Mais quand cette boucle temporelle va-t-elle cesser ? Faut-il attendre le Brexit, la Fed, un cygne noir pour taper dans la fourmilière???

L'econolclaste d'Actis - le 23 mai 2016

23/05/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Mais quand cette boucle temporelle va-t-elle cesser ? Faut-il attendre le Brexit, la Fed, un cygne noir pour taper dans la fourmilière???

LA CITATION DE LA SEMAINE

« Un gouvernement peut se permettre une année de vivre au-dessus de ses moyens. Un ménage aussi. Mais vous comme moi, nous savons qu’en faire une habitude mène droit à la soupe populaire » - Franklin Roosevelt (1882-1945), Politique américain, 4 fois Président.

 

 

L'ACTU EN CHIFFRES

1 284 : est le nombre de nouvelles planètes découvertes en 2016 en dehors de notre système solaire, grâce au télescope spatial Kepler, doublant ainsi le nombre de planètes de ce type déjà connues. Un premier pas pour guider de futures missions pour découvrir des petits hommes verts.

130 : est le nombre de compagnies pétrolières et gazières exploitant le schiste américain ayant fait faillite depuis 2015 pour environ 44 milliards de dollars.

65 : est en pourcentage le nombre d’actifs à l’échelle mondiale cherchant un nouvel emploi dans les 91 jours suivant leur embauche.

18,9 : est en pourcentage la proportion des plus de 65 ans aux Etats-Unis toujours plus nombreux à occuper un emploi régulier. Un record depuis un plus bas de 1985 (10%) et un niveau actuel proche de…1965.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE 

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Des marchés toujours dans le pot au noir.

Il faut de grosses doses d’excitants en intraveineuse pour ne pas sombrer en léthargie. Depuis 3 semaines, le marché parisien (indice Cac40) est tanké sur 100 points de range (2%)  autour de 4300 points, les drivers essentiels demeurant les bancaires et le pétrole.

A chaque séance, les investisseurs ont ce sentiment étrange d’éprouver ce que, chaque matin de la célébration du Jour de la marmotte, Bill Murray ressent dans le cultissime film « Un jour sans fin »…

Mais quand cette boucle temporelle va-t-elle cesser ? Faut-il attendre le Brexit, la Fed, un cygne noir pour taper dans la fourmilière???

Pas représentatif du tout, mais vraiment rien à voir avec les valeurs qui elles, suite à des guidances malheureuses ou simplement un peu prudentes bien souvent, se font littéralement étrillées. A l’instar d’Eutelsat (-35%) et de la distribution américaine depuis 10 jours (entre -10% et -30% pour les titres) en pleine fièvre hémorragique…excepté Wal-Mart qui tire son épingle du jeu. De plus en plus, de marques (Lacoste, Calvin Klein, Levi Strauss, Gap) repensent leur distribution (donc leur réseau) en s’appuyant sur la logistique  d’Amazon qui renverse toutes les lignes.

A l’inverse, on notera la réaction intéressante du titre parapétrolier Technip qui, à l’annonce du rapprochement avec l’américain FMC Technologies, a bondi de 13%, comme quoi les attentes sur le secteur sont à la consolidation, une nécessité vitale,  tant la situation des acteurs parait fragile. Une probable sortie de l’indice Cac 40 avec la future domiciliation à Londres du nouveau groupe pétrolier constitué (20 MM USD à terme et 49 000 salariés) est à attendre.

 

OPA encore.

Le secteur de la chimie et des engrais est en pleine ébullition (comme dans la santé) avec des rapprochements entre titans : après le rachat du suisse Syngenta par le chinois étatique ChemChina pour 43 MM USD, Dupont et Dow Chemical d’égal à égal pour 130 MM USD, vient le tour de Monsanto (43 MM USD au minimum) d’être dans le viseur de l’allemand Bayer (83 MM USD) pour un montant encore non précisé. Cette course au gigantisme répond à une logique de sécurité alimentaire dans le cas chinois, et de survie tout court dans un secteur où les rapports commerciaux deviennent très âpres.

Selon une étude de l’OCDE, 9% des emplois dans le monde présentent un risque élevé d’automatisation (même chiffre pour la France, 2,4 M d’emplois).

Coïncidence ou pas, le géant chinois de l’électroménager Midea a annoncé son intention de prendre le contrôle du fabricant allemand de robots Kuka valorisant le groupe à 4,6 milliards d’euros (prime de 25%). Fondé en 1898, Kuka est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux des robots avec Fanuc, ABB et Yaskawa.

Quitte toutefois à créer une bulle avec une progression du parc robotique de 30% par an juste derrière la Corée et le Japon.

Depuis 2013, la Chine est le pays qui consomme le plus grand nombre de robots, un sur cinq l’année dernière, mais comme Pékin veut qu’ils soient de plus en plus fabriqués sur place, chaque collectivité locale rivalise pour avoir son parc robotique. On en compterait une quarantaine dans les cartons, soit plus d’un par province !

Ceci s’inscrit dans une logique pour l’Empire du Milieu d’acquérir des actifs étrangers stratégiques et en montant si possible en gamme, coincé qu’il est entre d’une part des pays exploitant une main d’œuvre à bas coûts (Inde, Bangladesh, Vietnam…) et des pays occidentaux technologiquement très avancés. On estime aujourd’hui qu’un robot de nouvelle génération (ou cobot, robot collaboratif interagissant avec l’homme) remplace jusqu’à 5 personnes. Ce qui permettra aussi de contrer « un peu » les revendications salariales (+15 à 20% de progression par an dans l’industrie) ainsi que le vieillissement démographique. Et oui, en Chine aussi avec la convergence sur des standards occidentaux, la masse travailleuse d’un milliard aujourd’hui ne sera plus que de 800 millions dans 30 ans.

On estime que depuis le début de l’année, plus de 30% des acquisitions dans le monde ont été réalisées par des groupes Chinois.

 

Passe d’armes entre Icahn et Buffet sur le dossier Apple.

Après que Carl Icahn eut jeté l’éponge sur le dossier Apple il y a 15 jours, Warren Buffet le remplace en investissant un milliard de dollars, une bricole pour le fond Berkshire

Hathaway, provoquant une remontée du titre de 5% ou plutôt un arrêt de sa profonde désaffection depuis 1 an à -30%.

 

Repousser aux calendes grecques, et ce n’est pas une blague.

Le FMI veut un moratoire sur la Grèce jusqu’en 2040 puis un paiement échelonné jusqu’en 2080. Quoiqu’il en soit, à mon humble avis, comme il n’y aura plus grand monde en 2080 parmi les décideurs actuels pour gérer le problème, une telle proposition a au moins le mérite de transférer aux générations futures un souci que la génération actuelle a généré et ne sait pas ou veut pas résoudre. Bel héritage.

Un autre moyen également de mettre les Européens devant leur responsabilité dans cette tragédie grecque qui n’en finit pas.

 

Les minutes de la Fed : un non-évènement, sans surprise.

Le relèvement de taux pourrait se poursuivre en juin voire s’amplifier d’ici décembre sauf…si les perspectives économiques (consommation des ménages principalement en lien avec le marché du travail) se dégradent, si l’inflation ne continuent pas à converger vers les 2% cibles, si d’autres éléments perturbateurs type Brexit, cours du baril ou autre n’interfèrent pas…Pouaff !

On sent bien que la Fed, par ses propos, cherche à tout prix à ne pas heurter  l’investisseur en préparant délicatement son discours, de là à créer une cellule psychologique, il n’y a qu’un pas.

Néanmoins, il est certain qu’une attente trop longue pourrait aboutir à une accélération excessive de l'inflation qui obligerait la Fed à remonter rapidement ses taux directeurs en 2017 et menacerait la croissance pour de bon, d’autant que les effets de second tour liés aux prix des matières premières et dollar vont s’estomper.

En conséquence, à marche forcée, le marché a dû ajuster ses anticipations de hausse de taux. En effet, la majorité des investisseurs pensait que la probabilité pour un prochain relèvement se situait en décembre, cette majorité glisse désormais en septembre pour 0.5% de hausse.

 

LE POINT TECHNIQUE

Comment se porte notre argent ?

On a tendance à penser que les banques se portent mieux dans un environnement de taux élevés compte tenu de marges plus élevées sur les prêts et les autres investissements. Cependant, les banques ont aussi une structure de coûts qu’il leur faut financer notamment via des emprunts obligataires en plus des dépôts (rémunérés ou non). Du coup, la relation entre d’une part les coûts et d’autres parts les revenus est intéressante à étudier même si les parcours boursiers récents des valeurs bancaires et les discours inquiets de Mario Draghi à propos de l’avenir des bilans bancaires relativement au contexte de taux bas nous donnent quelques pistes. 

Le graphique suivant illustre la marge moyenne pour l’ensemble du secteur bancaire américain  depuis 1984 en relation avec l’évolution du rendement actuariel moyen des Treasuries à un an (Bons du Trésor US), représentatif du marché monétaire.

 

On observe plusieurs choses :

1)- trivialement, les deux courbes sont orientées à la baisse sur la période observée de 30 ans ; 

2)- mais surtout durant de courtes périodes (zones grisées), les courbes ont évoluées en sens inverse parfois durant un ou deux ans. Ainsi, avec les grandes baisses de rendement sur des titres du Trésor pendant les récessions de 1990-91, 2001 et 2007-2009, on constate des augmentations substantielles de marges d’intérêt compte tenu de l’inertie d’ajustement entre les recettes et les coûts dans les structures bilancielles. Puis le rattrapage s’effectue.

Ce décalage est naturellement à mettre au compte des différences de durations moyennes de chacun des actifs/passifs. En effet, les portefeuilles bancaires sont ainsi constitués : financements courts et emprunt longs. Au fil du temps, les remboursements des prêts par les entreprises et particuliers, le réemploi ou le renouvèlement de ces prêts se font à des taux inférieurs, d’où l’ajustement.

Depuis 2010, on constatera que le niveau du un an US a atteint un tel plancher historique (proche du zéro absolu) que la marge nette s’est écrasée, a convergé, dans la foulée des renégociations, renouvellements de prêts, et de la concurrence entre réseaux pour rejoindre les niveaux de 3% (au plus bas historique), niveaux jugés très bas, trop certainement si la période devait se prolonger.

 

Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

 

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Plus de détails sur notre site : http://www.actis-am.com

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