Les marchés sont-ils vraiment irrationnels ?

Par Jean-Noël Vieille - Directeur de la gestion - lettre hebdomadaire n°177

15/02/2016 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Les marchés sont-ils vraiment irrationnels ?

Nous verrons à la fin de l’année 2016 qui aura raison entre ceux qui assimilent la crise actuelle à celle de 2008 et ceux qui plaident pour l’irrationalité des marchés. Répondre aujourd’hui définitivement à cette problématique reste un exercice difficile même si notre conviction penche plutôt pour la deuxième hypothèse. Nous avons en effet assisté à une deuxième semaine très difficile pour les marchés financiers avec en cause une forte volatilité des prix du pétrole et, phénomène un peu nouveau, des doutes qui s’installent un peu partout dans le monde sur la solidité du système bancaire. Evidemment, c’est ce risque qui tend à rappeler aux investisseurs la réalité et les effets très négatifs sur les actifs à risques de la crise de 2008, avec comme grand déclencheur la faillite de la banque Lehman Brothers. Cette importante baisse des marchés résulte d’un cocktail qui reste dangereux : mauvais atterrissage de l’économie chinoise, chute du baril de pétrole et craintes de récession américaine avec de très grandes interrogations sur la santé du secteur bancaire. Ce raccourci avec la crise de 2008 ne nous semble pas cohérent car la dynamique de croissance n’était pas la même et surtout les mécanismes de prévention des banques centrales semblent en ce moment beaucoup plus efficaces même si leurs marges de manœuvre sont aujourd’hui beaucoup plus limitées.

La semaine dernière, les indices européens ont donc assez violemment chuté : -4,28% pour l’Eurostoxx50, -4,89% pour le CAC40 et -3,43% pour le DAX. Les marchés américains ont suivi le même mouvement, bien que plus limité, le Dow Jones affichant une performance de -1,43 % et le Nasdaq -0,59%. Le NIKKEI a lui fortement chuté à - 7,04%.

 

 

Des chiffres européens pourtant relativement rassurants !

Au T4 2015, la zone euro a gardé son rythme de croissance avec une hausse du PIB de +0,3%, identique à celle du T3. La croissance a toutefois légèrement ralenti de 0,1 point, passant de 1,6% à 1,5% en glissement annuel. Sur l’ensemble de 2015, le PIB a augmenté de +1,5% (+0,9% en 2014). Le chiffre publié vendredi est conforme aux attentes du consensus. Il semble, au vu des autres données disponibles sur la fin 2015, que les facteurs domestiques (notamment en France et en Allemagne) ont permis à la zone de résister face aux baisses de la demande des émergents. Les éléments favorables à un soutien d’une croissance long terme de la zone se renforcent : amélioration des conditions de crédit et de financement de l’ensemble des agents, poursuite du redressement de l’emploi notamment dans les pays de la périphérie les plus durement touchés, à l’exception toujours de la France. Ainsi, parmi les quatre grands pays de la zone euro, la progression de +0,3% en Allemagne est une bonne nouvelle dans un contexte pourtant plus difficile de la production industrielle. En revanche, on constate une faiblesse de la croissance en Italie (+0,1% sur le trimestre) alors que le consensus tablait sur +0,3% au T4. Difficile de dire actuellement si l’Italie va rentrer ou non en situation de récession, mais ces données ne sont pas de nature à rassurer sur la santé de ses banques, pénalisées par d’importantes créances douteuses. La France fait également figure de pays en difficulté avec une hausse du PIB très modérée (+0,2%), la progression sous-jacente de l’investissement des entreprises constitue néanmoins une bonne surprise. Enfin, l’Espagne garde la tête du classement pour le septième trimestre consécutif (depuis T2 2014) avec une croissance de 0,8%. Ainsi en Europe,  la croissance au T1 2016 devrait rester à un niveau similaire (aux environs de +0,3%) et, si ce rythme se maintient sur le reste de l’année, elle pourrait atteindre +1,5% en 2016, soit une hausse identique à 2015. Ceci tend donc à confirmer que nous n’assistons pas à un ralentissement de nos économies, et les facteurs comme la baisse des matières premières devraient jouer pleinement en 2016, apportant un supplément de croissance. Les facteurs d’incertitudes restent liés à l’environnement extérieur, mais il nous semble que là encore nous assistons plutôt à une phase de stabilisation. Parmi les autres facteurs positifs, nous retiendrons la bonne tenue de la demande intérieure. En conclusion, et à l’analyse de ces données, on peut se demander s’il n’existerait pas un écart important entre l’état réel de l’activité et la perception qu’en ont actuellement certains agents économiques. D’un point de vue boursier, ces éléments seraient de nature à nous faire revenir sur quelques valeurs espagnoles qui devraient bénéficier de ces bons chiffres dans un contexte de valorisation de marché assez faible. On pourrait à l’inverse être plus prudent sur la France et l’Italie.

 

Etats-Unis : La Fed va rester aux commandes.

La semaine a été caractérisée par une forte volatilité des marchés et un mouvement d’aversion au risque : retour de l’or comme valeur refuge (+5.50% sur la semaine à 1237$), renforcement du yen (à 112.80Y/$) au plus haut depuis un an, hausse du VIX (+10% à plus de 25.75) et détente des rendements obligataires souverains. Dans ce contexte, nous sommes restés attentifs aux deux discours de Janet Yellen sur les perspectives économiques. Le ton de son discours est resté rassurant : « la Fed pourra reporter le cycle de hausse des taux si la volatilité sur les marchés continue ») et elle a reconnu que “les développements économiques et financiers dans le monde pouvaient influencer la balance des risques ou la trajectoire économique” tout en ajoutant qu'il était “prématuré d'exercer un jugement” sur l'économie. En conclusion, la Fed garde toutes les options ouvertes sur sa politique monétaire. Les écomistes n’anticipent désormais plus qu’une seule hausse des taux US en 2016. Mais il existe désormais des risques élevés de constater une baisse de la croissance du PIB aux Etats-Unis sur 2016 (resserrement des conditions financières, hausse du dollar, …).

 

Un prix du baril toujours très volatil.

Le cours du pétrole a fortement progressé en fin de semaine aux Etats-Unis et en Europe et s'approche de 33$ le baril sur notre continent. Les rumeurs d'un accord entre les pays producteurs ont eu  un effet encore plus massif que les fois précédentes. Elles reposent sur les propos du ministre du pétrole des Emirats Arabes Unis qui aurait indiqué que nombre d'acteurs seraient prêts à coopérer pour encadrer le niveau de production. Ceci pourrait donc être de nature à rassurer les investisseurs à condition évidemment que des actes concrets suivent les paroles, mais nous sommes persuadés que les protagonistes ont assez peu le choix puisque tout le monde est en train de perdre à ce jeu de poker menteur.

 

Le marché devient très technique !

Vendredi sur la plupart des indices, nous sommes revenus sur des niveaux de support techniques très importants. La faible visibilité fondamentale rend les approches techniques plus pertinentes en ce moment. Ce lundi, les bourses européennes sont en nette hausse portées par la décision de la Banque populaire de Chine d’augmenter le cours pivot du yuan face au dollar (1 USD pour 6.5118 RMB). Ceci confirme que les autorités chinoises ne souhaitent pas s’engager dans une guerre des monnaies et est de nature à redonner confiance aux investisseurs car cette question faisait partie des risques importants justifiant une poursuite de la baisse. Ceci signifie aussi une réelle confiance des autorités dans la vigueur de leur économie. En conséquence, nous optons sur le moyen terme pour une vision plus positive des marchés, les fondamentaux et les valorisations ne justifiant pas les mouvements de repli connus au cours des dernières semaines.

 

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Avant d’investir, consulter au préalable le descriptif complet et exact des caractéristiques des fonds et des risques associés disponible dans le prospectus et le DICI du FCP sur notre site internet,www.360hixanceam ou sur simple demande auprès de la société 360 Hixance AM, 22, rue des Capucines, 75002 Paris

 

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
HIXANCE PATRIMOINE 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Philippe DOUILLET / Jean-Noël VIEILLE Mixtes Europe Defensif 21.44 M€ -0.06 % -1.66 %

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