LES SALAIRES VONT BIENTÔT ACCELÉRER AUX ÉTATS-UNIS

Interview de Philippe Weber, Responsable Etudes et Stratégie de CPR-AM

18/03/2015 - Publié par CPR ASSET MANAGEMENT dans Marché Actions

LES SALAIRES VONT BIENTÔT ACCELÉRER AUX ÉTATS-UNIS

L’EMPLOI S’EST NETTEMENT AMÉLIORÉ AUX ETATS-UNIS, SANS QUE LES SALAIRES N’ACCÉLÈRENT. CE PHÉNOMÈNE S’EXPLIQUE-T-IL ?

En effet, il est assez surprenant de constater que, alors que le taux de chômage est passé de 6,6 % en janvier 2014 à 5,7 en janvier 2015, le salaire horaire n’a augmenté, pendant la même période, que d’à peine 2 %. Usuellement, une baisse aussi nette du chômage provoque une accélération des salaires. Plusieurs explications peuvent être avancées.

D’abord, même au plus fort de la crise, les entreprises n’ont pas baissé les salaires : aujourd’hui elles compenseraient ces baisses absentes. A notre sens, si cela a peut-être joué au début de la reprise, l’effet devrait désormais être très atténué.

Une autre explication possible est la faiblesse de l’inflation, avant même la chute récente du prix du pétrole : même une petite augmentation du salaire se traduit par un gain de pouvoir d’achat. De fait, le salaire réel accélère plus nettement. De plus, le nombre d’heures travaillées par salarié a augmenté : le salaire hebdomadaire ou mensuel, lui, augmente.

Enfin, les gains de productivité, pour tout un faisceau de raisons, sont faibles : pour éviter un dérapage des coûts salariaux unitaires, les entreprises limitent la hausse des salaires nominaux. Soit dit en passant, on peut se demander si la déformation du partage entre profits et salaires qu’on observe depuis une vingtaine d’années au détriment des salaires, qui ont perdu 7 points de part dans le PIB, va, ou peut, se poursuivre…

CETTE MODÉRATION DES SALAIRES NE VA-T-ELLE PAS FREINER LA CONSOMMATION ?

En fait non ; d’une part, comme on l’évoquait plus haut, les salaires réels augmentent plus vite, compte tenu du peu d’inflation ; d’autre part, grâce aux fortes créations d’emplois, la masse salariale totale augmente assez rapidement – de quelque 4 % par an en termes nominaux.

PENSEZ-VOUS QUE MÊME LE SALAIRE HORAIRE VA FINIR PAR ACCÉLÉRER ?

C’est très probable, beaucoup d’arguments plaident en ce sens. Tout d’abord on ne voit guère pourquoi un mécanisme économique aussi bien étalonné que le lien chômage-salaires ne fonctionnerait pas cette fois-ci. Ensuite, de nombreux signes montrent que l’accélération tant attendue est proche.

Ainsi, selon certaines enquêtes, le pourcentage d’entreprises envisageant d’augmenter les salaires augmente régulièrement. Beaucoup de statistiques laissent penser que le marché du travail commence à se tendre : on n’a pas vu depuis longtemps aussi peu de chômeurs par offre d’emploi, ni autant de personnes quitter volontairement leur emploi ; à chaque fois, par le passé, cela s’est traduit par une accélération des rémunérations. Aujourd’hui, le taux de chômage est même inférieur à l’estimation que fait le CBO1 du taux de chômage non inflationniste (NAIRU2), ce qui, par définition, devrait provoquer une hausse. On pourrait multiplier les exemples ! Au demeurant d’autres indicateurs que le salaire horaire, comme l’indice du coût de l’emploi (ECI3), qui incorpore les avantages non salariaux, accélèrent déjà.

PAS DE RISQUE CONTRAIRE ?

Si, bien sûr ; la proportion de personnes découragées de chercher du travail, comme de celles qui subissent un temps partiel, reste élevée, et cela pourrait freiner les hausses. Mais sans doute les freiner seulement, pas les empêcher.

ET LA RÉSERVE FÉDÉRALE, DANS CE CONTEXTE ?

La faiblesse des salaires aujourd’hui ne devrait pas l’empêcher de relever prochainement son taux directeur. Il faut 6 à 8 trimestres pour que les effets d’une hausse de taux se fassent pleinement sentir : mieux vaut ne pas être en retard ! D’autant que, en temps normal, le taux des fonds fédéraux a toujours été voisin de la progression annuelle de la masse salariale - aujourd’hui voisine de 4 %, on l’a dit. Passer de 0 à 0,25 ne sera pas, dans ce contexte, un resserrement, mais simplement un début de moindre accommodement !

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
CPR CROISSANCE DYNAMIQUE CPR ASSET MANAGEMENT Cyrille GENESLAY Mixtes Mondial Dynamique 198.51 M€ 1.17 % -4.49 %
CPR CROISSANCE REACTIVE CPR ASSET MANAGEMENT Malik HADDOUK Mixtes Mondial Equilibre 896.19 M€ 1.13 % -3.76 %
CPR SILVER AGE CPR ASSET MANAGEMENT Vafa AHMADI Actions Europe 1 042.80 M€ -11.61 % -14.11 %

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