Les actions européennes favorisées sur ce premier semestre.

Par Jean-Noël Vieille - lettre hebdomadaire n°229

04/04/2017 - Publié par 360 HIXANCE ASSET MANAGERS dans Marché Allocations d'actifs

Les actions européennes favorisées sur ce premier semestre.

Le Royaume-Uni a déclenché cette semaine l’article 50 du traité européen qui entame juriquement le long process (deux ans) de sa sortie, nécessitant de multiples négociations avec ses nouveaux partenaires. Au sein de la famille Europe, cet enfant a souvent été turbulant, plutôt bon dans les matières sportives, mais médiocre en géographie et en histoire (give me my money back !). On s’est souvent demandé lors de sa crise d’adolescence s’il ne souhaitait pas trouver une autre famille d’acceuil, plutôt dans une famille voisine américaine. Au final, ce départ ne s’est pas accompagné de beaucoup de larmes ni d’euphorie, ceux qui avaient appelé à voter pour la sortie ayant très rapidement quitté le navire comme si les promesses faites ne seraient jamais tenues. Cela a pour conséquence de remettre le risque politique au cœur des préoccupations des investisseurs et d’accroître quelque peu la volatilité des marchés. Cette sortie officielle n’a toutefois pas empêché les marchés financiers de continuer leurs progressions. Les flux des investissements constatés sur les ETF confirment une amélioration de la perception des actions européennes. Ainsi sur la semaine du 20 au 24 mars, des flux négatifs de 2,6 Md$ ont été constatés sur les actions américaines alors que 1,8 Md$ ont été transférés sur les actions européennes. L’échéance politique favorable du vote aux Pays-Bas, la stagnation de Marine Le Pen et son impossibilité à vaincre au second tour, la victoire de Merkel le week-end dernier ont rassuré les investisseurs dans un contexte d’amélioration de la conjoncture économique qui va se ressentir dans les premiers résultats trimestriels 2017, publiés très bientôt.

Les indices boursiers ont ainsi fortement progressé la semaine dernière : +1,65% pour l’Eurostoxx50, +2,02% pour le CAC 40 et +2,06% pour le DAX. Le DJ affiche une hausse plus faible à +0,32% et le Nasdaq de +1,42%. Le NIKKEI a marqué une baisse prononcée de -1,83%, élément surprenant puisque l’ensemble des chiffres économiques était plutôt bons au Japon.

 

Europe : Le Brexit commence dans un contexte économique favorable en Europe !

Le président du Conseil Européen Donald Tusk a reçu en mains propres la lettre d’activation de l’article 50 du Traité de Lisbonne signée par Theresa May. La Grande Bretagne s’engage pour deux ans de négociations pour déterminer les conditions de sortie de l’Union. En Ecosse, le Parlement a approuvé la demande de la première ministre Nicola Sturgeon de négocier avec Londres un second référendum sur l’indépendance du pays. En France, l’indice Bloomberg composite des sondages concernant les élections présidentielles indique qu’Emmanuel Macron obtiendrait 25% des voix au premier tour, dépassant désormais Marine Le Pen avec un score approximatif de 24,8%, ceci rassure même si on a le sentiment dans cette campagne que tout peut arriver. Le prochain débat à 11 ce mardi ne devrait pas manquer de piment, les petits candidats chercheront à exister et à prendre leur revanche. Du côté des indicateurs, l’indice du climat des affaires allemand de mars est ressorti supérieur aux attentes (112,3 vs cons 111,1 ; un plus haut depuis juillet 2011) et le taux de chômage est en forte baisse (-30 000, un plus bas depuis la réunification). La baisse du taux d’inflation (+0,7% contre +0,9% en février) de la zone euro en mars va contrarier un peu plus la BCE dans sa volonté de réduire son action. Néanmoins, l’inflation devrait se situer bien au-dessus de 1% d’ici la fin de l’année avant de connaître une nouvelle inflexion en 2018. Tout ceci plaide en conséquence pour la poursuite du statu quo de la BCE sur l’ensemble de l’année 2017, ce qui devrait être un élément positif pour la partie obligataire où les rétrécissements des spreads qui se poursuivent contribuent à donner à cette classe d’actifs un potentiel de hausse à court et moyen terme.  

 

US : De solides données économiques tempérées par l’incapacité de Trump à gouverner

Semaine plus calme pour Donald Trump après son échec relatif à l’abrogation de la loi de santé Obamacare. A la suite de cet échec, le président américain s’en est pris aux membres de son parti en déclarant que les Républicains «doivent se battre» contre les conservateurs regroupés au sein du House of Freedom Caucus, responsable de l’annulation du vote. Désormais Trump doit faire passer sa réforme fiscale avec l’objectif de légiférer pour août. La semaine sera dominée par la visite aux Etats-Unis du président chinois Xi Jinping, que Donald Trump recevra jeudi et vendredi dans sa résidence de Floride. Trump a prévenu jeudi que la rencontre serait “très difficile”, les Etats-Unis ne pouvant plus tolérer “des déficits commerciaux massifs et des pertes d'emplois”. Là encore, ce sera un excellent test pour évaluer la capacité de Trump d’aller au bout de sa stratégie protectionnniste en face d’un adversaire des plus redoutables, la Chine n’est pas le Mexique ! Sur le plan macroéconomique, les chiffres confirment une accélération de la croissance aux US et ressortent supérieurs aux attentes : l’indice manufacturier de la Fed de Richmond pour mars s’établit à 22pts (vs cons 15) et la confiance des consommateurs à 125,6pts (vs cons 114 ; un plus haut depuis décembre 2000). La première estimation du PIB au T4 est supérieure aux attentes (+2,1% vs cons +2%) et les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties plus faibles que précédemment (258k vs 261k). Ces données pourraient alors pousser la Fed à réaliser trois nouvelles hausses de taux sur 2017. Deux facteurs de risque doivent toutefois disparaitre pour aller dans ce sens. Il ne faut pas que les cours du pétrole repartent à la baisse significativement au cours des prochains trimestres et il faut un peu plus de visibilité sur le plan économique des décisions de Trump.

 

Vers une bonne publication des résultats du T3 !

Nous maintenons notre confiance sur la poursuite de la hausse des indices actions et sur la partie obligataire en Europe puisque le risque d’une remontée des taux est quasi inexistant sur l’année 2017. Nous allons progressivement entrer dans la publication des résultats pour le premier trimestre et nous estimons que ces derniers vont être soutenus par l’amélioration de la conjoncture économique. Les niveaux de valorisation ont atteint certes des seuils élevés par rapport à leur moyenne historique  (PE 12 mois forward de 17,6x pour le S&P 500 et de 15,2x pour le Stoxx Europe 600), mais précisément la remontée des perspectives de croissance va mécaniquement faire baisser ce PER. Il est enfin intéressant de constater qu’au cours de la seconde partie de la semaine dernière le dollar a repris une trajectoire haussière, ce qui nous semble plus cohérent avec la perspective d’évolution des taux en Europe et aux Etats-Unis et avec la situation économique. Nous maintenons ainsi nos objectifs de CAC 40 à 5200/5300 points à court terme et à 2500 pour le S&P500. 

 

 

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