Les investisseurs n’agissent pas au mieux de leur intérêt

12/11/2012 - Publié par STATE STREET GLOBAL SERVICES UK dans Marché Actions

Les investisseurs n’agissent pas au mieux de leur intérêt

Une étude du Center for Applied Research de State Street révèle comment le comportement des investisseurs fait évoluer l’industrie de la gestion d’actifs :

  • La plupart des investisseurs particuliers pensent que des investissements aux objectifs agressifs sont nécessaires pour préparer leur retraite, mais 31 % de leurs actifs sont investis en instruments de trésorerie.
  • Les investisseurs institutionnels sont confrontés à la complexité liée aux investissements alternatifs, mais ne montrent aucun signe de satiété pour ces stratégies.
  • L’étude appelle à une nouvelle définition de la performance pour produire des rendements durables ; le format taille unique pour tous ne convient plus.

Dans un climat d’incertitude exacerbée, les investisseurs particuliers et les investisseurs institutionnels affichent un comportement qui semble être en contradiction avec leurs objectifs d’investissement. C’est la conclusion d’une étude inaugurale sur les investisseurs dans le monde publiée par le Center for Applied Research (Centre de recherche appliquée) de State Street, sous le titre « The Influential Investor: How Investor Behavior is Redefining Performance » [L’investisseur influent : Comment le comportement des investisseurs redéfinit la performance].

L’étude menée par le Center for Applied Research, un think tank indépendant au sein de State Street Corporation (NYSE: STT), s’appuie sur une recherche effectuée pendant 12 mois auprès de plus de 3 300 personnes dans le secteur de la gestion d’actifs. L’une des principales conclusions de l’enquête indique que les investisseurs n’agissent pas au mieux de leurs intérêts, alors même qu’ils prennent de plus en plus conscience de l’instabilité économique et de la divergence d’intérêts entre les sociétés de gestion d’investissement, le gouvernement et les marchés. En conséquence, leurs décisions d’investissement ne correspondent pas toujours aux objectifs établis, et les données dans leur ensemble fournissent de nombreuses preuves de ce comportement. Par exemple : 

-       Les investisseurs institutionnels sont confrontés à des difficultés pour gérer la complexité de certaines classes d’actifs.  Des marchés à faibles rendements ont incité les investisseurs institutionnels à poursuivre des stratégies alternatives. Or, la majorité d’entre eux le reconnaissent, connaître ces actifs avec suffisamment d’expertise constitue leur plus grand défi.

-       Les stratégies conservatrices des investisseurs particuliers entament la valeur de leurs économies pour la retraite. Quand on leur a demandé quelles sont les mesures nécessaires à prendre dans les dix prochaines années pour constituer leur retraite, la réponse d’une majorité d’entre eux était d’investir de manière plus agressive, or les instruments de trésorerie sont aujourd’hui leur première allocation, et devrait le rester dans la prochaine décennie.

Commentant les facteurs motivant le comportement et les objectifs de ces deux groupes d’investisseurs, Kelly McKenna, responsable monde du Center for Applied Research de State Street a déclaré : « Tandis que les investisseurs n’ont jamais été aussi conscients des conditions micro- et macro-économiques qui les entourent, ils affichent des comportements dissociés des objectifs d’investissement recherchés ».

Dans ce contexte de divergence entre comportement et objectifs, l’étude montre que les investisseurs considèrent la performance comme la mesure principale permettant de déterminer la valeur des sociétés de gestion auxquelles ils font appel, celle-ci étant aussi considérée comme leur plus grande faiblesse.

En conséquence, l’enquête révèle que s’agissant de la performance, le format taille unique pour tous ne convient plus. « Les indices de référence monolithiques actuels, fondés sur la performance relative de groupes ou d’indices homologues, servent les prestataires » déclare Suzanne Duncan, directrice mondiale de la recherche du Center for Applied Research. « La vision de l’investisseur sur la valeur sont plus complexes, et reflète sa propre combinaison de stratégies et d’objectifs. Dans la réalité d’aujourd’hui, le référentiel quand il s’agit de définir la performance, c’est l’investisseur ».

S’appuyant sur ces conclusions, le Center for Applied Research plaide en faveur d’une transparence totale des modèles de performance, axés sur la durabilité des rendements à long terme, définis en termes de valeur pour l’investisseur. Sur la durée, ce nouveau modèle de réussite permettra d’éliminer les obstacles à une prise de décision réfléchie et d’améliorer la performance. 

L’étude démontre également que le comportement apparemment irrationnel des investisseurs est en fait une réponse rationnelle à un certain nombre de facteurs affectant l’environnement actuel sur les marchés mondiaux de l’investissement.

-       Tendances économiques majeures, y compris une hausse constante de la dette des pays, des corrélations plus étroites entre les différents marchés de la planète, et une augmentation du risque systémique ;

-       Méfiance vis-à-vis de leur principal courtier en investissements pour agir au mieux de leurs intérêts, attribuable en partie à l’insuffisance de valeur par rapport aux commissions facturées. Seulement un tiers des investisseurs estime que leur prestataire agit au mieux de leurs intérêts ;

-       Les contraintes liées à la politique, ainsi que la nouvelle règlementation financière, qui selon une majorité d’investisseurs, sera inefficace et prohibitive : 64 % des investisseurs pensent que la réglementation ne permettra pas de résoudre les problèmes actuels et 62 % estiment qu’ils en paieront le coût.

Le Center for Applied Research propose un modèle de performance à quatre composantes, dans lequel les facteurs clés de création de valeur constituent les fondements de la performance « personnelle ». Deux de ces composantes – recherche d’alpha / production de bêta – sont liées aux forces du marché et concernent la plupart des investisseurs ; les deux autres composantes – la gestion du passif et la gestion du revenu – sont deux expositions au risque propres à chaque investisseur.

Mme McKenna conclut : « L’avenir du secteur de la gestion d’actifs sera certes déterminé par les mesures prises par les investisseurs, mais des opportunités de travailler ensemble se présentent clairement aux prestataires pour créer de meilleures solutions répondant aux besoins de cette nouvelle économie ».

 

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