Pauvre France ?

14/01/2013 - Publié par Marc GILSON dans Marché Actions

Pauvre France ?

Si on en croit plusieurs observateurs étrangers et un nombre croissant de Français, la plus grande menace pour la zone euro et la monnaie unique est devenue le pays considéré comme la seconde puissance du continent européen : la France.

 

Ces mêmes observateurs notent que la perte de compétitivité du pays, au cœur des débats et mise en évidence par les récentes statistiques sur la balance commerciale, ne pourra pas être combattue sans une véritable révolution de l’organisation du monde du travail et des dépenses publiques. Les premières mesures s’appliqueront en 2014, peut-être trop tard. L’endettement du pays s’accroitra encore d’ici-là.

 

Quelques faits cités par un article que nous vous invitons à lire (en anglais, mais très accessible) : http://finance.fortune.cnn.com/2013/01/09/france-economy-crisis/

 

• Depuis 2005, les coûts unitaires du travail – la dépense pour produire une voiture ou de l’acier, par exemple- a augmenté de 17% alors qu’il grimpait de 10% en Allemagne, 5,8% en Espagne, 2% en Irlande. Les travailleurs français gagnent en moyenne 35,3 euros par heure contre 25,8 en Italie, 22 en Grande Bretagne et en Espagne. Et ils travaillent 35 heures par semaine, dans le cadre de contrat à durée indéterminée pour 86% d’entre eux, un record en ma matière.

• En France, pour 100 euros de dépenses en travail, 42 vont aux charges sociales contre 34 en Allemagne, 25 en Grande Bretagne et 20 aux USA.

• En 1999, la France représentait environ 7% des exportations mondiales contre 3% actuellement (et ce chiffre diminue rapidement). Bien entendu, le volume du commerce mondial s’est accru mais cela n’explique pas cette chute.

• Les dépenses publiques représentent 57% du PIB, dépassant de 12 points ce qu’on constate en Allemagne.

• Les dépenses des touristes vont en diminuant, même le luxe souffre.

 

S’il est facile de constater, il est bien plus compliqué de réagir. L’organisation d’un pays est un tout ; les interdépendances sont telles que tout mouvement dans un secteur, toute modification règlementaire, tout changement d’orientation ont des conséquences directes ou indirectes sur le reste de l’organisation sociale. Certains pays ont choisi la manière forte : l’Islande, l’Irlande, la Grèce, l’Espagne. Certains voient déjà apparaître des résultats sur leur compétitivité, d’autres n’en verront probablement jamais ou alors dans des années. Les pays qui choisissent la manière douce comme la France ou le Benelux doivent compter sur des aléas positifs, le plus important de ceux-ci étant une reprise de l’activité mondiale tant aux USA que dans les pays émergents. Quant à ceux qui ont déjà agi il y a longtemps, comme l’Allemagne et de nombreux pays émergés, ils doivent se préparer à sortir de l’austérité forcée sous peine de voir leurs populations réclamer plus violemment leur juste part des bénéfices de la prospérité.

 

La compétition entre nations est plus forte que jamais. Il n’y a pas de place pour les sentiments dans ces combats. Et les alliances ont souvent des arrière-pensées égoïstes.

 

Il faut simplement que les visées de ces égoïsmes soient de temps en temps les mêmes pour que les forces s’alignent et que des unions apportent une nouvelle force. On attend cela avec une certaine impatience…


Bonne semaine

.
Marc Gilson

PS : Marchés. En complément à notre Billet précédent qui parlait du VIX : "Retour des optimistes, ou pas ?", un autre indicateur qui montre un sentiment positif pour le marché des actions : les mouvements d’entrée d’argent dans les fonds d’investissement. On passe dans le sentiment fort de marchés haussiers.

 

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