Mois encore très difficile pour le marché des actions

Le décryptage des marchés de Jean-Noël VIEILLE, Directeur de la gestion de 360Hixance am

11/03/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Mois encore très difficile pour le marché des actions

Février a été un mois encore très difficile pour le marché des actions. Nous avons connu des baisses supérieures à 10% durant les deux premières semaines avant de connaître un rebond et surtout un regain de volatilité.

 

Les marchés continuent de s’inquiéter de la possibilité d’une nouvelle crise financière. Les risques politiques augmentent en Europe (Portugal, Espagne, Grande-Bretagne), ainsi que les questions géopolitiques (tensions venant de la crise des réfugiés). A cela s’ajoutent le ralentissement de la croissance mondiale et les inquiétudes sur la solidité du système bancaire (Italie, effets du bail-in). De notre côté nous sommes convaincus que ceci ne peut pas déclencher de crise grave car les déterminations politiques sont fortes pour éviter ce scénario, les banques centrales ont réaffirmé la mise en place de soutien. Au final, La situation financière des banques reste bonne en dehors de certaines petites banques italiennes mais ce risque doit pouvoir être géré en interne avec un effet de contagion limité. Les marchés financiers de la zone euro sont fragilisés depuis le printemps 2015 par le risque de dépréciation du RMB chinois et par la baisse du prix du pétrole. Là encore, des signes positifs existent : les autorités chinoises ont réaffirmé qu’elles n’utiliseront plus la dépréciation du RMB comme arme politique et économique.

 

Du côté du pétrole, nous devrions nous orienter vers une stabilisation du prix du baril, bien qu’il ait décroché et qu’il garde une très forte volatilité. L’accord de gel de la production par les quatre principaux producteurs a été jugé décevant.

 

Par ailleurs, nous avons assisté sur le mois à un renforcement du dollar, lié notamment à des indicateurs meilleurs qu’attendus aux Etats-Unis.

 

Concernant la croissance, selon les prévisions de l’OCDE, l'économie mondiale enregistrera une croissance de 3 % cette année et de 3,3 % en 2017. Le taux de croissance s'établirait à 2 % en 2016 et à 2.2 % en 2017 aux États-Unis, tandis que la croissance économique de la zone euro devrait s'élever à 1,4 % en 2016 puis 1,7 % l'année prochaine. En Chine, où devrait se poursuivre le rééquilibrage de l'économie du secteur manufacturier vers les services, le PIB va augmenter de 6,5 % en 2016 et de 6,2 % en 2017. L'Inde conservera une croissance forte, qui devrait s'élever à 7,4 % en 2016, puis à 7,3 %. Le Brésil est plongé dans une grave récession et son économie devrait se contracter de 4 % cette année avant de commencer à sortir de cette récession l'année prochaine. Selon l'OCDE, les politiques monétaires devraient conserver une orientation très expansionniste dans les économies avancées, jusqu'à ce qu'il apparaisse clairement que l'inflation évolue durablement vers les objectifs officiels, l’organisme appelle aussi à la mise en place par les gouvernements de mesures de soutien.

 

Côté obligataire, nous assistons toujours à un manque de liquidités qui pèse sur les prix tandis que ce marché subit les évolutions négatives du marché des actions et connait un fort écartement des spreads de crédit. Les marges de crédit ont explosé à la hausse : l’indice Itraxx Crossover (signatures de rating BBB+ à BB-) s’est écarté de + 118bps sur les 10 premiers jours du mois, sur la même période l’indice Itraxx du secteur financier s’est écarté de +47 bps sur les obligations seniors et de +112bps sur les obligations subordonnées.

 

Le 11 février a toutefois constitué un vrai point d’inflexion pour les marchés actions et obligations : les indices boursiers européens ont repris pratiquement 10% sur la deuxième partie du mois de février et les spreads de crédit se sont très nettement resserrés sans néanmoins pouvoir effacer totalement le mouvement d’élargissement de début de mois.

 

Dans cette ambiance de stress des marchés financiers, seuls les emprunts souverains, bénéficiant de leur statut d’actif refuge ont performé de façon positive. Les emprunts d’états à 10 ans sont ainsi passés depuis le début de l’année de 1,00% à 0,46% en France et 0,63% à 0,11% en Allemagne. Une grande partie de la courbe des taux des emprunts d’états français et allemands se situe maintenant en territoire négatif : jusqu’à 7 ans en France et jusqu’à 9 ans en Allemagne.

 

Ce contexte reste donc toujours très fragile et nous devrions continuer à avoir une volatilité assez forte. Le rebond a été assez important au cours des dernières semaines et nous atteignons en Europe nos objectifs de valorisation des indices (4466 pour le CAC 40, 3193 pour l’Eurostoxx, 4170 pour le Nasdaq et 1821 pour le S&P). Il est donc possible que nous assistions désormais à une consolidation assez temporaire. L’élément clef à court terme va rester les interventions des banques centrales, une déception de la part de la BCE (10 mars) pourrait cristalliser à court terme cette baisse.

 

En perspectives, la forte volatilité va probablement encore se poursuivre sur l’ensemble des classes d’actifs, nous ne faisons toutefois pas de notre scénario celui d’une nouvelle baisse violente, au contraire il faudra être opportuniste et saisir à un certain moment les opportunités d’achat.

 

Les décisions du mois de février :

En début de mois, nous avons liquidé notre position sur les actions américaines en vendant les fonds MAM America et US Opera sur les portefeuilles patrimoniaux et en réduisant de moitié la position sur les portefeuilles dynamiques (pour atteindre 5%).

Après avoir atteint les plus bas sur les indices, nous avons décidé d’augmenter l’exposition globale aux actions en investissant dans le fonds Hixance Europe Convictions pour les portefeuilles en fonds et en actions sur les autres : achat de Ferrovial, Michelin pour les portefeuilles PEA et dynamiques ; Ingenico et Michelin pour les portefeuilles équilibrés.

Concernant les portefeuilles prudents, nous avons décidé de diminuer notre position sur le fonds Schelcher Prince Opportunité afin de rentrer sur le fonds Sisf European Alpha Absolute Return.

En fin de mois, les mandats PEA sont exposés en actions à 94%, les dynamiques à 90%, les équilibrés à 57%, les mandats patrimoniaux sont exposés à 34% et les prudent à environ 11%.

 

Document adressé aux professionnels de la finance. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Document non contractuel. Le présent document contient des éléments d’information, des opinions et des données chiffrées que 360 Hixance am considère comme exacts ou fondés au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier du moment. Il est produit à titre d’information uniquement et ne constitue pas une recommandation d’investissement personnalisée.

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