Perspectives 2015 : préparez-vous à une hausse de la volatilité

Global Strategic Outlook - 4ème trimestre 2014 Allianz GI

14/11/2014 - Publié par ALLIANZ GLOBAL INVESTORS FRANCE dans Marché Actions

Perspectives 2015 : préparez-vous à une hausse de la volatilité
  • Dans la mesure où la politique monétaire reste particulièrement accommodante et que nos perspectives de croissances sont toujours modérément positives, nous anticipons un rebond des actifs risqués dans le sillage de la correction observée cet automne.
  • L'histoire nous enseigne que, tant que les taux sont maintenus en deçà de leur points de "neutralité", les actifs les plus risqués tendent généralement à bien performer, mais risquent de corriger en cas de revirement de la politique monétaire, en particulier aux Etats-Unis.
  • Les valorisations élevées de plusieurs classes d'actifs risqués contribuent également au risque des turbulences.
  • Les marchés restent exposés au risque d'une remontée de la volatilité, ainsi qu'à tout autre choc négatif, qu'il s'agisse d'une déception sur le front de la croissance ou de la situation politique.
  • Dans la mesure où la génération de performances fondée sur des positions directionnelles sur les marchés des actifs risque de devenir de plus en plus difficile, il sera essentiel de cibler la performance active au sein des différentes classe d'actifs

Au moment où nous écrivons ces lignes, les actions internationales se traitent à des niveaux globalement équivalents à ceux enregistrés en début d’année, tandis que les obligations internationales sont en hausse d’environ 7%. Les performances des investissements obligataires ont été particulièrement robustes, ce qui est étonnant si l’on garde à l’esprit qu’en début d’année, le consensus anticipait une remontée des taux de rendement et un repli des performances (avis partagé par Allianz Global Investors). Cependant, les performances des actions ont été décevantes et inférieures aux performances annuelles moyennes observées au cours des cinq dernières années (15% par an entre 2009 et 2013). Suite aux performances record enregistrées dans le sillage du point bois de marché touché en mars 2009, il n’est guère étonnant que les performances des actions commencent à s’essouffler, et cette tendance devrait perdurer. Par ailleurs, sur les marchés obligataires, nous nous positionnons également en prévision de moindres performances à venir que celles dont nous avons bénéficié à ce jour en 2014.

 

Perspectives de croissance

Ces perspectives quelque peu plus prudentes sur les performances des actifs n’impliquent pas pour autant que nos perspectives relatives à la croissance aient fondamentalement évolué.

Au sein des pays développés, nous pensons que la croissance devrait dans l’ensemble rester en ligne avec la moyenne au cours des prochains trimestres. Ces prévisions valent tout particulièrement pour les États-Unis où, suite à des chiffres de croissance en retrait en début d’année (dûs essentiellement à la rudesse exceptionnelle de l’hiver), les statistiques économiques ont de nouveau surpris à la hausse. Du fait de la reprise du marché de l’emploi et d’une croissance des salaires qui avoisine les 2%, la consommation des ménages devrait rester durablement un facteur de contribution à la croissance économique. En outre, suite à des années de croissance anémique, les dépenses d’investissement devraient elles aussi repartir à la hausse, grâce à l’amélioration des conditions de financement. Enfin, dans la mesure où la politique budgétaire se détend quelque peu après plusieurs années de restriction, les dépenses publiques devraient également soutenir positivement la croissance économique. Une fois n’est pas coutume, les États-Unis se distinguent comme le véritable moteur de croissance de l’économie mondiale.

Au Royaume-Uni, l’activité économique est également relativement robuste. En dépit des récents mouvements de marché, nous restons modérément optimistes à l’égard de l’Europe continentale du fait de l’amélioration des marchés de l’emploi, de la baisse des prix de l’énergie et de l’assouplissement des politiques budgétaires. Selon nous, la région devrait générer, l’année prochaine, un taux de croissance proche de son potentiel. Cependant, les risques baissiers pèsent très clairement sur le sentiment des investisseurs. En outre, la crise en Ukraine constitue également un risque et semble avoir affecté la confiance du secteur industriel, comme le montre le repli des indicateurs de confiance économique.


Au Japon, la croissance devrait rebondir au cours des prochains mois, dans le sillage d’une contraction majeure (proche de -7% sur une base annualisée au deuxième trimestre) qui s’explique par l’impact négatif de la hausse de la TVA en avril dernier. Cependant, les perspectives à moyen terme ne sont guère encourageantes au sein du pays. La politique Abenomics et les conditions monétaires ultra-accommodantes contribuent certes à relancer les exportations, grâce à la faiblesse du yen, mais l’économie souffre toujours cruellement d’un manque de croissance nominale. La simple hausse de l’inflation liée uniquement à la baisse de la devise ne saurait suffire. Dans la mesure où les revenus disponibles réels sont actuellement orientés à la baisse au Japon, du fait du repli du yen et de la hausse de l’inflation, les perspectives de croissance à moyen terme restent tout au mieux modérées, en dépit de la forte hausse des dépenses d’investissement des entreprises.

 

 

La dynamique de croissance se reporte vers les pays développés

 

Le Produit Intérieur Brut (PIB) au sein des marchés émergents reste supérieur à celui des pays développés. Cependant, la dynamique de croissance évolue progressivement en faveur de ces derniers : l’écart de croissance par habitant entre les marchés émergents et le monde développé a touché un point haut en 2008. Depuis lors, ce différentiel de croissance s’est rétréci et ne représente plus que 2,6% par rapport aux États-Unis. D’après les données de la Banque Mondiale, si l’on exclut la Chine, ce différentiel tombe même à 1,1%. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : en premier lieu, les pays émergents se sont développés au fil du temps pour atteindre une certaine maturité, ce qui se traduit par une moindre croissance de la productivité par rapport au passé. En deuxième lieu, la politique de yen faible menée actuellement par le Japon menace la compétitivité des exportations asiatiques à l’international. En troisième lieu, la vive hausse du niveau de levier au sein du secteur privé depuis 2008 à travers le monde émergent, et plus particulièrement en Chine, freine très clairement la dynamique de croissance tant en termes réels que nominaux. En effet, la croissance nominale chinoise a été quasiment divisée par deux depuis le début de la décennie. Ces deux derniers facteurs ont également des retombées négatives sur les perspectives de croissance de l’Asie, ainsi que sur l’évolution de la demande de matières premières et, par conséquent, sur les pays exportateurs de ces matières premières au sein du monde émergent, et notamment en Amérique latine. Cependant, nos indicateurs d’activité économique continuent de suggérer une légère accélération de l’économie mondiale, et ce malgré le récent ralentissement du momentum de croissance. Dans un tel contexte, les actifs risqués devraient de nouveau repartir légèrement à la hausse, en particulier suite à la correction observée en septembre et octobre.

 

Les valorisations élevées de plusieurs classes d’actifs risqués contribuent également au risque de turbulences.

 

Ce constat vaut pour les obligations d’entreprises, en particulier les titres du segment high yield. Ces obligations pourraient être pénalisées non seulement par la remontée générale des rendements souverains, mais également par un élargissement des spreads depuis des niveaux actuellement très faibles sur une base historique. En outre, plusieurs marchés d’actions sont actuellement surévalués, notamment l’indice S&P 500 qui se traite à un niveau de ratio P/E de Shiller proche de 24. À moins d’un revirement des politiques monétaires, les différentes classes d’actifs pourraient continuer de bien performer dans un environnement marqué par une politique monétaire ultra-accommodante. De plus, nous ne pensons pas que l’une de ces classes d’actifs soit touchée actuellement par un phénomène de « bulle » (nous analysons plus en détail les valorisations des actifs au sein de notre note dédiée à ce sujet). Cependant, plus la valorisation d’une classe d’actifs est élevée et plus le risque d’un retournement lié à une remontée soudaine de l’aversion au risque sera important. 

Jusqu’en été, la faiblesse de la volatilité sur les marchés d’actions, d’obligations et des changes, qui traduisait une certaine complaisance potentielle, militait en faveur d’une prudence accrue. Dans le passé, une volatilité faible a souvent constitué le signe avant-coureur d’une correction de marché. En outre, cette faiblesse de la volatilité n’a pas touché uniquement les cours : les anticipations de croissance, d’inflation et de bénéfices ont également évolué dans des bornes très étroites. Tout changement d’orientation de la politique monétaire (généralement un facteur déclencheur de volatilité), ainsi que tout choc négatif (sur le front de la croissance ou le front politique), risqueraient de raviver la volatilité des anticipations des investisseurs. Ce phénomène risquerait fort d’impacter les prix de marché, en particulier sur les segments dont la liquidité est faible d’un point de vue historique.

Cependant, dans la mesure où la politique monétaire reste particulièrement accommodante et que nos perspectives de croissance sont toujours modérément positives, nous anticipons un rebond des actifs risqués dans le sillage de la correction observée cet automne.

 

Nous confirmons également nos anticipations d’une tendance haussière sur le long terme des rendements des emprunts d’État de haute qualité. Toutefois, les investisseurs doivent continuer de se préparer à la hausse de la volatilité de marché. Dans la mesure où la génération de performances fondée sur des positions directionnelles sur les marchés risque de devenir de plus en plus difficile, il sera essentiel de cibler la performance active au sein des différentes classes d’actifs.

 

lire le rapport complet sur le site d'Allianz GI 

 

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
ALLIANZ ACTIONS EMERGENTES ALLIANZ GLOBAL INVESTORS FRANCE Actions Emergentes Monde 21.65 M€ 8.26 % 1.99 %

Articles similaires

PARADOXE AUJOURD'HUI, VÉRITÉ DEMAIN

L’année 2012 nous a apporté un nouveau lot de paradoxes. Ils ont été particulièrement frappants sur les marchés financiers, qu’il s’agisse du...

18/12/2012 - Publié par DEGROOF GESTION

Actions / Analystes et économistes

REGARD SUR LES MARCHÉS : LETTRE MENSUELLE...

Après deux mois de respiration et une nouvelle phase d’anxiété début novembre, les marchés rebondissent et semblent à nouveau croire en un...

10/12/2012 - Publié par LA FRANCAISE ASSET MANAGEMENT

Actions / Analystes et économistes