Les incertitudes grecques pèsent sur les marchés

L'analyse de Jean Noël Vieille de 360 Hixance AM

02/06/2015 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Actions

Les incertitudes grecques pèsent sur les marchés

Incertitudes grecques 

Semaine très volatile en raison de l’incompréhension des marchés quant à la situation grecque et aux données économiques des Etats-Unis qui sont quelquefois assez contradictoires et entraînent aussi un flou sur la politique monétaire qui sera réellement appliquée. Ce sont d’abord les discussions entre Athènes et l’ex-troïka qui ont remis au devant de la scène un certain nombre de craintes et en particulier celle de défaut du pays. La Grèce doit en effet rembourser 1,6 Mds€ au FMI, qui ne peut être effectif que si l’Europe débloque la dernière tranche des 7,2 Mds€ du plan de sauvetage européen, conditionnée à des réformes que le gouvernement grec ne présente toujours pas. Donc l’accord, d’abord annoncé, qui a permis aux marchés de progresser fortement mercredi n’est toujours pas au rendez-vous, d’où une réaction très négative des marchés ce vendredi. Comme à Roland Garros, les matchs en 5 set sont très éprouvants et jusqu’au dernier point, la victoire peut changer de camp. Nous avons donc cette semaine une vrai décorrélation des marchés avec une forte baisse des marchés européens : le DAX baisse de 3,8%, le CAC de 2,62% et l’Eurostoxx de 2,95%, alors que les marchés américains ont mieux réagi puisque le Dow Jones n’a baissé que de 1,5% et le Nasdaq de 0,41%. Le Nikkei continue à contre sens une belle progression avec une hausse de 1,47%.

Le risque d’un défaut grec est désormais bien réel

L’optimisme des investisseurs de ce début de premier semestre va-t-il s’évanouir avec les incertitudes grecques? Les différentes déclarations et interviews contradictoires réalisées en marge du G7 Finances de Dresde en Allemagne, et une interview de Christine Lagarde, ont ravivé les craintes d’un « Grexit ». Ce regain de nervosité a favorisé la déclaration dans la presse vendredi soir après clôture du ministre de l'économie grec confirmant que son pays serait au rendez-vous du paiement dû au FMI le 5 juin (remboursement d’une tranche de 300 M€). Que peut-il désormais se passer ? Il est tout a fait probable que nous ayons au final un accord à l’arraché entre le gouvernement Tsipras et ses créanciers. Trois scenari sont possibles : 1/ l’absence d’accord et de paiement au FMI (40% de probabilité) qui aboutirait à une suspension des liquidités fournies par la BCE aux banques grecques et à un contrôle des capitaux (ce serait une sorte de défaut !), 2/ un accord sans passer par le Parlement (30%), ou bien 3/ un accord avec approbation du Parlement (30%). La BCE a par ailleurs décidé de ne pas relever son plafond de liquidités d’urgence (actuellement à 80,2Mds EUR), ce qui accentue aussi l’épée de Damoclès sur Athènes. En conclusion sur cette question, les risques d’un scénario plus difficile pour la Grèce sont désormais sérieux, ce qui devrait en toute logique tirer les marchés à la baisse au cours des prochaines semaines. Sans parler d’une sortie de la Grèce de l’Europe, un simple défaut risquerait d’avoir des répercussions très négatives sur les marchés et évidemment surtout pour le secteur bancaire, aussi bien pour les actions que pour les obligations.

Une croissance américaine toujours en question

Les statistiques économiques US favorables tout au long de la semaine, en particulier celles sur le marché immobilier ont aussi alimenté les anticipations des investisseurs sur la prochaine remontée des taux. Les promesses de ventes de logements ont augmenté pour la quatrième fois consécutive en ressortant largement au dessus des attentes : hausse de  3,4% à 282k vs 270k attendus. La deuxième estimation du PIB est ressortie en territoire négatif à -0,7% contre +0,2% en première estimation, soit légèrement mieux que le consensus (-0,9%). Il faut peut-être relativiser cette modification en regardant ce qui s’était passé l’année dernière où il y avait eu deux révisions par rapport à une première estimation à +0,1%, puis -1% et -2,1%. Dans ces chiffres, on constate une contribution très négative du commerce extérieur. Au cours des 3 premiers mois de l'année, les échanges avec le reste du monde ont coûté 1,9% de croissance en rythme annualisé aux Etats-Unis. Cette contre-performance s'explique en grande partie par l'envolée du dollar depuis le milieu de l'année dernière et qui dégrade la compétitivité des entreprises américaines. Le pays a également subi les conséquences de la baisse des cours du pétrole, ce qui a provoqué un arrêt des investissements dans le secteur. En conséquence, de nouvelles incertitudes vont peser sur le marché quant à la date du relèvement des taux par la Fed, entraînant à coup sur une grande volatilité des marchés actions dans le monde.

En conclusion, il est difficile pour un gérant de naviguer au travers de rumeurs incessantes qui font que les marchés réagissent assez violemment, à la hausse comme à la baisse, et pas toujours en parfaite rationnalité. Face à cette incertitude et même de façon temporaire, il nous semble opportun de revenir à une stratégie prudente tant que la visibilité sur la Grèce ne sera pas meilleure. Les secteurs financiers doivent être évités en priorité dans l’hypothèse d’un défaut grec. En revanche, nous considérons toujours que le dollar devrait continuer à s’apprécier.

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
OCTALFA 360 ENJEUX D'AVENIR 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Véronique CROLARD Actions Monde 5.07 M€ -18.52 % -18.65 %
HIXANCE EUROPE CONVICTIONS 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Jean-Noël VIEILLE Actions France 4.81 M€ -5.53 % -7.05 %
HIXANCE FLEXIBLE INTERNATIONAL 360 HIXANCE ASSET MANAGERS Jean-Noël VIEILLE Mixtes Mondial Flexible 5.67 M€ -2.77 % -3.66 %

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