Pour les Midcaps aussi, Cash is King

L'analyse de Antoine Bonduelle, gérant chez Alma Capital et Associés

02/03/2015 - Publié par ACA ASSET MANAGEMENT COMPANY & ASSOCIÉS dans Marché Actions

Pour les Midcaps aussi, Cash is King

+46 % en cinq ans, +27% depuis les points bas du 16 octobre 2014... Les bonnes performances de l’indice CAC Small ont de quoi faire des envieux. Notamment du côté des plus grandes capitalisations de la Bourse de Paris regroupées dans le sacrosaint CAC 40, qui continue d’accuser un retard significatif par rapport à son petit cousin sur longue période. Cette tendance témoigne, s’il fallait encore s’en convaincre, de l’attrait des investisseurs pour le compartiment des valeurs moyennes. Surtout dans un environnement où les mesures exceptionnelles d’assouplissement monétaire quantitatif mises en place par la BCE rouvrent l’appétit des opérateurs de marché pour le risque et alimentent une dynamique de flux positive vers les actions européennes.

Reste que, plus les cours montent, plus la question de la valorisation des petites et moyennes capitalisations se pose. Avec un PE prospectif sur douze mois de 20 (source : Factset), l’indice CAC Small s’échange, en effet, avec une prime d’environ 30 % par rapport à l’indice CAC 40.

Le vent a beau sembler porteur pour les actifs risqués, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Dès lors, un tri s’impose. De préférence en faveur des sociétés présentant de solides perspectives de croissance, alimentées par une politique de développement et d’investissement privilégiant l’innovation, la conquête de nouvelles parts de marché ou encore la modernisation de l’outil de production. Encore faut-il disposer de suffisamment de ressources financières pour y parvenir. En l’occurrence, certaines sociétés ont réussi à se constituer de confortables réserves de trésorerie grâce soit à une gestion budgétaire rigoureuse, soit à des restructurations, soit à des refinancements opportunistes dans un environnement de taux bas, soit encore à des programmes de cessionsd’actifs.

C’est le cas d’Interparfums, qui crée et distribue des parfums sous licences (Boucheron, Largerfeld,Montblanc,...). Sa situation financière fait ressortir un excédent de trésorerie supérieur à 220 millions d’euros, équivalant à plus d’un quart de sa capitalisation boursière. Fort de ce confortable volant de liquidités, le groupe pourrait bien procéder à de nouvelles acquisitions de marques ou de licences, qui viendraient gonfler ses revenus. De son côté, avec une trésorerie nette de 35 millions pour une capitalisation boursière de 169 millions d’euros, Infotel dispose de moyens suffisants pour maintenir un rythme de croissance organique proche de 10%. Autre exemple dans le monde des SSII, Neurones peut se reposer sur un volant de disponibilités de 120 millions d’euros pour participer à la consolidation de son secteur.

A l’heure où les multiples de capitalisation sont devenus relativement tendus, le « cash » utilisé à bon escient, constitue donc un élément de valorisation à prendre en considération. Et cela au travers des petites et moyennes capitalisations les plus à même de transformer leurs abondantes liquidités en points de croissance.

Antoine Bonduelle, gérant chez Alma Capital et Associés

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