N’imaginez pas que votre banquier est compétent...

Le billet quotidien de Marc Gilson

26/07/2012 - Publié par FUCHS & ASSOCIÉS FINANCE dans Marché Allocations d'actifs

N’imaginez pas que votre banquier est compétent...

Dans la prolongation du dernier Billet, nous avons trouvé sur le blog de « l’or et l’argent » cette réflexion dont nous vous livrons un extrait :

 

« Les dettes accumulées sont trop importantes pour imaginer que l’on puisse les payer grâce à une croissance qui ne fera jamais son retour. Alors la seule option des autorités est de gagner du temps, acheté chaque fois de plus en plus cher (sous forme d’inflation et de nouvelles dettes). Plus nous gagnons du temps plus nous pensons que nous ne risquons rien.

 

C’est la célèbre histoire de la dinde de noël. Tous les jours pendant 1000 jours, la dinde est nourrie, engraissée. Chaque jour qui passe pendant cette période renforce la dinde dans sa croyance que demain sera identique à hier et qu’elle recevra une pitance abondante. Au bout de 1000 jours, le degré de confiance éprouvée par la dinde atteint son paroxysme. Le soir même la dinde est tuée. Le lendemain vous la mangez dans votre assiette. La dinde est morte alors que l’indice de confiance de la dinde était au plus haut.

 

N’imaginez pas que votre banquier est compétent. En fait c’est l’inverse depuis hélas bien longtemps. Les banquiers sont recrutés pour leur incompréhension de l’économie et du système (je parle des banquiers d’en bas, c’est à dire de ceux qui s’occupent de votre argent). Pourquoi ? Pour une raison simple. Imaginez une personne qui pense par elle-même, qui comprend la situation et à qui on demande de vendre à ses clients des produits qu’il sait mauvais et qui vont entrainer la perte de l’épargne de son client qu’il voit toutes les semaines. Quelle sera sa réaction ? Il ne vendra pas grand-chose. Or votre agence à des objectifs. Résultat, pour avoir les meilleurs vendeurs, il faut recruter des vendeurs de raquettes de tennis de chez décathlon. Pas des économistes. Enfin, ces collaborateurs subiront un véritable lavage de cerveau hebdomadaire et mensuel. On leur donne la bonne parole, on homogénéise les discours de tout le monde, on supprime le libre arbitre. Celui qui remet en cause est poussé vers la sortie.

 

Un dernier conseil : faites passer un petit test à votre banquier qui normalement à moins de 40 ans (on s’est débarrassé des seniors qui comprenaient encore quelque chose à l’économie et à la finance et qui savaient lire et écrire en français), pour confier vote argent aux mains incultes de vendeurs de savonnettes. Demandez-lui comment fonctionnent les CDS ? Demandez-lui quelle est la taille du bilan de sa banque par rapport à ses fonds propres ? (là on  va franchement rigoler). Demandez-lui ce que sont les normes de Bâle 3 ou Solvency 2, il devrait y avoir un moment de flottement…

 

Lors de notre dernier Comité Stratégique, l’ambiance n’était pas à l’optimisme. Extrait :

 

« Si on se réfère au focus qui avait été consacré à l’Espagne, on ne peut pas s’étonner vraiment de ce qui se passe sur les marchés : le pays est en quasi-faillite  et par ricochet toute l’Europe se trouve en situation d’urgence.

 

Depuis lundi, il est interdit de procéder à des ventes à découvert sur le principal indice espagnol, l’IBEX. Les taux à 10 ans passent au-delà de 7,40%. On voit les taux à deux ans grimper au-dessus des taux à 10 ans, ce qui est un message clair des marchés : le ‘bailout’ de la dette ibère est proche… Logiquement, vu l’interconnexion entre les pays, Moody’s a mis les valeureux AAA (l’Allemagne, les Pays Bas et le Luxembourg) sous surveillance négative. Au grand dam de politiciens allemands qui commencent à trouver cette situation trop lourde et dangereuse pour leur vertueuse nation.

 

Aujourd’hui la BCE n’a pas les moyens de sauver à la fois l’Espagne, l’Italie et la Grèce. Or le problème espagnol est en train de relancer le problème grec

 

Le débat est ouvert : La BCE doit donc intervenir le plus rapidement possible, et mettre en place un programme comme le TARP (Troubled Asset Relief Program), programme mis en place aux USA en octobre 2008 pour renforcer le système financier US après la faillite de Lehman Brothers. Ou bien, la BCE doit encore baisser son taux de refi, quitte à le rendre négatif, afin de relancer le marché interbancaire. Mais il faut aussi envisager la monétisation des dettes, c’est-à-dire faire tourner la planche à billets pour racheter encore et encore les dettes pourries. Etc. On peut même se poser la question : si la BCE faisait le premier geste avec un taux de refi négatif, cela ne pourrait-il pas inciter la Fed à suivre et à lancer un QE3.

 

Décidemment, les données macro sont loin d’être positives. Ajoutons-y une petite consolidation du marché immobilier US, du rififi dans les clans politiques chinois (pays dont les statistiques ne sont pas bien terribles), des résultats décevants de la part des entreprises technologiques américaines (notamment Apple) qui renforcent encore le sentiment que l’économie locale est en récession ou proche d’y être ».

 

 

L’histoire nous apprend que les révolutions sont nées lorsque les états étaient devenus tellement exsangues que leur population pressurée n’avait plus rien à perdre et préférait se lancer dans la bagarre contre l’autorité. Dans le temps, c’étaient les guerres incessantes qui appauvrissaient les monarques. Aujourd’hui, pour avoir la paix, les dirigeants ont dépensé sans compter pour donner une illusion de bien-être aux populaces et les laisser croire que tout devait continuer ainsi jusqu’à la fin des temps.

 

Bonne journée,

 

Marc Gilson

 

 


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