Les marchés d’actions sont-ils chers ou bon marché ? selon Warren Buffet

Compte rendu de la réunion de Berkshire Hattaway à Omaha par le Docteur Leber, Acatis

19/05/2015 - Publié par ACATIS INVESTMENT GMBH dans Marché Actions

Les marchés d’actions sont-ils chers ou bon marché ? selon Warren Buffet

"Hi! I’m Warren, he’s Charlie. He can hear, I can see. We work together”. C’est ainsi que Warren Buffett a démarré l'assemblée générale de Berkshire Hathaway avec son associé Charlie Munger. Tous les deux sont des génies, comme en témoigne l’évolution de Berkshire Hathway, reprise par Warren Buffett il y a 50 ans. ACATIS participe depuis 20 ans aux assemblées générales afin de recharger ses batteries « value ». Notre délégation comptait cette année quatre personnes (dont moi-même!)  et ne représentait qu’un dix-millième des quelque 42 000 participants. Voici un florilège des thèmes abordés pendant 5 heures.

Les marchés d’actions sont-ils bon marché ou chers ? Par rapport au niveau actuel des taux d’intérêt, les marchés d'actions sont « extrêmement bon marché » mais comparés aux taux d’intérêt historiques, ils sont fortement valorisés. Tel fut cette année le discours tenu par Warren Buffett. Le sujet des taux d’intérêt en tant que moteur principal de l'économie et des marchés financiers était déjà le fil rouge des dernières assemblées générales (« omniprésents comme la pesanteur »). Les taux bas font augmenter la valeur actuelle des investissements internes des entreprises et altèrent l’attractivité des investissements en produits de taux. Buffett ne considère d’ailleurs pas le fait que la part des bénéfices d’entreprises dans le PIB ait atteint un niveau très élevé comme une anomalie mais comme un signe de la vigueur de l’économie américaine. A cela s'ajoute le fait que la part des impôts dans le PIB soit tombée à un niveau historiquement bas. Les prix d'achat des entreprises européennes étant inférieurs à ceux des entreprises américaines et Buffett ayant un faible pour les sociétés allemandes, il fera un investissement en Allemagne dans les 5 prochaines années.  

Pour Warren Buffett, Berkshire Hathaway est un temple de rationalité . Une phrase qui fut également prononcée sur d’autres sociétés florissantes dans le cadre de l'assemblée générale. Rationalité, décentralisation extrême de la responsabilité, structures d'incitations avantageuses, parcimonie à tous les échelons de l'entreprise : depuis l'administration centrale jusque dans les sociétés du groupe, effectifs réduits, pressions fiscales minimisées et avant tout un comportement fiable et digne de confiance, telles sont les clés du succès de Berkshire Hathaway, mais également des sociétés d’autres talentueux investisseurs, parmi lesquels Henry Singleton, co-fondateur du conglomérat   Teledyne Inc. qui est le plus fréquemment cité.  

Buffett considère que l'euro est une entreprise honorable mais vouée à l’échec dans sa forme actuelle . Il faudrait y apporter des modifications, de même que la constitution américaine n’existe sous sa forme actuelle que grâce à des amendements. La zone euro serait trop hétérogène et ce n’était pas judicieux de regrouper des pays aussi différents les uns des autres. Une union monétaire américaine ne serait par analogie envisageable qu'entre le Canada et les États-Unis et pas avec d'autres pays du continent. Il faut imposer des règles. L’euro survivra, mais pas dans sa forme actuelle. S'agissant de la Grèce, Charlie Munger a déclaré : on ne peut pas nouer une relation commerciale avec un beau-frère irréfléchi et ivre (il parlait de la Grèce).  

Par conséquent : si l’on en croit Warren Buffett, les marchés actions pourraient bien progresser encore très fortement et la Grèce doit quitter la zone euro. Comment pourrait se passer le « Grexit » ? Peut-être sans coup d’éclat : si le gouvernement grec n’assure plus le service de ses dettes et introduit une monnaie parallèle (la « nouvelle drachme ») pour payer ses agents publics, le premier pas en direction d’une sortie de l’euro serait fait sans déclencher un fiasco direct. Une division monétaire s’installerait très rapidement au sein du pays : les investissements bancaires et les crédits seraient notés en euros et tous les échanges économiques seraient réglés en drachmes. La BCE et le FMI devraient amortir leurs créances, mais c’est un scénario déjà connu depuis le dernier allègement « volontaire » de la dette.  

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