Les enjeux du bras de fer entre les Grèce et ses créanciers

L'analyse de Wiseam AM

03/02/2015 - Publié par WISEAM dans Marché Actions

Les enjeux du bras de fer entre les Grèce et ses créanciers

Vainqueur des élections législatives, Syriza a formé un gouvernement de coalition avec les souverainistes d’ANEL. L’objectif affiché est d’effacer une partie de la dette grecque et de réorienter complètement la politique économique du pays. Aujourd’hui le FMI et la BCE, dits créanciers « préférentiels » détiennent 60Mds € de la dette grecque, le FESF 142 Mds € (taux très bas, maturité négociable ?), les prêts bilatéraux représentent 53Mds € (avec l’Allemagne et la France notamment) et enfin les marchés financiers 53Mds € (qui ont déjà fait un sacrifice sur 110Mds € en 2012)…
On le voit, les marges de manœuvre sont très minces, les Etats créanciers excluant toute perte en capital. Les contraintes de liquidité à court terme pourraient rapidement étouffer l’économie. Les intérêts de la Grèce et de ses créanciers vont dans le sens du compromis.
 
Cependant le gouvernement grec a fait savoir vendredi que son pays ne souhaitait pas coopérer avec ses créanciers internationaux, et qu’il excluait pour l’instant l’extension du programme d’aide qui expire le 28 février. Le nouveau ministre des Finances, Yanis Varoufakis, se donne 1 mois pour présenter des propositions (programme de réduction de la dette grecque et réorientation de la politique économique). Jean-Claude Juncker (Commission Européenne) a indiqué qu’il souhaitait que la « Troïka » soit supprimée, afin de trouver une alternative plus pérenne.

Mais l’enjeu essentiel à court terme repose sur la posture de la BCE, qui se prononcera mercredi sur le prolongement ou non de la ligne de liquidités d’urgence, qui garantit la liquidité du système financier grec, et auquel plusieurs banques du pays ont fait appel en urgence au cours des dernières semaines. Les banques grecques ont fortement dévissées la semaine passée affichant des baisses supérieures à 30% et les taux à 10 ans du pays ont grimpé à 10.8% (+160bps depuis le 1erjanvier).
 
L’institution devrait, pour l’instant, jouer la montre mais elle dispose d’un moyen de pression extrêmement important sur le gouvernement grec : un arrêt des programmes européens empêcherait la BCE de maintenir l'accès aux banques grecques à ses mesures exceptionnelles et pourrait aboutir à une crise bancaire majeure. Dans le cas de faillites en chaîne, le gouvernement n'aurait pas les ressources nécessaires pour éviter un emballement et une contagion à l'ensemble de l'économie à moins de sortir de la zone euro afin de disposer à nouveau d'une banque centrale libre de faire tourner la planche à billet.
 
Dernier point à surveiller, la Grèce apparaît de plus en plus comme le cheval de Troie russe en Europe. Le gouvernement de Tsipras a formellement récusé les nouvelles sanctions contre la Russie réclamées par Bruxelles après la reprise de violentes hostilités dans l’est de l’Ukraine. Pendant ce temps, Nikos Kotzias, le ministre des Affaires étrangères (transfuge du Parti communiste grec) défend des relations bilatérales plus étroites avec Moscou…

Fonds associés

Nom Société de gestion Gérant(s) Catégorie Encours 1 Janv. 1 An
APPRECIO WISEAM Olivier BOULARAND / François JUBIN Mixtes Mondial Défensif 53.65 M€ 1.88 % 1.04 %
ANDANTE WISEAM Olivier BOULARAND / Benjamin BIASSIRA Mixtes Mondial Défensif 16.86 M€ 1.52 % 0.58 %

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