Les variations seules du cours de l'or noir ont actuellement un impact...

L’e -conoclaste Actis hebdo - le 29 mars 2016

29/03/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Les variations seules du cours de l'or noir ont actuellement un impact...

LA CITATION DE LA SEMAINE

« L’instabilité de l’économie n’a d’égale que l’instabilité des économistes » - John Williams (1932), compositeur et chef d’orchestre américain.

 

L'ACTU EN CHIFFRES

400 millions : est le nombre de paysans en Chine issus de petites exploitations familiales qui représentent l’essentiel de l’agriculture de l’Empire du Milieu.

45 Millions : est le nombre d’américains (14% de la population) n’ayant pas accès au crédit et utilisant principalement de l’argent liquide. Les exclus ou « invisibles » tels qu’ils sont surnommés sont souvent jeunes, non-salariés et immigrés.

28 000 : sont la moyenne des clignements d’yeux par jour permettant de nettoyer l’œil et au cerveau de se reposer. Parfois, l’actualité en augmente la fréquence...

8 000 : est le nombre d’avions civils et commerciaux dans le ciel en permanence dans le monde, la moitié du parc aéronautique.

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE

 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Les très faibles volumes actions échangés en raison du weekend pascal (pour exemple, inférieurs à 3 milliards d’euros quotidiens sur le Cac depuis plusieurs séances) n’ont rien à envier au « Challenge A4 », le nouveau défi minceur très prisé (et très dangereux) en provenance de Chine et qui fait fureur ces derniers temps sur les réseaux sociaux. Le principe simple en théorie est que les filles (diktat masculin, ou pas ?) se prenant en photo avec une feuille au format A4 placé devant leur ventre ont pour objectif de prouver que leur taille s’efface devant les 21 centimètres de largeur…

 

Cette atonie des marchés, que rien ne peut émouvoir ou très brièvement, malgré les dramatiques attentats à Bruxelles, exceptés pour les secteurs tourisme et compagnies aériennes logiquement sous pression, est à mettre au compte de l’état d’apesanteur dans lequel sont maintenus les investisseurs suite aux récentes déclarations des banquiers centraux. Et ce, en dépit de certaines voix dissonantes au sein de la Fed qui plaident, et cela est tout récent, pour une remontée des taux plus rapide que prévue, pour fin avril par exemple.

Cette léthargie s’étend plus ou moins à toutes les classes d’actifs: actions, taux, matières premières et changes. On peut relativiser les mouvements par une seule chose : les variations seules du cours de l’or noir ont actuellement un impact (à 70%) sur l’évolution des marchés de par leurs incidences en termes de pondérations sur les principaux indices et les conséquences possibles sur les bilans des banques, elles- mêmes fort bien représentées dans les indices.

 

On attendait un peu de mouvement pour égayer la semaine avec le mystère enfin dévoilé du nouveau concept Apple. Rien ! Non mais là, de quoi être un tantinet chafouin. L’imagination du groupe culte californien (et je ne parle pas là des Eagles) semble ne plus être aussi débordante avec l’annonce un peu décevante, il faut bien le reconnaitre, d’Apple qui n’a rien trouvé de mieux pour redonner un nouvel élan à son activité que de produire un nouvel IPhone qui sera juste plus petit - moins cher donc, bien que s’agissant de cette dernière condition cela ne coule jamais de source dans le cas de la firme de Cupertino. Mais bon soyons patients, nous constaterons sur pièces si ce nouveau couteau suisse permettra de ravir des parts de marchés aux smartphones chinois, coréens ou même français avec Archos en atteignant un plus large public. Nous attendons toujours de la part d’Apple que celui-ci mobilise ses gigantesques réserves de trésorerie pour s’affranchir un peu plus du mobile pour s’orienter vers les services, les technologies de pointe, bref celles qui font rêver comme la génétique ou l’espace, bien plus qu’’il ne le fait pour le moment, à l’image de Google ou Facebook.

 

Pas que du bonheur ! Petrobras, autrefois entreprise faisant figure d’eldorado pour miser sur les émergents, vient d’annoncer pour la deuxième année une perte record de 8,5 milliards de dollars avec notamment une énorme dépréciation d’actifs (plus de 10 milliards) équivalente à un tiers de sa capitalisation boursière.

Le pétrolier brésilien, qui on le sait est pris dans les tourbillons carnavalesques de corruption aux implications politiques et industrielles, tente de jouer la transparence pour redorer son blason.

Il est difficile d’estimer le terme à cette descente aux enfers compte tenu du mur de dette de plus de 100 milliards de dollars qui pénalisera la profitabilité du groupe encore « un certain temps ». Ventes d’actifs à marche forcée, et espoir de remontée des prix du baril, qui n’est pas notre conviction première, seront des pistes à creuser mais il ne faudra surement rien espérer du côté d’une éventuelle aide gouvernementale et de la rupture nécessaire de ce lien incestueux existant entre cette firme et cet exécutif déjà terriblement fragilisé. Cela nous rappelle les grandes heures d’Elf.

Les déboires de Petrobras ont des répercussions sur tout le secteur pétrolier, affecté déjà naturellement par la faiblesse des cours de l’or noir, à l’instar de Vallourec et Technip dont Petrobras, un de leurs plus importants clients, représente pour chacun 1/6ème de leurs activités et jusqu’à un tiers des effectifs globaux de Vallourec avec 7400 salariés.

 

Un sujet qui préoccupe de plus en plus les banquiers américains, en parallèle de la montagne des prêts étudiants, est l’encours des prêts automobiles qui dépasse les 1 000 milliards de dollars et continue son ascension. Jusque-là tout va bien, puisqu’il reflète d’une certaine manière le dynamisme du marché de l’objet iconique américain et l’opportunisme des consommateurs et banquiers, au regard du niveau absolu des taux (et du pétrole) sauf que: plus de 5% de ses prêts font l‘objet actuellement de retards de paiements de plus de 2 mois, un niveau jamais atteint depuis près de 20 ans !

Sachant que le gros des prêts est titrisé par les banques pour se défaire du risque et que conscientes du problème, les provisions relatives à ce risque ont augmenté de 16% en moyenne dans les bilans au dernier trimestre, les régulateurs commencent à tirer la sonnette d’alarme. Ce qui reste un réel progrès comparé à la situation des subprimes immobiliers en 2008 qui n’avaient pas été détecté suffisamment à temps. Taux de défaut et encours resteront les éléments à suivre dans les mois à venir.

 

Pour terminer sur une note positive, une étude de « The Economist », l’excellent hebdo anglais, qui publie tous les mois son classement des risques principaux pesant sur le monde a mis en exergue ceci :

Une victoire de Donald Trump, l’amuseur (rarement drôle) des foules du middle West pour la course à la maison blanche est la sixième menace identifiée pour la croissance mondiale juste après un éclatement de l’Europe post-Brexit et avant…la montée de la dévastation djihadiste. Tout un programme !

 

LE POINT TECHNIQUE

L’investisseur averti (soit deux investisseurs) avait coutume de regarder le Baltic Dry Index (Indice de prix du transport maritime de matières premières sèches tels le minerai ou les céréales) comme indicateur avancé de la santé de l’économie mondiale. Ça, c’était avant. Avant l’apocalypse de 2008, où précédemment à la crise des subprimes, le BDI (son petit nom intime) avait chuté de 90%.

Aujourd’hui, l’indice au plus bas que le précédent record historique de 2008 et la divergence illustrée sur le graphique ci-dessous, entre l’état de l’économie à considérer que l’EuroStoxx 50 est un bon reflet de l’économie mondiale, et le Baltic Dry Index prouvent ce changement.

Deux explications :

-        le marché du transport maritime est en capacité très excédentaire où désormais  louer un vraquier de 150 000 tonnes ne coûte plus 20 000 dollars par jour comme six mois auparavant, mais seulement 5 000 dollars soit à peine plus que le tarif de location d’une voiture de sport un peu puissante ;

-        l’économie mondiale se transforme, sous l’impulsion de la Chine notamment plus orientée vers les services, moins consommatrice de matières premières brutes et où le recyclage intervient très en amont sur des considérations environnementales mais aussi et surtout pour des aspects de cost killing.

 

 

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