Obligations émergentes : une classe d'actifs à redécouvrir.

28/03/2016 - Publié par Jérôme BOUMENGEL dans Marché Autre

Obligations émergentes : une classe d'actifs à redécouvrir.

Alors qu’une part de plus en plus importante des emprunts d’Etat des pays développés est émise à des taux négatifs, les investisseurs institutionnels se tournent vers des placements alternatifs plus rémunérateurs, telles que les obligations émergentes.

Rappelons que depuis plusieurs années, les politiques monétaires des pays développés sont axées sur la recherche de l’inflation, alors que les banques centrales des pays émergents cherchent avant tout à combattre l’inflation qui était encore galopante il y a quelques années.

A titre d’illustration, la moyenne des taux d’inflation des BRICS ressort actuellement autour de 6,9%, contre 0,3% pour les pays développés (U.E, USA, UK, Japon et Suisse).

La conséquence de ces politiques monétaires divergentes se traduit par des taux d’intérêt plus alléchants pour les pays émergents. C’est ainsi que pour les BRICS, la moyenne des taux directeurs des banques centrales ressort à 8,6%, contre 0,15% pour les pays développés. Toutefois, le spread se réduit si l’on tient compte de l’inflation : 1,7% pour les BRICS, contre -0,15% pour les pays développés.

Mais le taux d’intérêt ne doit pas être le seul critère à prendre en compte dans l’achat d’obligations émergentes. Le risque de change est important, et celui d’un défaut de paiement est loin d’être nul.

Concernant le risque de change, rappelons à titre d’exemple, qu’en 2015, le rendement moyen d’une obligation brésilienne n’a pas compensé la baisse de 10% du Réal contre le dollar. Et que dire des conséquences de la chute de plus de 40% de la valeur du rouble !

Si l’on ne souhaite pas utiliser les obligations émergentes comme un véhicule pour spéculer sur les taux de change des pays emprunteurs, il est préférable de privilégier les obligations émergentes émises en dollars, plutôt que dans une monnaie locale.

Concernant le risque de défaut de paiement, on prendra garde aux obligations émises par les entreprises du secteur privé. En effet, ayant profité des politiques monétaires accommodantes des banques centrales des pays développés, les entreprises des pays émergents se sont massivement endettées.

Selon les chiffres d’UBS, la dette de ces entreprises a été multipliée par 10 entre 2009 et 2015, pour atteindre 1000 milliards de dollars, dont plus de 40% sont liés au secteur des matières premières et du pétrole.

Je suis donc d’avis de privilégier les obligations souveraines des pays émergents, dans la mesure où leur taux de défaut est sensiblement plus faible que celui des obligations d’entreprises de ces mêmes pays émergents.

Il me semble donc opportun de revenir sur cette classe d’actifs, dont certains supports d’investissement offrent encore un rendement de distribution proche de 5%.

 

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