Ouzo, bière et Campari sont-ils compatibles ?

05/01/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Ouzo, bière et Campari sont-ils compatibles ?

L’année 2014 aura été sans grand relief pour les marchés boursiers européens qui finissent soit légèrement positifs soit négatifs, le deuxième semestre ayant annulé tout ou une partie des gains du premier semestre. On en connait les raisons : conflit Ukraine / Russie, spectre de la récession en Europe, baisse du prix du pétrole, environnement politique très instable en provenance de la Grèce, ceci ajouté aux doutes sur les réelles capacités d’intervention de la BCE. Ces éléments n’ont évidemment pas disparu de l’environnement lors du changement d’année et il est probable que ce début d’année 2015 soit encore marqué par un retour de la volatilité en fonction de l’évolution de l’actualité des sujets mentionnés ci-avant. Nous allons avoir deux rendez-vous importants en janvier : l’intervention de la BCE le 22 et le résultat des élections grècques quelques jours plus tard. A n’en pas douter, ces deux événements seront les principaux marqueurs de ce premier semestre. 

L’Allemagne et l’Europe font pression sur la Grèce ….

Ce week end, l’Allemagne a tenté de mettre un peu la pression sur les électeurs grecs. La chancelière allemande aurait ainsi laissé dire samedi qu’elle était prête à laisser sortir la Grèce de la zone euro au cas où la gauche radicale remettrait en cause la politique de rigueur budgétaire dans ce pays. Mais un porte-parole du gouvernement allemand a rappelé ensuite que « la Grèce a toujours tenu ses engagements par le passé et que le gouvernement allemand suppose que la Grèce continuera à remplir ses engagements contractuels envers ses créditeurs. » Ces prises de positions tendent à convaincre le leader de Syriza, de ne pas remettre en cause la restructuration de la dette grecque. Ce dernier, favori aux prochaines élections législatives anticipées qui vont se tenir le 25 janvier, avait en effet indiqué qu'il voulait en finir avec la politique d'austérité imposée au pays par ses créanciers internationaux (la troïka UE, BCE et FMI) en échange de quelques 240 milliards d'euros de prêts. Il souhaitait pouvoir renégocier une nouvelle restructuration de la dette publique. Durant cette phase électorale, les mises en garde de l’Europe vont donc se répéter et les leaders grecs devront à la fois entendre ce message et en même temps montrer qu’ils ne sont pas sous contrainte européenne afin de recueillir un soutien électoral, dilemme assez difficile à tenir. Même si ceci va amener de la volatilité sur les marchés, il reste assez peu probable que le gouvernement qui sortira des urnes jouera la sortie de l’euro car ce n’est pas une position majoritaire dans le pays. En revanche, les deux parties devront faire de nouvelles concessions.

 

Draghi devra agir fin janvier

 

La poursuite de la chute du baril de pétrole, son impact à la baisse sur l’inflation vont contraindre les banques centrales à ajuster leurs stratégies. Il devient ainsi un peu plus certain que l’inflation sera négative en zone euro au cours du premier semestre 2015. Cela devrait conduire la BCE à racheter plus d’actifs et en plus dans un délai assez court. C'est ce qu’ont laissé entendre les propos tenus par l'économiste en chef de la BCE dans une interview récente au Börse Zeitung. Les raisons fondamentales de cette intervention sont liées à la baisse du baril de pétrole qui risque de dégrader les anticipations d'inflation ; celle-ci passerait pour une période prolongée en territoire négatif en 2015. Ainsi la BCE doit éviter les risques d'effets de second tour, plus élevés que par le passé (modification des comportements, y compris en termes de rythme d'augmentation des salaires). Des salaires en baisse auraient en effet un impact très négatif sur la croissance à venir. L’économiste de la BCE a ainsi voulu rassurer les investisseurs, et aussi faire pression sur l'Allemagne pour qu'elle accepte de se rallier à l'adoption de mesures additionnelles et significatives dès la prochaine réunion de politique monétaire du 22 janvier, ce qui manifestement n’est pas encore totalement acté. L’enjeu du côté allemand consiste à ce que ces éventuels achats d’actifs ne soient pas utilisés par certains Etats, notamment ceux du sud et aussi la France, comme une justification à ne pas poursuivre les réformes structurelles que ces pays doivent entreprendre. Ainsi la BCE pourrait demander à certains pays des garanties, par exemple la mise en place de pools d'actifs en contrepartie de l'achat de dettes par l'institution.

 

Un début de mois chaotique mais le fondamental reste positif

 

Le retour à une parité euro/dollar proche des 1,20 et le maintien d’un baril de pétrole à un bas niveau sont des éléments très positifs pour l’économie européenne. En conséquence les résultats du dernier trimestre 2014, ainsi que ceux du premier trimestre 2015 devraient être de bonne facture. Il est ainsi tout à fait possible qu’avec une intervention massive de la BCE fin janvier, la hausse de l’année se fasse au cours de ce premier semestre. Il faut donc s’y préparer. En conclusion, nous voudrions profiter de cette première lettre pour vous souhaiter une excellente année 2015.

 

Lettre hebdomadaire 360Hixance am n° 126, lundi 05 Janvier 2015

Par Jean-Noël Vieille

Articles similaires

ACTIS AM : MESSIEURS LES ANGLAIS, TIREZ LE...

Pas près de sortir l’article 50, Theresa May ! Rien en effet, sans un « vrai consensus national » ralliant l’autre moitié du Royaume-Uni a déclaré...

12/09/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT

Allocations d'actifs / Commentaires de marché

HERMITAGE GESTION PRIVÉE : QUELLES PERSPE...

Quelles perspectives pour les marchés financiers dans un environnement de taux négatifs et deux mois après le Brexit ? Tout d’abord, nous...

31/08/2016 - Publié par HERMITAGE GESTION PRIVÉE

Allocations d'actifs / Commentaires de marché