Marchés : reculer pour mieux sauter ?

19/09/2012 - Publié par FUCHS & ASSOCIÉS FINANCE dans Marché Allocations d'actifs

Marchés : reculer pour mieux sauter ?

Après quelques semaines très positives en bourse, il est tout-à-fait compréhensible que nous assistions à des prises de bénéfices et à certaines consolidations. Sur les places financières, les opérateurs ont eu toutes les raisons de se réjouir suite aux décisions de la BCE et de la FED, au soutien d’Angela Merkel à Mario Draghi. Les politiciens ont compris qu’il fallait éviter de se battre contre la BCE, qu’il fallait accepter d’injecter un peu d’inflation dans le système. Alors que la FED et la BoE (Bank of England) se sont contentées de faire tourner encore et encore la planche à billets génératrice d’inflation, que la Banque du Japon (BoJ) vient de décréter également la mise en place d’un programme quasi illimité de rachat d’obligations, la BCE, elle, a promis d’utiliser des moyens de stérilisation qui devraient permettre de ne pas subir les conséquences inflationnistes au sortir de la crise économique, ce qui est et sera tout bénéfice pour la zone euro. Le risque de déflation semble s’éloigner et c’est tant mieux : on a constaté depuis deux ans que chaque fois qu’il diminuait, la valeur des actifs risqués en profitait pour remonter…

 

Les actions tout comme l’euro ou l’or sont plutôt surachetés. Une baisse des cours, dans un contexte géopolitique assez tendu (relations sino-japonaises, tensions Iran-Israël, quasi guerre civile en Syrie, répression en Afrique du Sud, colères des musulmans), est donc aussi attendue que prévisible, son ampleur devant rester faible selon le sentiment des observateurs. (Ce qui est loin d’être une certitude donc ;-)).

 

Les détracteurs des politiques visant à utiliser la planche à billets sont très nombreux cependant. Les commentaires de Thomas Veillet (Morningbull) publiés ce matin sont un bon résumé  de l’ambiance. Extraits :

 

L'Europe digère, le temps est aux questions : la ‘’calmitude’’ du marché qui ne veut plus vraiment baisser nourri par les investisseurs qui sont aux aguets qui préfèreraient ne pas rater la prochaine « jambe » du rallye, s’il doit y en avoir un, fait que le marché prend un peu son temps et se pose des questions sur le bien-fondé des décisions des banques centrales et si ces dernières marquent (enfin) la fin de la crise. Les avis sont partagés, mais hier c'est clairement les « neinsager » qui remportaient la palme, puisque l'on peut tout de même noter deux ou trois commentaires incendiaires au sujet de l'action des banques centrales. J'aurais même tendance à dire que l'opposition donne de plus en plus de voix et qu'à ce rythme-là les intégristes islamistes qui couinent pour cette raclure de film tournée en Super 8, vont faire pâle figure comparés aux stratégistes hyper-négatifs qui estiment que Bernanke nous a envoyé droit dans le mur...

Pour la postérité on pourra retenir le commentaire d'un des économistes de l'Université de New York (non, ce n'est pas Roubini, c'est Aswath Damodaran) qui estime que la FED se « rapproche un peu plus de la folie ». Mais il y a aussi un des stratège de chez Morgan et Stanley, Adam Parker, qui pense que les dernières actions de la banque centrale américaine se rapproche plus d'une injection d'héroïne et que Bernanke est le « dealer de l'économie », mais le plus fort c'est Bob Janjuah de chez Nomura qui déclare : « Dans quelques années lorsque les historiens chercheront dans le passé pour déterminer à quel moment l'Ouest a perdu son statut de superpuissance et quel est le jour ou l'Occident a perdu son leadership ambitieux en termes de gestion économique et financière prudente, je pense que septembre 2012 se démarquera comme un point pivot important »... Bon, en même temps, Bob, ça fait des mois qu'il prône l'Apocalypse, alors forcément au bout d'un moment ça doit énerver.

Aux USA je n'ose même pas prononcer les mots « prise de profits » ou « correction », même le mot « baisse » serait usurpateur, puisque le marché US était en rouge sur le S&P (0.15%), en rouge sur le Nasdaq (0.02%) et en positif sur le Dow Jones (0.09%) Comme vous le voyez, pas de quoi en tirer des conclusions. Une journée qui n'allait nulle part en ce qui concerne les indices puisque la plupart des nouvelles publiées hier se neutralisaient mutuellement.

 

Le mot me plus entendu du côté des analystes de notre Comité Stratégique a été consolidation, accompagné du qualificatif ‘temporaire’. La prime de risque est probablement trop faible maintenant mais après ce mouvement de baisse elle redeviendra suffisante pour justifier un retour sur les marchés.

 

Malgré tout ce qui s’est passé depuis juin, il faut constater que les institutionnels comme les particuliers sont restés très peu investis en actions, probablement tétanisés par des peurs qui se sont progressivement atténuées. Après un petit moment de recul – et on se souviendra que statistiquement septembre est le moins bon mois de l’année en termes de performance -, ils devraient commencer à envahir les marchés afin de ne pas rater leur année, et leur afflux contribuera à tenir la tendance haussière. Pour peu que la saison des résultats trimestriels qui commence bientôt soit conforme aux prévisions, on devrait finir l’année en beauté.

 

Que se passera-t-il en 2013 ? Le choc entre la réalité macroéconomique et l’optimisme des marchés pourrait entraîner quelques surprises. Les débats font rage au sujet des mesures à prendre maintenant pour la croissance, dans un contexte de rigueur qui amène bien des gouvernants à prendre des mesures contra-cycliques, qui vont donc à l’encontre des plans de relance possibles. Les années électorales US sont très souvent positives alors que les années de début de règne sont souvent négatives

 

Octobre verra aussi la fin du suspense sur la course ‘politique’ en Chine. On se bien que le team des voitures libérales sera vainqueur mais on ignore encore quel sera le pilote qui franchira la ligne en premier. En tout cas, les observateurs s’accordent à dire que le pays évitera un crash landing et cela se reflète déjà dans le prix des matières premières qui reprend de la hauteur.

 

En résumé : le sentiment qui domine est assez optimiste pour les actions, les matières premières, l’euro pour les 2 ou 3 mois à venir. Pour le reste…

 

Bonne journée

 

Marc Gilson

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