Les raisons de croire à un rebond !

08/08/2014 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Les raisons de croire à un rebond !

Le sell off a -t-il eu lieu ? C’est la question qui préoccupe en ce moment les investisseurs. Ce vendredi matin, la plupart des marchés boursiers sont largement dans le rouge depuis le début de l’année : baisse de l’Eurostoxx 50 de plus de 3%, CAC 40 à -3,3%, et Dax proche des -6%. Les marchés américains restent dans le vert pour le S&P500, +3,31% et le Nasdaq, +3,79% mais le Dow Jones est légèrement négatif, -1,26%. Même si ces chiffres ne sont guère satisfaisants, nous restons à mi année dans des marges de fluctuation qui restent tolérables eu égard à la situation économique et géopolitique. 

Il n’y a pas de raison de « surréagir » à la situation actuelle des marchés car la psychologie négative des intervenants ne nous semble pas cohérente avec les fondamentaux. C’est ce que nous allons démontrer dans cette note.

Les questions géopolitiques sont le principal catalyseur de la baisse

L’analyse des différentes évolutions confirme la prééminence du poids du géopolitique puisque ce sont les pays du nord de l’Europe qui sont pénalisés, Allemagne, Suède alors que les pays du Sud et les Etats-Unis sont épargnés par les récentes baisses. C’est principalement la tension Ukraine / Russie qui explique la fragilité des marchés financiers ce qui reste toujours assez difficile à anticiper. Surtout, l’imprévisibilité de cette situation conduit à un marché dangereux, mais dans les deux sens à la baisse comme à la hausse, d’où la difficulté pour les gérants de prendre des positions très marquées. La principale crainte est le risque de « guerre commerciale » entre l’Europe et la Russie, d’où la pénalisation plus forte pour la bourse allemande, plus proche de la Russie en termes d’échanges commerciaux. On comprend donc la réticence du gouvernement allemand à appliquer des sanctions vis-à-vis de la Russie, puisque ceci créerait un risque de baisse de la croissance de son PIB, donc de l’ensemble de l’Europe. Les risques d’escalade militaire augmentent aussi (avion ukrainien abattu hier par les rebelles pro-russes). Sans sous-estimer l’importance de ce conflit, nous ne pensons pas qu’il soit de nature à durer car ce n’est ni l’intérêt de la Russie ni celui de l’Europe, d’hypothéquer durablement une croissance déjà très timorée. Mais comme c’est d’abord une question d’ego, le temps de la normalisation peut être long. Nous faisons toutefois confiance au pragmatisme allemand pour peser sur la recherche d’un accord décent et acceptable pour l’ensemble des parties.

Pas d’annonces nouvelles de la BCE mais les fondamentaux économiques restent porteurs

S’il faut une autre mauvaise raison à l’explication de la forte baisse d’hier, on peut aller la chercher dans le statu quo de la BCE. Le Président de la BCE a plaidé pour un « wait and see », dans l’attente de mesurer l’efficacité des LTRO. La mise en place d’un « QE » à l’européenne n’est pas pour tout de suite et ceci a déplu aux marchés qui attendaient toujours un peu plus, surtout dans cette séquence de forte nervosité. On arrive à la fin de la saison de la publication des résultats semestriels, surtout aux Etats-Unis. D’une façon synthétique et d’après une note d’Aurel BCG, ces publications sont plutôt positives : 75% des sociétés du S&P 500 ayant publié leurs résultats battent le consensus sur les résultats nets et 63% annoncent un chiffre d’affaires au-dessus des attentes, ce qui démontre qu’il n’y a pas que l’effet de productivité qui joue mais que la croissance est au rendez-vous. S’agissant du DJ Eurostoxx, ces chiffres sont respectivement de 55 et 47% pour la moitié des sociétés qui ont publié. On constate aussi peu de mauvaises surprises, ceci tend à valider que l’Europe n’est pas en récession. La croissance reste faible en Amérique Latine, se stabilise en Europe mais offre de bonnes perspectives sur la deuxième partie de l’année. Sur la Chine, les discours sont plus disparates et dépendent des secteurs. On constate une nouvelle difficulté dans ce pays, un interventionisme politique contre les groupes étrangers, comme l’automobile (entente sur les prix), la santé (corruption d’hôpitaux), l’alimentaire (Mc Donald’s). On notera enfin un autre élément fort de soutien aux Etats-Unis, la politique de rachat d’actions qui explique en partie la bonne tenue des résultats nets par action avec toujours la réduction des coûts, le maintien de stocks bas et un retour du free cash flow aux actionnaires.

Quelle valorisation ?

Nous avons testé ce matin à l’ouverture des zones qui pourraient s’avérer être des supports techniques, soit 4075 pour le CAC 40 et 2940 pour l’Eurostoxx 50. Le marché est-il cher aujourd’hui ? Nous ne le pensons pas en raisonnant de façon fondamentale. Le tableau ci-dessous montre les croissances attendues pour les différents marchés et les niveaux de valorisation. Si 2014 est peu significatif en raison de la phase de recovery, les croissances 2015 restent Des résultats publiés de bonne facture Une valorisation qui redevient relativement attractive assez fortes et pour l’instant les révisions sont faibles, ce qui est cohérent avec la qualité des résultats publiés. Les valorisations restent assez homogènes en dehors du Nasdaq qui semble assez cher.

 

La valorisation théorique du CAC 40 ressort selon nous à 4270 après une fortehausse de la prime de risque actions (9,82 à aujourd’hui selon Bloomberg avec un taux sans risque à 1,49%, au plus bas). Nous sommes donc dans une situation d’aversion au risque très forte, et surtout avec une prime de risque très et trop élevée. La baisse de cette prime de risque donnera probablement un soutien à la hausse des cours.

 

 

En conclusion, ce retour à une approche fondamentale n’est pas forcément gage de succès dans des marchés qui perdent assez vite le nord. Néanmoins, nous ne pouvons gérer qu’en nous raccrochant à ces éléments objectifs qui redonneront le « la » au marché, nous l’espérons à court terme. Dans ce contexte, nos fonds les plus défensifs (HiXANCE Oblig 1/3, HiXANCE Patrimoine et Flex 360) ont assez bien traversé cette phase baissière et sont toujours positifs en évolution annuelle, respectivement, +2,31%, 1,59%,+1,07%).

 

HiXANCE Dividendes ne perd que 0,4% et Octalfa 0,51%. Le fonds flexible HFI (-4,9%) a été pénalisé par un niveau d’exposition trop élevé (70%) auquel se rajoute l’effet négatif de plusieurs valeurs allemandes. Il est difficile de modifier la stratégie actuellement sur ce fonds sous peine de rester constamment à contre courant.

 

Par Jean-Noël Vieille

Lettre hebdomadaire 360Hixance n° 107, vendredi 08 Août 2014

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