Les pays émergents touchés à leur tour ?

13/08/2012 - Publié par PETERCAM (LUXEMBOURG) SA dans Marché Actions

Les pays émergents touchés à leur tour ?

Compte tenu des problèmes dans la zone euro et de la faible croissance aux États-Unis, la situation économique dans les pays émergents fait aujourd’hui l'objet d’une attention supérieure à la moyenne. Grâce à une vaste politique de relance (tant budgétaire que monétaire), ces pays s'étaient généralement très bien repris après la crise de 2008-2009 et ces mesures d'assouplissement ne sont sans doute pas terminées au vu de l'incertitude mondiale persistante. Sans compter que plusieurs problèmes structurels se dressent encore sur la route d'un redressement durable. Dans ces conditions, la (très) forte croissance observée avant la "Grande Récession" pourrait très bien connaître un sérieux ralentissement ces prochaines années.

 

La croissance dans les pays émergents reste en grande partie tributaire de ce qui se passe dans les pays industrialisés classiques, une corrélation qui peut s'expliquer de différentes manières. Tout d'abord, l'extrême faiblesse de la demande intérieure dans la zone euro et aux États-Unis conduit à un sérieux ralentissement des volumes à l'exportation de pays comme la Corée du Sud ou la Chine. Cela a, à son tour, pour conséquence de miner la confiance sur l'ensemble de la chaîne de production (de même que la situation sur le marché du travail). De plus, les chocs sur les marchés financiers occidentaux se font immédiatement sentir dans les pays émergents, ce qui plombe la disposition à consommer et investir toutes voiles dehors. Un troisième élément réside dans le fait que de très nombreux pays restent tributaires des capitaux étrangers, plus précisément les pays affichant un (important) déficit en compte courant comme la Turquie, l'Afrique du Sud ou la Pologne. En raison de l'incertitude mondiale, le risque de voir les investisseurs retirer leurs capitaux (investissements directs ou en actions et obligations) et se mettre en quête de contrées plus paisibles est en effet sensiblement plus grand.

 

Outre la dépendance aux capitaux étrangers, de nombreux pays restent aussi confrontés à leurs propres problèmes structurels, de nature majoritairement institutionnelle. Et cela rend également ces flux de capitaux dans ce sens, motivés par des attentes de croissance bénéficiaire relativement plus élevées, incertains. En général, ces problèmes peuvent se résumer à un manque de protection des fournisseurs de capitaux, à la corruption, à une politique gouvernementale incohérente et peu transparente, à un enchevêtrement de l'appareil public et judiciaire, ... bref à un climat d'investissement difficile. Contrairement à ce que l'on croit souvent, la croissance plus élevée ne suffira pas à elle seule à améliorer automatiquement le difficile climat d'investissement. Bien au contraire, tant que les manquements n'auront pas été résolus, elle ne sera pas durable. Les exemples historiques sont légion, mais aujourd'hui encore, il est clair que la vision économique et politique dans certains pays - comme la Russie et la Chine - n'est pas durable.

 

Cela nous conduit au point suivant, à savoir que les pays émergents ne peuvent pas être considérés comme un groupe homogène de pays. D'une manière générale, les pays émergents peuvent s'appuyer sur des perspectives démographiques plus favorables et des niveaux d'endettement (tant public que privé) moins importants. Mais les différences entre les pays émergents sont souvent relativement grandes, ce qui exige une certaine sélectivité. Les pays BRIC sont encore souvent présentés comme les meilleurs élèves mais l'on peut se demander si cela est vraiment correct. Un petit exercice fondé sur la démographie, le compte courant, le niveau d'endettement (privé et public), la compétitivité et le climat d'entreprise nous montre dans tous les cas qu'il n'en est rien. La Corée du Sud, le Mexique et l'Indonésie par exemple (pour ne citer qu'eux) supportent sans peine la comparaison avec les pays BRIC.

 

Tout bien considéré, force est de constater que l'activité économique dans les pays émergents reste tributaire de ce qui se passe dans les pays industrialisés classiques. Et il est clair que les pays émergents ne peuvent pas tous être mis dans le même panier…

 

 

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