Les fusions acquisitions, relais de croissance pour les bourses européennes

l'analyse de François Genovese, Alma Capital et Associés

04/05/2015 - Publié par ALMA CAPITAL & ASSOCIES dans Marché Actions

Les fusions acquisitions, relais de croissance pour les bourses européennes

Rachat de Norbert Dentressangle par l’américain XPO Logistics, acquisition majeure de Cap Gemini aux Etats-Unis, rumeurs autour d’un intérêt possible de Vivendi pour Europacorp et Mediaset, rapprochements dans le secteur pharmaceutique outre-Atlantique...

Tout comme en 2014, la thématique des fusions-acquisitions occupe le devant de la scène microéconomique depuis le début de l’année. Selon un sondage réalisé, début avril, par CM-CIC  Securities auprès de soixante dirigeants d’entreprises, plus de la moitié d’entre eux anticipent des rapprochements dans leur secteur.

D’un point de vue boursier, cette tendance pourrait constituer un facteur de soutien de cours, voire jouer un rôle d’amortisseur en cas de repli des indices européens alors que le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 ont retrouvé respectivement leurs niveaux de janvier et mars 2008. A l’heure où d’aucuns pointent un risque de survalorisation du compartiment des actions, les acquéreurs bousculent les idées reçues en se montrant plutôt généreux envers les actionnaires de leurs cibles.

Dernier exemple en date, XPO Logistics a proposé 217,50 euros par action pour racheter Norbert Dentressangle. Cela représente une prime de 36,7% par rapport au cours de clôture du titre mardi 28 avril. En outre, l’offre à 48 dollars par action formulée par Cap Gemini pour mettre la main sur Igate, fait ressortir une prime de 20% en devise locale et de 50% en euros comparé au prix de cotation de début d’année. De son côté, FedEx a proposé de racheter le groupe hollandais TNT Express au prix de 8 euros par action, soit 33% de plus que son dernier cours de clôture précédent l’annonce. Plus globalement, la prime moyenne constatée en 2014 sur l’ensemble des offres de rachats à la Bourse de Paris, parmi lesquelles figurent celles émises sur Club Med, Steria ou encore Boursorama, avoisine les 40% par rapport à la moyenne de cours enregistrée au cours des trois derniers mois précédant l’annonce.

Plusieurs éléments militent en faveur d’une poursuite du mouvement de fusions-acquisitions, notamment en Europe. A commencer par les importantes réserves de trésorerie accumulées par les groupes au fil des restructurations et des opérations de refinancements réalisées dans des conditions d’emprunt exceptionnellement avantageuses. A cela s’ajoute la forte dépréciation de l'euro, qui a provoqué une baisse de la valorisation relative des entreprises européennes face à leurs homologues américaines ou asiatiques. Le mariage transatlantique entre XPO Logistics et Norbert Dentressangle témoigne de l’attractivité des groupes du Vieux Continent. Par ailleurs, d’après les données de Thomson Reuters, les investisseurs chinois ont racheté pour 1,5 milliard de dollars d'actifs en France durant le premier trimestre. Autre levier potentiel, la volonté affichée par certaines entreprises de compenser des perspectives de croissance organique en demi-teinte par un recours à des acquisitions, qui peuvent être créatrices de valeur. A titre d’exemple, l’intégration d’Igate dans le giron de Cap Gemini devrait se traduire, si l’on en croit sa direction, par des impacts positifs de 12% sur son bénéfice par action en 2015 et de 16% en 2016.

Par ailleurs, certains investisseurs de long terme profitent de la forte hausse des marchés d’actions pour solder leurs participations. Le fonds PAI Partners est ainsi sorti du tour de table d'Atos après avoir cédé fin février un bloc de 9% tandis que la société d'investissement Wendel a vendu début  mars près de 11% du capital de Bureau Veritas. Ces opérations de désengagement rendent les entreprises concernées plus facilement « opéables », leur capital étant moins verrouillé. Plus spécifiquement en Europe, le secteur de la santé pourrait être le théâtre de mouvements de rapprochement dans un contexte de mutualisation des dépenses en R&D, qui s’avèrent de plus en  plus élevées. En outre, la fragilisation de certains acteurs de l’énergie comme Vallourec ou CGG  Veritas, après la chute des cours du pétrole, est susceptible de créer un terrain propice à des opérations de consolidation à l’image de l’offre lancée par Shell sur BG Group.

François Genovese, Alma Capital & Associés

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
ATLAS MAROC ALMA CAPITAL INVESTMENT MANAGEMENT Aniss BOUBIA Actions Maroc 16.49 M€ 24.52 % 18.22 %
HORIZON INTERNATIONAL ALMA CAPITAL & ASSOCIES Paul DE BOYSSON Actions Monde 4.57 M€ -2.46 % -5.66 %
CONVERTIBLE EUROPE ALMA CAPITAL & ASSOCIES Thierry BOURGAIN Convertibles Europe 4.94 M€ 2.60 % 0.26 %
EUROPE ENTREPRENEURS ALMA CAPITAL & ASSOCIES Actions France 4.31 M€ -5.00 % -7.51 %

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