Les meilleures opportunités selon les gérants de Fidelity

Les gérants de Fidelity identifient

20/10/2014 - Publié par FIDELITY INVESTMENT FUNDS dans Marché Actions

Les meilleures opportunités selon les gérants de Fidelity

Q : Que pensez-vous de l'environnement macroéconomique actuel au niveau mondial ?
Richard Lewis : L'environnement financier demeure inchangé dans la mesure où les économies développées sont toujours dans un processus de désendettement massif intervenu après la crise financière mondiale. La combinaison d'une croissance modeste, de taux d'intérêt bas et de marges bénéficiaires élevées générées par les entreprises sont toujours favorables à la croissance des actions, d'où le rallye observé depuis les 5 dernières années. Nous restons dans un environnement propice à une hausse des prix des actifs et des valorisations, et ces conditions sont susceptibles de perdurer pendant quelques années encore.
Les marchés émergents ont toutes les chances d'attirer une part plus importante de liquidités sur les marchés internationaux. Les valorisations des marchés émergents sont particulièrement attractives et
le parcours de certaines entreprises suscitera inévitablement l'attention des investisseurs dans un contexte de croissance mondiale relativement faible. Ma vision des marchés émergents à long terme
reste inchangée. Ces derniers ont en effet relativement bien résisté à la vigueur du dollar américain qui pourrait de nouveau les mettre à l'épreuve à l’avenir.

Q : Pensez-vous que le mouvement de fusions-acquisitions transfrontalières va se poursuivre ?
Henk-Jan Rikkerink : Les types de fusions-acquisitions auxquels nous avons assisté ces dernières années se sont révélés être davantage source de création de valeur pour les acquéreurs que lors des cycles précédents. Nous constatons que de plus en plus de fusions-acquisitions sont permises par l'augmentation des niveaux de trésorerie et la baisse des dépenses d'investissement des entreprises depuis l'éclatement de la crise financière. Dans l'ensemble, il est désormais moins probable de voir
des acquéreurs détruire inévitablement de la valeur.
Q : Peut-on espérer une amélioration des perspectives pour l'Europe ?
Henk-Jan Rikkerink : Compte tenu d'une croissance du PIB de l'ordre de 1 % et d'une inflation de 0,3 % en Europe, la demande globale dans la région ne soutient pas l’activité des entreprises sauf celles disposant de relais de croissance extérieurs, internationaux et dans les pays émergents. La crise russo-ukrainienne et les turbulences au Moyen-Orient contribuent également à l’incertitude et au retour difficile de la croissance. Si le sauvetage de la banque portugaise Espirito Santo a suscité des inquiétudes, ce renflouement pourrait être révélateur de problèmes plus larges du secteur bancaire ibérique. A la marge, Les flux d’information renvoient des signaux négatifs sur l’économie européenne ;
raison pour laquelle nous continuons de privilégier les valeurs de grande qualité. En effet, elles jouissent de meilleurs fondamentaux à long terme et seraient moins exposées aux chocs macroéconomiques ou au regain des tensions et conflits. Le rallye des valeurs au sein des pays
périphériques au cours du second semestre 2014 a abouti à une survalorisation que nous jugeons élevée. Les valeurs cycliques se trouvent aujourd'hui dans une phase de milieu de cycle, impliquant
ainsi que les catalyseurs de performances doivent désormais davantage provenir de l'offre/ facteurs propres aux entreprises plutôt que de la demande.

Paras Anand : La récente annonce de Mario Draghi était attendue par beaucoup dans un contexte de faible inflation. Il est difficile pour le marché de déterminer la portée et la vitesse que cette dernière aura sur la reprise de l’activité économique. En revanche, il est plus facile d’en mesurer les effets sur la dépréciation de l'euro (pondéré par les échanges) face au dollar. Cette situation est perçue comme étant favorable aux actions européennes dans la mesure où les sociétés génèrent la majeure partie de
leurs bénéfices en dehors de la zone euro. De plus, l'affaiblissement de la monnaie unique aura non seulement un impact positif en termes de conversion mais favorisera également un regain de compétitivité des entreprises. Selon moi, le terrain a été préparé pour la mise en place de l'assouplissement quantitatif (« QE »). Pour autant, il semble que la BCE considère cette mesure comme un dernier recours et préfère
observer si les opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO) auront un impact positif sur la croissance et si la croissance mondiale gagnera en vigueur plus tard cette année. Il est important de
noter que l'ajustement à la baisse des salaires réels dans la région aurait eu pour effet de contenir aussi bien la demande que l'inflation. Toutefois, les effets positifs de cette situation, sous la forme d'une reprise sensible de l'emploi, doivent encore véritablement se manifester, même si de légers
signes d'amélioration commencent à voir le jour.


Q : À quoi attribuez-vous l'amélioration des performances en asie-pacifique ?
Tim Orchard : L'attractivité des niveaux de valorisations a été un catalyseur propice à l'amélioration des performances des marchés asiatiques. Lorsque la décote du ratio cours/actif net s'est accrue pour
atteindre 30 %, les afflux de capitaux se sont alors faits plus importants. Toutefois, les flux d’information ont aussi été favorables pour la région, en particulier sur le plan politique.

Matthew Sutherland : Selon moi, les niveaux de valorisation n'expliquent pas tout. Les indices PMI dans la région ont montré des signes d'embellie et la politique est favorable ; la Chine a assoupli sa politique et continue d’avancer dans son agenda de réformes, et la Corée stimule également son économie. Les entreprises publiques chinoises sont celles qui ont le plus bénéficié des premières réformes. Néanmoins, sur un horizon à plus long terme, nous pensons que les bénéficiaires ultimes des réformes
seront les secteurs appartenant à « la nouvelle économie ». Toutefois, compte tenu de la faiblesse des valorisations, la perspective des réformes a profité aux entreprises telles que PetroChina (dont l'amélioration de la discipline capitalistique devrait avoir un impact positif sur le cours de l'action) et China Mobile (qui devrait bénéficier de forces concurrentielles plus transparentes suite à la suppression des subventions sur les téléphones mobiles). Nos gérants et analystes ont en grande
partie maintenu leurs positions sur les gagnants de « la nouvelle économie » jugées de meilleur qualité et sources de valeurs à plus long terme (malgré des valorisations plus élevées) et sont peu exposés
aux entreprises publiques.

Tim Orchard : Selon moi, il subsiste un point d’interrogation sur l'exposition et sur la participation à cette tendance compte tenu du niveau élevé des valorisations dans le secteur de la consommation privée cyclique. Les réformes visant à rationaliser certaines entreprises du secteur public pourraient conduire à une appréciation de leurs cours en raison de la faiblesse actuelle de leurs valorisations, et ce, indépendamment d'autres facteurs ou du fait que bon nombre de ces sociétés soient sous-évaluées. Nous privilégions fortement les valeurs moyennes de croissance et, ce faisant, sommes particulièrement sensibles aux rotations en faveur des valeurs « value ».

Q : Qu'en est-il des réformes ailleurs en asie-pacifique ?
Tim Orchard : Le nouveau Premier ministre indien Narendra Modi aussi bien que le premier Président indonésien élu Joko Widodo ne sont pas issus de l'élite dirigeante traditionnelle. Cette nouvelle donne devrait permettre de créer des conditions favorables pour le second (l'Inde) et le quatrième
(l'Indonésie) plus grand pays de la planète en termes de nombre d'habitants. Les deux dirigeants sont partisans de politiques réformistes et d’anti-corruption de manière à améliorer la gouvernance 
d’entreprise et attirer un plus grand nombre d'investisseurs sur leurs marchés financiers respectifs.

Q : Les réformes au Japon sont-elles en passe de donner les résultats escomptés malgré les dernières statistiques peu encourageantes ?
Alex Treves : La récente révision à la baisse du PIB déjà jugée décevante au 2ème trimestre (qui tient compte du relèvement de la TVA intervenu en avril) a eu pour effet d’accentuer la contraction du PIB trimestriel de -6,8 % à -7,1 %. A l’inverse, l'économie nippone a montré des signes encourageants de croissance : en juillet, la hausse mensuelle moyenne des salaires est ressortie à 2,6 %. Il s'agit là de la première augmentation supérieure à 2,0 % depuis dix ans. Ce sont les salaires réels qui posent
problème. Certes les salaires nominaux augmentent, mais à un rythme inférieur à l'inflation. Abenomics est parvenu à créer de l'inflation, mais il reste encore à augmenter les salaires réels plus significativement de manière à compenser la hausse générale des prix.

Q : La reforme des entreprises au Japon a-t-elle des chances d'atteindre ses objectifs ?
Alex Treves : Il y a suffisamment de signes positifs et l’engagement du gouvernement dans l’agenda
des réformes semblent être des raisons suffisantes pour se montrer optimistes et penser que ces
derniers auront un impact positif. Certains résultats pourraient même être immédiats, en particulier en
matière de ROE qui est aujourd'hui peu élevé. Si l'inflation se poursuit, les entreprises devront en effet
assainir leurs bilans et, à elle seule, cette discipline financière consistant à utiliser au mieux leurs
excédents de trésorerie pourrait contribuer à accroître les taux de rentabilité des fonds propres et se
traduire par une réévaluation à la hausse des valorisations de près de 50 %. En résumé, la situation
s’améliore et devrait perdurer encore un peu plus après la récente contraction du PIB ; les valorisations
sont attrayantes et les réformes devraient porter leurs fruits.


Q : Quels secteurs vos gérants favorisent-ils ?
Richard Lewis : Nos gérants de portefeuilles internationaux privilégient les secteurs de croissance tels
que la technologie, la santé et la consommation de base. A l'inverse, ils sous-pondèrent l'industrie, les
services collectifs et les télécommunications.
Henk-Jan Rikkerink : Nos gérants de portefeuilles européens et britanniques sont surexposés à la
santé, au secteur des produits informatiques destinés au grand public et logiciels. Ils sous-pondèrent le
secteur minier, les télécommunications, l'immobilier, l'alimentation et le commerce de détail.
Aux États-Unis, le commerce de détail, le secteur des produits informatiques destinés au grand public,
l'automobile et les semi-conducteurs sont surpondérés, tandis que les secteurs sous-pondérés sont
ceux de la technologie, des équipements et des matériaux

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