvelle information importante
Les discours des banquiers centraux réunis comme chaque année à Jackson Hole étaient attendus. Chacun est resté dans son rôle sans apporter de grandes nouveautés. Janet Yellen a maintenu un certain flou sur l’avenir de la politique monétaire et surtout sur le timing de la prochaine remontée des taux.
Elle a beaucoup insisté sur la situation du marché du travail aux Etats-Unis et sur la difficulté de la FED à appréhender clairement son évolution. Plusieurs facteurs perturbent en effet son analyse, ils sont d’ordres structurels (niveau de la production, industrialisation, démographie, …) ou plus conjoncturels (augmentation des inscriptions à l’université, découragement des chômeurs à s’inscrire, ….). Manifestement la présidente de la FED donne un poids plus important aux éléments conjoncturels. Elle a insisté sur le fait que « le marché
du travail n’est pas encore totalement remis » mais si les progrès en la matière étaient plus rapides alors la FED pourrait remonter ses taux assez vite. Elle a également constaté l’absence de pressions inflationnistes ou de hausses des salaires. Il a été aussi confirmé que la FED cesserait ses achats d’actifs sur les marchés dès le mois d’octobre. Pour l’instant, le consensus s’attend toujours à une remontée des taux pour la mi 2015, et d’ici là le dollar devrait continuer à progresser face à l’euro. 

Le discours de Draghi a porté sur l’explication des causes du fort taux de chômage en Europe. Selon lui, le taux élevé n’est pas seulement lié aux effets de la crise mais une partie de ce chômage est d’origine structurelle (les demandes d’emploi de longue durée seraient liées à une inadéquation entre les qualifications et les besoins des entreprises). Ainsi, la politique monétaire ne pourra résoudre à elle seule ces problèmes. Le retour au plein emploi a-t-il déclaré, sera une combinaison de mesures monétaires, budgétaires et structurelles, ce qui nécessite une stratégie communautaire et nationale cohérente. C’est donc aux Etats d’agir en utilisant la souplesse et l’avantage d’une politique monétaire accommodante pour soutenir une demande trop faible et promouvoir un nouveau programme d’investissement public européen.
La dégradation économique récente de la zone euro va donc, à la différence des Etats-Unis, maintenir un biais baissier sur les taux souverains. La BCE procédera ainsi très certainement à la mise en place de mesures non
conventionnelles courant septembre ou octobre de cette année.

Merkel, un arbitre du match Ukraine/Russie ?
Eu égard à l’escalade militaire de la fin de semaine et à l’importance de la stabilité de la région pour les intérêts allemands, il est assez logique que la chancellière entre dans le jeu par une visite à Kiev et des prises de positions assez nettes contre Poutine. Rappelons en effet que Mme Merkel parle russe et a été élevé du côté ex-allemagne de l’est et donc connait bien la problématique politique de cette question. Nous considérons toujours même si nous avons eu tort en juillet et en août que Poutine n’a pas les moyens politiques et économiques de ses prétentions. La réunion des deux chefs d’Etat russe et ukrainien en fin de semaine sera donc décisive.

Jean Noël Vieille, directeur de la Gestion de 360Hixance

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