Les surprises peuvent venir de partout !

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

27/05/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Les surprises peuvent venir de partout !

Les semaines se suivent et apportent leur lot de difficultés et d’incertitudes. L'incertitude politique reste importante en Europe et pourrait menacer la reprise économique qui reste toujours assez faible. Le marché aura à court terme deux interrogations majeures : la situation politique de l’Espagne (suite aux élections) et la situation économique et financière de la Grèce. En Grèce, le gouvernement joue son va-tout et demande aux Européens de faire des efforts pour parvenir à un compromis. Il a aussi rappelé son incapacité à rembourser le FMI en juin si la dernière tranche d'aide n'était pas versée. L’autre facteur important qui a surtout contribué à la forte remontée du dollar est la déclaration de la présidente de la Fed qui a confirmé que le relèvement des taux aurait bien lieu cette année. Nous connaissons donc un début de semaine difficile, surtout en Espagne et par ricochet en Italie. Au cours de la semaine dernière, les marchés européens ont retrouvé le chemin de la hausse confirmant qu’ils n’étaient pas encore dans une dynamique négative : l’Eurostoxx 50 progresse de +2,97%, le DAX de 3,21% et le CAC de 2,99%. Du côté US, les marchés étaient nettement plus mitigés : -0.22% pour le Dow Jones et +0,81% pour le Nasdaq. Le Nikkei a progressé lui de 2,69%, retrouvant par la même ses plus hauts.

L’Espagne prise dans l’étau de Podemos

En Espagne, les bons résultats de Podemos aux élections municipales inquiètent les investisseurs ; c’est surtout le type de politique budgétaire qui est en cause. Le gouvernement de Mariano Rajoy risque d'avoir plus de difficultés à imposer la poursuite de la réduction du déficit au cours des prochains mois et les élections de fin d'année pourraient aboutir à un paysage politique très différent. Le résultat des élections municipales & régionales marque le passage à gauche de l’Espagne. Plus fondamentalement, le ‘bi-partisme’ historique entre le PP et le PSOE disparaît en raison de la montée en puissance de deux nouvelles forces, Podemos (extrême gauche) et Ciudadanos (Centre Droit). Le PP de Mariano Rajoy obtient le plus grand nombre de votes suivi du PSOE, mais n’aura la majorité pour gouverner dans aucune région. Par conséquent, les négociations et les alliances/coalitions dans les prochaines semaines entre les différents leaders seront clés pour gouverner. Aussi, le parti Podemos pourrait gouverner la mairie madrilène (en coalition avec le PSOE) et la ville de Barcelone (en coalition avec d’autres partis locaux). Cette situation représente une victoire historique et symbolique pour Podemos. Sa victoire lors des prochaines élections nationales parait toutefois peu probable, mais il devient clair que sa capacité d’influence augmente et toute victoire aux élections devra passer par une alliance/accord avec Podemos. Ce nouvel équilibre politique risque de freiner les réformes nécessaires et ralentira la croissance économique (3% de croissance du PIB). Les secteurs les plus impactés devraient être la construction (révision des contrats d’adjudications), les Utilities (mesures d’efficiences énergétique réduites), et aussi les banques (cf. expropriation d’immeubles). Les obligations des pays périphériques risquent de souffrir de ces incertitudes, de même que l'euro. Ce dernier est aussi en baisse du fait de la vigueur retrouvée du dollar en raison des propos de Janet Yellen qui a rappelé que la Fed avait l'intention de remonter ses taux directeurs cette année. La qualité des chiffres publiés aujourd’hui sur les commandes de biens durables vont plutôt dans le sens d’un relèvement rapide des taux.

Le cas grec redevient problématique

Les inquiétudes sur la Grèce sont de retour et le 10 ans grec s’établit autour des 11.6%. Athènes annonce d’un côté vouloir honorer ses dettes, mais souhaite une aide supplémentaire d’urgence des autorités monétaires européennes. La prochaine échéance aura lieu le 5 juin avec le remboursement de 1,6Md€ de prêts auprès du FMI. Les causes de cette crise grecque demeurent toujours les mêmes, manque de trésorerie et absence d'avancées dans les négociations techniques. Par rapport aux prévisions, les recettes fiscales sont inférieures de près de 1 Md€ au cours des 4 premiers mois de l'année et n'atteignent que 12,2 Md€. Depuis l'arrivée au pouvoir de Syriza, la collecte fiscale est moins efficace avec un manque de 11% des impôts directs et de 3% des impôts indirects par rapport aux attentes. Les discussions devraient reprendre aujourd’hui entre les partenaires européens. En juin, la Grèce fera face à de nouvelles échéances quasiment toutes les semaines. Une démission du Premier Ministre Alexis Tspipras n’est plus aujourd’hui totalement impossible.

Urgent d’attendre !

Sans redevenir négatif sur les marchés, les risques sont plutôt en augmentation que ce soit d’un point de vue politique (quid de l’Espagne ?) ou financier (problème grec et remontée prochaine des taux US). Nous allons avoir un marché volatil lié aux publications des statistiques US. Volatilité ne veut pas forcément dire forte perspective baissière, nous privilégions toujours l’hypothèse d’un trading range avec d’assez faibles variations à l’image de ce qui s’est passé depuis le début de ce mois. Reste deux convictions, la hausse du dollar à moyen terme et méfiance sur les valeurs espagnoles.

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