Les propos de Super Mario, le patron de la BCE, ont rassuré cette fois-ci à l'inverse...

L’e -conoclaste Actis hebdo

01/02/2016 - Publié par ACTIS ASSET MANAGEMENT dans Marché Allocations d'actifs

Les propos de Super Mario, le patron de la BCE, ont rassuré cette fois-ci à l'inverse...

L'ACTU EN CHIFFRES

10 Milliards d’euros : est la somme des paris tentés (et perdus) par les français enregistrés à la Française des Jeux en 2015, un record.

9,3 Milliards d’euros : est la décollecte sur le livret A en 2015 (sans lien forcément avec le chiffre précédent…).

 

 

LE SELFIE DE LA SEMAINE 

 

MARCHES ET DECRYPTAGE

Les propos de Super Mario, le patron de la BCE, ont rassuré cette fois-ci à l’inverse du mois précédent, pourtant traditionnelle période de distribution de cadeaux.

« Les cœurs transis (des investisseurs) restés sourds aux cris du marchand de glaces (Mario Draghi) » (hommage) se sont remis à palpiter cette semaine, mettant un terme (momentané ?) au décrochage brutal de 5000 à 4100 points en quasi ligne droite de l’indice Cac 40, pour provoquer une réaction positive sur la borne basse 2015 à 4085 points précisément, en direction des 4350 points.

Force est de constater que les investisseurs avancent et espèrent, encore et toujours, malgré l’émergence de vents contraires, au rythme des déclarations souvent rassurantes des banquiers centraux.

Prochain rendez-vous avec la BCE en mars, risk-on ou off d’ici là ? A priori, les décisions de la banque centrale ne devraient pas réserver de surprises et être conformes au discours, mais comme toujours dans ce cas, sans autres « goodies », il est à redouter que la déception soit à la hauteur des attentes exceptionnellement élevées.

Cette interdépendance investisseurs-banquiers centraux savamment auto-entretenue depuis la crise des subprimes en 2008 rend toute tentative de sevrage particulièrement délicate et complexifie l’exercice actuel de la Fed, indicateur avancé pour le travail de la BCE de dans 2 ans.

Lors du dernier comité de la Fed ce mercredi, Janet Yellen a précisé qu’elle restait « data dependant », terme à la mode pour préciser que le pragmatisme (tradition américaine oblige) reste de rigueur pour évaluer le rythme de remontée des taux cette année en fonction de l’état général de l’économie, et en particulier du marché du travail, de l’immobilier et de l’inflation.

On notera au passage que les anticipations du consensus marché qui tablaient sur 3 à 4 resserrements sur les forward glissent vers 1 à 2 occurrences à partir de cet automne seulement.

Enfin, Mme Yellen devra se montrer encore plus convaincante envers les membres de la Fed si celle-ci désire à chaque échéance ne pas monter les taux car elle se voit adjoindre les services de 3 nouveaux présidents régionaux George, Bullard et Mester beaucoup moins accommodants.

 

En dehors de toute autre considération (on ne s’étendra pas sur l’intérêt très relatif des taux négatifs japonais), depuis ce début d’année, le fil rouge quotidien des places (hors Chine) reste calqué sur la tendance des prix de l’or noir.

Ses niveaux reflètent l’excès d’offre par rapport à la demande, contrainte par les plus faibles perspectives de croissance mondiale, le retour du nouvel acteur iranien, la hausse des stocks de brut et la volonté politique du leader saoudien. Le patron d’Aramco, le « Total saoudien mais en bien plus gros », entreprise prochainement introduite en bourse entend même poursuivre ses investissements dans le pétrole et le gaz en dépit des appels au calme sur la production de la Russie, du Venezuela, Nigeria et Algérie.

 

Le pétrole « low cost » renforcent momentanément les parts de marché sur l’échiquier mondial des saoudiens, irakiens et iraniens bénéficiant de coûts moindres d’extraction et écarte de facto du jeu les pétroliers de schistes yankees notamment.

Mais, cette stratégie d’hégémonie de l’OPEP trouve ses limites rapidement au regard d’une part, de la dégradation grandissante des finances publiques de ses membres mais d’autre part également, au regard des conséquences géopolitico-économiques vis à vis d’alliés et partenaires tels que les américains et les russes dans la région.

Sur le plan technique, la tendance du prix de l’huile reste lourde mais songez toutefois que le prix du baril (159 litres tout de même) se situe désormais en-dessous du prix du contenant lui-même, ou autre image plus parlante aux gastronomes, moins onéreux qu’un saumon norvégien moyen de 4,5 kilos.

La zone basse des 30 $ semble tenir, et la tentative avortée de la Russie pour convaincre l’Arabie saoudite d’imposer à tous les membres de l’OPEP une réduction de 5% (soit 1,5 MBarils/jour) aurait pu aller dans le bon sens d’une recherche de stabilisation en corrigeant le surplus. Mais non. Et puis pas certain que l’Iran (redevenu subitement fréquentable) en ait envie, ce pays retrouve enfin, depuis 20 ans d’embargo, l’occasion inespérée de renflouer ses caisses.

 

Cygne des temps : Apple - malgré un bénéfice net 2015 à 49 MM€ (+35%) et un CA à 215 MM€ (+28%) pour 231 M unités IPhone vendues représentant les 2/3 de ses recettes –

envisage une baisse de ses ventes et de ses marges aux prochains trimestres, une première depuis 2003 !

A l’instar également d’ailleurs du leader coréen Samsung, -18,5% de son bénéfice à 17 MM€ malgré une légère progression de son CA à 185 MM€ en 2015 pour 310 M de mobiles vendus.

Une inflexion se fait réellement jour avec un marché des smartphones (1,3 milliards vendus en 2015 soit 55% des ventes totales de mobiles) qui est en train de refroidir avec une progression de 10% seulement attendue, contre des hausses traditionnelles annuelles de 25% précédemment.

Parts de marché, recettes, et marges des leaders se réduisent au profit des producteurs chinois tels Huawei (+44% de ses ventes à 108 M d’unités en 2015 vs 3 M en 2010), Xiaomi (80 M d’unités) et autres ZTE qui acceptent des marges moindres sur de appareils de plus en plus performants.

Mais, n’enterrons pas trop vite Apple dont la capacité d’innovation et la trésorerie pléthorique de 152 MMUSD offrent un potentiel de rebond au géant de Cupertino qui certes a perdu 215 MMUSD de capitalisation en moins d’un an mais pèse encore ses 520 MMUSD en tête du classement mondial.

Simplement, la firme à la pomme devra passer du statut de fabricant principalement d’ IPhone et de Mac à celui d’une entreprise de services multiples Itech, ce qu’elle commence à faire avec Apple TV et Music, afin de monétiser son réservoir clients à l’image d’un Facebook ou Alphabet si elle ne veut pas finir trognon.

 

Tendance toujours 

Sarah Connors ? Terminator est proche de frapper à notre porte avec cette nouvelle étape franchie pour l’intelligence artificielle (20 ans après la victoire de Deep Blue d’IBM sur Kasparov) par une des filiales de Google/Alphabet : DeepMind et son joujou AlphaGO.

Tout un programme, qui a réussi en reproduisant le fonctionnement du cerveau humain via des algorithmes d’apprentissage automatiques et de réseaux de neurones artificiels à battre le meilleur joueur professionnel de GO en Europe Fan Hui. Le Go est un jeu chinois vieux de 2500 ans dont la complexité de modélisation l’emporte sur le jeu d’échecs par la taille de la grille (19x19 lignes) et la possibilité d’agir sur différentes zones d’attaques simultanées.  Prochain match en mars, ultime celui-ci du niveau de Ali-Foreman, AlphaGo viendra torturer les méninges du meilleur joueur du monde le chinois Lee Sedol. Un évènement que ne rateront certainement pas les 1,5 mds de joueurs de l’Empire du Milieu à la manière d’un Super Bowl asiatique.

 

LE POINT TECHNIQUE

 

Quid des ISM aux Etats-Unis ?

Alors que tout le monde se focalise sur la Chine et le pétrole pour expliquer la nervosité de ce début d'année, l’industrie américaine est entrée en zone de contraction. Bien que les services

représentent les 2/3 du PIB, le secteur industriel en contraction reste un indicateur avancé de la santé de l’économie à 48,2. A noter que l’ISM des services sur lequel repose le dynamisme de l’activité US décline à son tour pour atteindre 55,3 vs 60,3 cinq mois plus tôt. Là se situe le cœur du problème. A suivre, le prochain ISM Non manufacturier mercredi :

 

 

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