Pourquoi un rebond est désormais possible …..

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion

19/01/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Pourquoi un rebond est désormais possible …..

Ne pas paniquer. Nous prenons une part de risques en nous positionnant à contre-courant d’une psychologie très négative qui vient de s’emparer des marchés financiers et des matières premières. Seul l’or commence à jouer son statut de valeur refuge. Mais, reprenons les déterminants des marchés pour 2016. Le consensus de place avait une conviction que nous avons toujours soutenue : celle que la volatilité resterait élevée. Vis-à-vis des investisseurs finaux, la première nécessité pédagogique est de leur rappeler que cette phase de baisse, certes violente, fait partie intégrante de cette volatilité. Il faudra donc savoir accepter des mouvements importants cette année, à la baisse mais aussi à la hausse. Pour nous gérants, et évidemment dans la mesure des possibilités offertes par nos styles de gestion, nous nous devrons  d’être réactifs et de savoir à certains moments, prendre des risques à la mesure des contraintes de nos clients. Ce rappel est fondamental car il permet de confirmer aussi que les marchés financiers resteront toujours des placements à risques et que la corrélation entre risques et performances est plus que d’actualité aujourd’hui. Nous souhaitons ainsi revenir sur les problématiques actuelles et nous donnerons sur chaque point notre sentiment final. Celles-ci nous semblent être au nombre de quatre : la situation de la Chine, l’évolution du prix du pétrole, la croissance mondiale et enfin la qualité des résultats des entreprises.

 

Sur la semaine dernière, les indices européens ont assez fortement baissé : -2,67% pour l’Eurostoxx50, -2,85% pour le CAC40 et le DAX chutant de 3,09%. Les marchés américains ont été aussi en baisse, le Dow Jones affichant une performance négative de -2,19 % et le Nasdaq -3,34%.

 

La Chine a-t-elle totalement le choix de sa politique ?

Ayant déjà abordé cette problématique la semaine dernière, nous irons à l’essentiel. La question importante reste la dynamique de croissance de cette économie et la politique monétaire qui va suivre avec l’enjeu de la poursuite ou non de la dévaluation de la monnaie chinoise. D’après les informations publiées ce samedi par le Premier ministre, Li Keqiang, l'économie chinoise aurait connu en 2015 une croissance de l'ordre de 7%, précisant que le PIB de la deuxième puissance économique mondiale avait dépassé les 10.000 milliards de dollars. Le secteur des services représente désormais la moitié du PIB chinois et la consommation a contribué l'année dernière à près de 60% de la croissance de l'économie. En conséquence, l’objectif poursuivi par le gouvernement est en passe d’être réalisé, c'est-à-dire, réduire le poids des infrastructures dans le PIB et augmenter celui des services et de la consommation. Li Keqiang a aussi annoncé que l'emploi avait progressé plus rapidement que prévu, la Chine compte désormais une population active de 900 millions de personnes, dont 150 millions considérés comme personnes qualifiées. Il s’ensuit donc une forte augmentation du pouvoir d’achat, ce qui pour nous signifie que l’on ne peut pas faire le pari d’une forte décélération de cette économie dans ce contexte. Les statistiques officielles sur la progression du PIB au quatrième trimestre et sur l'ensemble de l'année 2015 seront publiées ce mardi. Si ces données sont confirmées, (peut-il en être autrement dans une économie administrée ?), les marchés pourraient y trouver une forme de soulagement. La Chine est créancière nette du reste du monde. Elle a en effet vu affluer une grande partie des liquidités en provenance des banques centrales des pays occidentaux. Mais depuis un an, elle connaît des sorties massives de capitaux, de l’ordre de 100 Md$ par mois, ce qui complique la gestion de ses réserves de change. Fin décembre, la Chine disposait de 3300 Md$, soit 20 mois d’importation. Mais elle puise aussi dans ses réserves pour soutenir sa monnaie, ce qui laisserait désormais craindre que la Chine laisse filer sa monnaie ne serait-ce aussi que pour améliorer sa compétitivité. Les conséquences seraient alors très négatives pour les entreprises exportant en Chine et pour les entreprises occidentales présentes en Chine. Une nouvelle baisse du Yuan de 15% limiterait ainsi la croissance d’au moins 0,5% au niveau des PIB occidentaux. Néanmoins, notre avis sur cette question n’est pas la prise en compte de ce scénario, mais qu’il y aura une forte volatilité du taux de change, car les autorités chinoises veulent en effet installer leur monnaie comme une monnaie de réserve internationale. Elles doivent donc rester très crédibles en ce domaine et elles ont souvent déclaré être attentives à l’effet de leur politique sur la stabilité des marchés financiers mondiaux. Par ailleurs, il n’est pas exclu qu’une dévaluation forte résolve leur question de compétitivité car l’offre locale ne peut pas encore totalement se subsituer aux importations. Nous avons connu cette problématique au cours des années 80 en France. En conclusion, avec les éléments que nous avons en notre possession, ce scénario un peu catastrophe n’a pas notre faveur.

 

Le pétrole au plus bas : signe de récession ou ajustement géopolitique ?

Le baril de WTI s’est échangé ce vendredi en dessous de 30$, son cours le plus bas depuis le début 2004. L’effet sur les marchés peut être jugé comme paradoxal puisqu’ilreste un point très positif pour les importateurs de pétrole, en particulier l’Europe alors qu’il pénalise fortement les pays producteurs (Russie, Pays de Golfe, Afrique, Brésil, …), moins « directeurs » des mouvements boursiers. Les chiffres de l’évolution de la demande et de l’offre montrent assez clairement que l’offre est trop forte, essentiellement à cause d’une volonté de l’ensemble des acteurs de maintenir leurs parts de marché, coûte que coûte. A ce jeu et avec l’arrivée de l’Iran qui prévoit de mettre sur le marché quelques 500.000 barils par jour supplémentaires pour atteindre 1 million de barils d'ici la fin de 2016, il est peu probable, et peu importe la conjoncture, de revoir le prix du baril à un haut niveau. Ceci nous conduit donc à être très prudents sur la croissance des émergents producteurs de pétrole, car ceux-ci vont connaitre des difficultés financières très importantes tout comme la Russie et le Brésil. Là encore la rationalité des intervenants pétroliers devrait faire qu’une régulation de l’offre soit rapidement effectuée. Mais qui fera le premier pas ? Pour les entreprises européennes, hormis l’ensemble du secteur pétrolier ceci reste plutôt une assez bonne nouvelle.

 

Tenter d’accompagner les rebonds tant que la croissance mondiale reste solide.

Pour l’instant, la croissance mondiale est très modestement revue à la baisse, ce qui ne permet pas de justifier une aussi forte baisse des cours des actions et un tel écartement des spreads des obligations corporate. Les premiers résultats des entreprises qui nous sont parvenus ne modifient pas notre vision assez favorable sur les marchés actions, surtout en Europe.  Selon Factset, les résultats pour les sociétés du S&P sont attendus en baisse de 5.3% contre un repli de 0.6% attendu en début de trimestre. En Europe, certains secteurs ont profité de bonnes publications microéconomiques, c’est le cas de la consommation (Burberry, B&M, Tesco, Debenhams, WM Morrison…). Les bénéfices du secteur de l’énergie, des matériaux de base et dans une moindre mesure ceux de la technologie, des industrielles, des biens de consommation de base et des utilities sont attendus en repli. En conclusion, même si nous sommes conscients qu’il y a une part de risque dans notre stratégie, nous allons augmenter en début de semaine nos expositions aux actions en cohérence avec nos convictions.

 

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
HIXANCE PATRIMOINE 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Philippe DOUILLET / Jean-Noël VIEILLE Mixtes Europe Defensif 21.23 M€ 0.32 % -0.50 %

Articles similaires

L'HIRONDELLE NE FAIT PAS TOUJOURS LE PRINT...

Nous avons connu un assez fort rebond la semaine dernière des actions sur toute les places mondiales. Ainsi, la hausse du Stoxx 600 porte la...

08/03/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Allocations d'actifs / Commentaires de marché

LES MARCHÉS FINANCIERS SANCTIONNENT DE MA...

Encore une semaine difficile pour les marchés financiers. Il n’y a pas eu de facteurs majeurs pour expliquer ce retour de l’aversion aux risques...

09/05/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS

Allocations d'actifs / Commentaires de marché