Les Etats-Unis jettent les bases d'une reprise durable

26/10/2012 - Publié par PETERCAM (LUXEMBOURG) SA dans Marché Actions

Les Etats-Unis jettent les bases d'une reprise durable

L'incertitude liée à la perspective du "précipice budgétaire" freine l'économie américaine depuis un certain temps maintenant. En raison de décisions politiques antérieures, les États-Unis se dirigent en effet aujourd'hui vers une contraction budgétaire de l'ordre de 4 à 5% du PIB en 2013, alors que la dette publique s'approche à nouveau dangereusement du plafond autorisé. Il ne fait donc pour ainsi dire aucun doute que le gouvernement se penchera sur ces questions après les élections. Seulement, comme personne ne peut dire avec certitude, à ce stade, à quoi ressemblera le nouveau gouvernement, personne ne peut dire non plus, avec certitude, dans quel sens cela se fera. Une situation qui contraint les entreprises à reporter leurs projets d'investissements, ce qui nuit à l'économie. Néanmoins, au-delà du fameux précipice budgétaire, les fondamentaux de l'économie américaine sont en nets progrès et quatre facteurs-clés incitent à penser que les États-Unis sont actuellement en train de jeter les bases d'une reprise plus durable :

  • Reprise du marché immobilier : le marché immobilier a connu une correction extrêmement sévère entre 2005 et 2008, suivie de deux années de stagnation au cours desquelles les excès du passé ont pu être corrigés. Aidé par des incitants monétaires, ce qui transparaît également dans des taux hypothécaires historiquement faibles, le marché immobilier est aujourd'hui repassé en mode reprise et, même s’il n'est pas près de retrouver son rôle de moteur de croissance majeur comme en 2003-2005, est redevenu positif pour l'ensemble de l'économie. De plus, l'amélioration des conditions sur le marché immobilier soutient déjà la confiance des consommateurs.
  • Désendettement des ménages : face au coup terrible encaissé par les actifs des ménages en 2008, ces derniers ont été contraints de réduire leur dette en épargnant davantage. Aujourd'hui, la partie la plus dure de ce désendettement a été effectuée. Les ménages sont certes encore loin d'être prêts pour un nouveau boom alimenté par le crédit, mais le désendettement devrait devenir de moins en moins problématique pour la croissance économique.
  • Santé financière des entreprises : les sociétés ont continué ces dernières années à renforcer leurs bilans. Elles ont les moyens financiers pour investir, mais manquent jusqu'à présent de la visibilité nécessaire pour ce faire. Une fois l'incertitude levée quant au précipice budgétaire, les sociétés pourront lâcher la bride en matière d'investissements, ce qui aura également des répercussions sur les intentions d'embauche des sociétés.
  • Mécanisme des crédits : contrairement à la situation en Europe, les banques américaines se sont remises de la crise. En tant que tel, le mécanisme des crédits fonctionne à nouveau aux États-Unis, permettant (à tout le moins) une certaine "transmission" de la politique monétaire extrêmement accommodante. La croissance des crédits devrait commencer à contribuer davantage à la croissance économique globale à mesure que la visibilité et la confiance s'amélioreront.

 À condition que les responsables politiques américains parviennent à contourner l'écueil du précipice budgétaire et du plafond de la dette d'une manière raisonnable et sensée, les bases pour une reprise économique décente semblent être en place. Il ne s'agira certes probablement pas d'une reprise spectaculaire compte tenu des nombreux problèmes qui pèseront encore sur l'économie (chômage élevé, besoin de désendettement du secteur public, …), mais elle devrait malgré tout être plus forte et plus durable que ce que les États-Unis ont connu ces trois dernières années. Quant à la rapidité d'évolution du scénario plus positif, tout dépendra de l'issue des élections et de la volonté des deux partis de négocier sur les questions budgétaires. 

En conclusion, si une bonne dose d'incertitude devrait persister à court terme, les perspectives économiques pour les États-Unis devraient s’éclaircir en 2013.

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